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Suspension de la livraison du premier BPC Mistral à la Russie

Suspension de la livraison du premier BPC Mistral à la Russie

Faisant preuve d'un courage surprenant, la Présidence de la République française vient d'annoncer par communiqué de presse que les "conditions n'étaient pas réunies" pour autoriser la livraison du premier porte hélicoptère Mistral à la marine russe.

C'est un vrai retournement et un mini raz-de-marée que vient de déclencher un petit communiqué de presse diffusé cet après-midi par l'Elysée.

Ce communiqué publié suite à la tenue d'un Conseil de Défense, précise en effet que devant la situation en Ukraine jugée grave, le président de la République a constaté que, malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en œuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC (Bâtiment de projection et de commandement) n'étaient pas réunies.

La livraison du premier bâtiment est donc pour l'instant gelée, sans que l'on sache si la France va suspendre le contrat ou finalement l'honorer.

Depuis des semaines, la position russe, notamment son non respect systématique du droit international, sa capacité à alterner phases de détentes et de menaces, ses mensonges permanents et finalement son intervention non officielle en Ukraine, font redouter le pire à des nations comme les pays baltes, où résident d'importantes minorités russes, mais aussi la Pologne ou la Roumanie, ce qui n'a pas facilité la position de Paris, très isolé au sein de l'Otan.

Le problème est finalement double pour Paris : comment financer les deux BPC si la vente à la Russie est stoppée, et quelle pourrait être l'impact d'une telle décision par rapport aux contrats de ventes d'armement en cours, en particulier aux Indes (notamment les Rafale).

Une piste est officieusement abordée depuis cet été quant à une éventuelle acquisition des deux BPC par l'Otan ou l'Europe, qui les relouerait ensuite aux pays intéressés. Cette piste est d'autant plus réaliste que la position prise cet été par le président Poutine de dire qu'il ne paierait le premier BPC qu'à la livraison du second ne joue pas en faveur d'une livraison à la Russie.

Quant au second point, le mutisme est total de la part de l'Elysée.

Rappelons que ce contrat de vente des BPC à la Russie a été signé sous la présidence Sarkozy. Il porte sur 2 navires, avec deux options supplémentaires (à construire en Russie) et représente un chiffre d'affaires de 1.2 milliard d'euros.

=> lire aussi : autres articles sur BPC Mistral

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Récif 04/09/2014 09:36

..on va se faire tuer !!

Erwan CHARLES 04/09/2014 08:58

"Le paiement final" dit clairement ce qu'il signifie : c'est le solde des versement déjà effectués. Aucun contrat industriel au monde ne s'effectue sans un premier versement à la commande, des versements échelonnés à des étapes-clés du contrat, à mesure de sa réalisation, et un règlement final à la livraison. Ce contrat n'a pas échappé à la règle, et heureusement ! Le client russe a bien effectué TOUS les règlements intermédiaires, et je maintiens qu'environ 50% de la facture globale ont bien été acquittés. Soit la valeur du premier BPC...

Boris P 04/09/2014 08:18

"Le paiement final, en accord avec le contrat signé, sera fait en novembre 2015 après la livraison du second navire." Le directeur du groupe public d'armement russe Rosoboronexpor, Anatoli Issaïkin, a annoncé la couleur dans une interview à l'agence russe Itar-Tass.

Tant que les deux porte-hélicoptères Mistral ne seront pas livrés à la Russie, rien ne sera donc payé à la France. Si un seul navire est livré, il en sera de même. La Russie a averti la France qu'elle "fera valoir ses droits jusqu'au bout" en cas de rupture du contrat.

Erwan CHARLES 04/09/2014 07:41

Il est très regrettable que cet article repose sur un présupposé absolument inexact. Le client russe a scrupuleusement tenu tous ses engagements, et les règlements prévus aux différentes étapes du contrat ont été effectués. A ce jour, pratiquement 50% du montant total ont été versés, ce qui implique des soucis tant juridiques que financiers colossaux devant nous si la France maintient sa position.

Stomma. r 03/09/2014 19:38

Cela serait utile que nos responsables politique trouve une lanterne leurs permettant de trouver les intérêts de la nation française dans cette affaire...

Naikstė 04/09/2014 20:48

Il n'a pas de la guerre civile en Ukraine, des séparatistes ni rebèles non plus. Que des mercenaires de Putin et des troupes russes. Jamais des conflits ethniques entre les russes et ukrainiens. Mais quelqu'un y met des grandes efforces.Egalement la France est capable créer une guerre civile en Suisse ou en Belgique. Au début on se proclame le défendeur des droits des francais (= des allemagnes il y a 70 ans,= des russes actuellement) dans le monde entier, trouver des fous, ou des fanatiques, les armer.

Eric 04/09/2014 13:25

Naiksté, je vous invite à vous renseigner afin que vous sachiez de quel coté sont les croix gammés dans la guerre civile Ukrainienne.

Naikstė 04/09/2014 11:03

L'interet principal de la nation francaise est la paix dans l'Europe et de ne pas collaborer avec des agresseurs: Soixante ans le monde craignait le fascisme renaitre, des klowns avec des croix gammées, des extra droits, mais l'unique nazisme qu"existe aujourd'hui - c"est le regime de Putin. C'est un fou, manipulateur, pret metre feu au monde pour ses propres ambitions: On pourrait sacrifier l'Ukraine, mais Putin s'arretra pas. Parce que que avec la guerre il peut rester au sommet: