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Nouveau rebondissement dans le dossier du Bugaled Breizh

L'armateur du chalutier mystérieusement coulé au large de la Cornouaillle britannique, durant un exercice naval international, porte plainte contre l'Etat.

Il n'est peut être pas dit que la chape de plomb de l'Etat viendra définitivement étouffer toute vélléité de savoir ce qui s'est vraiment passé le 15 janvier 2004, quand le Bugaled Breizh, un chalutier de Loctudy, en opération de pêche au large de la Cornouaille, a sombré en moins de 40 secondes, sans que les conditions météorologiques puissent être incriminées.

Débouté par la Cour d'Appel de Rennes, l'armateur du Bugaled, Michem Douce a donc décidé de changer de braquet : il vient ainsi d'assigner l'Etat en justice, au motif que la Cour d'Appel de Rennes avait dénaturé ou écarté des pièces du dossier.

Le jour du naufrage, les communications et rapports des sauveteurs ont ainsi noté la présence sur le lieu du naufrage de 2 radeaux de survie. Problème : si l'un d'eux était bien celui du chalutier, le second ne lui appartenait pas, ce dernier ayant été retrouvé par la suite sur l'épave.

A quel navire appartenait donc ce second radeau, de couleur rouge, coulé par les plongeurs britanniques après avoir été lacéré de coups de couteaux, pour éviter toute confusion sur la scène du naufrage ?

Pour l'armateur comme pour l'association de défense du Bugaled, ce radeau pourrait avoir été lancé d'un hélicoptère, juste après l'accident, accident qui aurait donc été suivi de bout en bout.

Car depuis le début, la thèse de la croche du chalut par un sous-marin est celle qui paraît la plus plausible, mais qui n'a jamais pu être démontrée, malgré des indices nombreux très troublants : funes du chalut retrouvées entrecroisées (donc une seule des deux a été crochée), fune tribord déroulée de plus de 140 m par rapport à la babord, traces de titane relevées sur la fune, là où elle a été accrochée, pas sur le reste.

Au moment de l'accident, plusieurs sous-marins, notamment nucléaires, participaient à l'exercice Thusday War, qu'ils soient français, britannique, néerlandais et américain.

Pour Michel Douce, il est totalement anormal que la justice ait fait l'impasse sur le problème des radeaux, que le second ait si rapidement disparu de la scène de l'accident et qu'il ait fallu près d'un an avant que ses papiers ne soient remis à la gendarmerie maritime française par les Britanniques !

Il est à noter que la durée du secret défense est de 60 ans.

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Les faits troublants relatifs aux radeaux de sauvetage

Le Bugaled Breizh naviguait avec deux "bombard" : l'un des deux a été retrouvé flottant sur l'eau le jour du naufrage et l'autre a été récupéré lors du renflouement de l'épave. Problème : deux documents signalent la présence de 2 canots sur zone !

Le CROSS Gris-nez signale ainsi : "13h00 : déroutons navire de pêche Alya - FGSK sur zone 2 bombard et 2 bouées couronne + balise du navire retrouvée".

En parallèle, un procès verbal de la Gendarmerie maritime de Brest signale : "Arrivé sur zone le chaluteir Eridan constate que le "BUGALED BREIZH" a sombré - seuls du gas-oil, deux canots de sauvetage et divers débris flottent sur l'eau".

Simon Rabbett, chef du Centre de secours de Falmouth (CRCC) précise de son côté qu'un canot a été découvert par ses sauveteurs qui l'ont coulé à coups de poignard (pour éviter que sa présence ne déclenche de nouvelles recherches, et que l'autre a été monté à bord par l'Hermine, chalutier participant aux recherches.

Malgré ces faits avérés, la thèse officielle soutient qu'il n'y a eu qu'un seul canot retrouvé, mais qu'il a été vu deux fois. Pourtant ceux-ci consignent dans leur rapport que "le radeau est pour ainsi dire dégonflé. Il ne présente aucune dégradation."

Il ne peut donc s'agir du canot coulé à coups de poignard par les plongeurs britanniques.

Nouveau rebondissement dans le dossier du Bugaled Breizh

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