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Euronaval 2014 - les Européens en surcapacité, en quête de nouveaux marchés

Euronaval 2014 - les Européens en surcapacité, en quête de nouveaux marchés

Plus que jamais, les industriels européens de la défense navale et maritime, y prospecteront des marchés export, face à de nouveaux concurrents issus des marchés émergeants.

C'est hier matin que s'est ouvert à Paris le Bourget, le salon Euronaval 2014, premier salon mondial de la défense navale et maritime.

Pendant une semaine, 350 industriels mondiaux du secteur seront donc réunis en un même lieu, qui concentrera ce qui se fait de mieux en terme de technologies et de pratiques dans le domaine de la défense en mer, qu'il s'agisse de logiciels, de systèmes d'armes, de frégates, sous-marins ou autres porte-hélicoptères, soit un marché annuel de près de 40 milliards d'euros selon le Gican (groupement des industries de construction et activités navales).

Les Européens, en force au Bourget seront tous confrontés à une même situation : des budgets européens de la défense à la peine, qui ont entraîné des surcapacités de production auxquelles seules des ventes export auprès de marines émergentes peuvent désormais répondre.

90 délégations étrangères venues des 4 coins du globe sont d'ailleurs attendues au Bourget, qui sauront se montrer exigeantes avec les offres présentées par des industriels sous pression.

Des industriels sous pression, à l'instar du Français DCNS, l'un des leaders européens du secteur, qui vient tout juste d'annoncer un plan d'économie de 100 millions d'euros, destiné à améliorer une rentabilité en berne, ou de l'Espagnol Navantia, qui cumule les pertes.

La concurrence est rude en Europe, avec des acteurs comme le Britannique BAE Marine Systems, l'Italien Fincantieri ou l'Allemand Thyssen Krupp Marine Systems, d'autant plus que leur développement s'est longtemps basé sur les marchés protégés de leurs marines nationales, qui depuis une dizaine d'années ont fondu comme neige au soleil.


=> Euronaval - DCNS présente le plus gros sous-marin conventionnel européen
 


La situation du secteur est d'autant plus tendue que de nouveaux concurrents sont apparus entretemps, notamment en Chine, en Turquie ou en Corée du Sud, qui menacent de laminer les marges par des prix de vente défiant toute concurrence.

Dans ce contexte, seule l'innovation et l'optimisation industrielle constituent un axe de différenciation majeur, tout comme l'expérience et le savoir-faire, deux avantages comparatifs finalement majeurs dans le domaine de la défense.

La croissance est donc clairement à rechercher en dehors de l'Europe, même si parfois, des pays comme la Pologne lancent des appels d'offre de première importance dans le domaine, notamment pour des sous-marins, et les grands acteurs européens louchent désormais vers des pays comme l'Australie, qui s'apprête à commander 12 sous-marins pour remplacer ses classes Collins.

Dans ce concert des nations, la France ne démérite pas, avec 7% de parts de marché, selon le Gican, et une filière qui représente près de 30% de ses ventes d'armes.

Cette année, l'une des tendances d'Euronaval aura trait à tout ce qui est lié à la police des mers, à la lutte anti-terroristes, aux drones et à la protection des zones economiques exclusives (ZEE), dans un contexte ou l'exploitation pétrolière et gazière offshore est promue à de grands développements.

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