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La Corse otage des grévistes de la SNCM, dont personne ne parle

La Corse otage des grévistes de la SNCM, dont personne ne parle

Il est un sujet dont personne ne parle : les conséquences de la grève de la SNCM sur l'économie corse mais aussi sur l'activité de Marseille.

Avec une question : la collectivité de Corse mais aussi le port de Marseille ne seraient-ils pas en droit de réclamer des dommages et intérêts aux syndicats à l'initiative du mouvement de grève ?

Car les conséquences économiques du blocus décidé par la CGT et la CGC sont terribles.

Ainsi, sur ce seul week-end, ce sont près de 30 000 croisiéristes qui n'auront pas fait escale à Marseille, privant la ville de cet afflux touristique et financier majeur, une lourde perte sèche pour le terminal Marseille Provence Cruise Center Terminal. Depuis le début de la grève, 90 000 passagers n'ont pas fait escale à Marseille, au grand dam des commerçants locaux ? Qui les remboursera, eux, de leur perte d'exploitation ?

Un malheur qui fait le bonheur de Toulon, la capitale varoise bénéficiant d'une promotion inégalée !

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En Corse, la situation est très tendue : les réservations hôtelières sont en chute libre - de -30 à -50% à Bastia par rapport à 2013 - alors que la saison bat son plein, et les sociaux professionnels fulminent

Le caillassage le 3 juillet du Jean Nicoli, dans le port de Porto Vecchio, dont l'équipage de grévistes a été pris à parti par 200 Corses en colère, qui a poussé le commandant du navire à gagner le continent, de façon précipitée, montre bien le décalage qui existe entre la vraie vie - celle des Corses qui travaillent - et des grévistes arc-boutés sur des privilèges issus d'un autre temps.

Alors que les grévistes du Jean Nicoli pensaient benoîtement discuter avec les manifestants, ces derniers étaient eux poussés par le désespoir de voir leur saison 2014 réduite à néant par les salariés d'une société sensée assurer une Délégation de Service Public.

=> Transdev débarque le patron de la SNCM

L'atmosphère est telle en Corse que certains élus comme Paul Giacobbi, président de l'Exécutif de Corse) et le député Camille de Rocca Serra, ont lancé un appel au gouvernement, pour que celui-ci fasse respecter la libre circulation ! 

L'Etat saura t-il assurer ses simples missions régaliennes ?

On est aujourd'hui en droit de se le demander, quand on voit la violence avec laquelle les forces de l'ordre, sur ordre de Paris, ont dispersé des sociaux-professionnels corses rassemblés, qui demandaient la levée du blocus de l'Ile.

Devant une telle situation et l'inertie du gouvernement, l'inquiétude monte, quant au fait que les Corses pourraient finalement se faire justice eux-mêmes !

Dans tous les cas de figure, un fait semble désormais certain aujourd'hui : la Corse ne veut plus de la SNCM et les Corses ne veulent plus de ses salariés. Les tags peints sur la coque du Jean Paoli juste avant sa fuite pour le continent ne laissaient planer aucun doute à ce sujet : "Viva Corsica Ferries - Viva Moby Line - Fora CGT".

=> suivre les tribulations de la SNCM


A propos du Jean Nicoli

Le Jean Nicoli est un roulier mixte construit en 1998 en Norvège pour l'armateur grec Minoan Lines qui l'utilisait sous le nom de Pasiphae Palace. Il est entré dans la flotte de la SNCM en 2009, quand son prédécesseur, le Monte Cinto, a été frappé par la limite de l'âge. 

Caractéristiques techniques

Longueur : 200,65 m - Maître-bau    25,80 m
Tirant d'eau : 6,60 m - Tonnage    30 010
Propulsion : 4 moteurs B&W MAN 8L S8/64
Puissance : 44 480 kW ou 58 000 ch - Vitesse : 27,6 nœuds
Ponts : 12 - Passagers : 1 500 et jusqu'à 850 voitures
Chantier naval : Fosen Mek Verksteder A/S, Norvège

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Marie 06/07/2014 17:03

Veuillez m'excuser pour la rectification, mais c'est Jean Nicoli le bateau...