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Voiles de Saint-Tropez 2014 - les classements !

Voiles de Saint-Tropez 2014 - photos : Gilles Martin-Raget
Voiles de Saint-Tropez 2014 - photos : Gilles Martin-RagetVoiles de Saint-Tropez 2014 - photos : Gilles Martin-Raget

Voiles de Saint-Tropez 2014 - photos : Gilles Martin-Raget

Tombé de rideau ce dimanche et remise des prix de cette édition 2014 qui aura célébré les 15 ans des Voiles de Saint-Tropez.

Les Voiles de Saint-Tropez ont célébré dans le faste et le grand spectacle leurs 15 années d'existence.

Une édition qui aura bénéficié de conditions météorologiques idéales, entre vent et beau temps, de quoi satisfaire pleinement les 4000 marins présents sur les 300 voiliers inscrits dans les 20 classes en lice.

De belles surprises apparaissent cette année au palmarès, avec d'emblée les noms des nouveaux venus tel Olympian, qui triomphe chez les yachts auriques ou Dorade chez les Marconis, mais aussi les confirmations des valeurs sûres de leurs circuits respectifs, Magic Carpet Cubed chez les Wally, ou Robertissima III (ex Ran) chez les grands IRC.

A l'occasion de la clôture de cette édition, André Beaufils, Président de la Société Nautique de Saint-Tropez a déclaré sur ActuNautique.com : "Une nouvelle édition s'achève, et on se trouve chaque année à court de superlatifs pour tenter de traduire le sentiment de satisfaction générale ; Nous venons de vivre une belle édition. Chaque année, nous essayons d'améliorer par petites touches ce qui est perfectible, et on continue de trouver de petites choses à modifier. Les concurrents ont pu régater tous les jours et se déclarent satisfaits. Nos partenaires sont ravis. Leurs invités ne tarissent pas d'éloges. Toutes nos équipes, sur terre comme sur l'eau ont remarquablement travaillé, dans une belle ambiance. Je suis un Président satisfait. A l'issue de chaque édition, nous effectuons des débriefing, et décidons de ce qu doit être amélioré. Cela a été le cas cette année avec le renouvellement de deux de nos comités de course. Pour l'avenir, nous réfléchissons à de petites modifications du village, ne serait-ce que pour s'adapter aux travaux de la capitainerie qui seront en cours l'an prochain. Nous sommes toujours sollicités par des propriétaires de grands bateaux classiques, et nous cherchons des solutions pour satisfaire le plus grand nombre. On va certainement rééquilibrer le nombre des voiliers de tradition par rapport aux Modernes. On réfléchit également à nos catégories, pour répondre à certains souhaits. L'âme de mes satisfactions est de voir tous nos bénévoles travailler avec tant de passion, et dans une telle bonne humeur. Ceux qui sont en place se sont appropriés les Voiles, avec à coeur le désir que tout tourne bien. Tout se passe dans la bonne humeur".

Les Voiles 2014 en un clin d'oeil

Les voiliers dits « Classiques » naviguaient cette semaine aux Voiles dûment répartis en deux registres distincts, les « Epoques » , et les « Classiques », voiliers nés à partir des années 60...

Groupe Grand Tradition

Comme son nom l'indique, ce groupe rassemble les plus grandes unités classiques du moment, et c'est assez naturellement que l'immense goélette Elena of London (Herreshoff 2009) impose la puissance de ses 1 300 m2 de voilure, devant Mariquita, le grand cotre aurique de William Fife (1911) et le jeune centenaire Moonbeam IV (1914).

Groupe Epoque Aurique A

Cette catégorie rassemblait cette année 14 somptueux cotres, goélettes ou sloops gréés aurique, de 9 à 19 mètres de long, pour la moitié âgés de plus de 100 ans. Face aux habitués des podium tropéziens Nan of Fife (Fife1896) ou Bonafide (Sibbick 1899), c'est le nouveau venu Olympian, P Class américain de 1913 qui triomphe largement, laissant Chinook (Herreshoff 1916), se disputer les accessits avec un autre étonnant nouveau venu, Folly (Camper et Nicholson 1907) barré à Saint-Tropez par German Frers.

Groupe Epoque Aurique B

Catégorie mises sous les sun lights cette année par l'attribution du Trophée Rolex, ce groupe tout aussi prestigieux, très cohérent en performance, et considéré comme l'expression ultime de l'esprit classique, voit le triomphe du plus vieux voiliers de toute la flotte des Voiles. Lancé en 1885, le cotre aurique Partridge a fait honneur à son génial créateur John Beavor Webb en damant le pion aux redoutables "petits" mais toniques auriques Jap (Fife 1897) et Lulu (Rabot-Caillebotte1897).

Groupe Marconi A

Côté voiles triangulaires, ou gréement de type Marconi, le spectacle a été une nouvelle fois de toute beauté, tant sur le plan de l'esthétisme pure, que par l'intensité sportive des régates. Le 12 m JI américain Seven Seas of Porto (Crane 1935) s'est montré largement au-dessus de la concurrence, dominant chaque régate de la tête et des épaules. Le rapide sloop Rowdy, (Herreshoff1916) n'avait pas connu pareille concurrence depuis longtemps. Il sauve les meubles en montant sur la deuxième marche du podium devant un autre ténor des voiles, le célèbre yawl marconi signé Olin Stephens Manitou (1916).

Groupe Marconi B

Le Class Q signé Paine (1930) Jour de Fête et confié à l'expertise de Pascal Oddo triomphe lors de chacune des trois courses validées par ce groupe. Leonore l'autre Q Class signé Johann Anker n'a rien pu faire, sinon de tenir à distance le sloop marconi Sirius (Stephens 1930) pour le gain de la deuxième place.

Groupe Epoque Marconi C

Autre groupe lui aussi remarquablement équilibré et qui a donné lieu à de somptueuses empoignades. C'est le nouveau venu et néanmoins légendaire (Sparksman et Stephens 1930) Dorade, barré par ses propriétaires américains Matt et Pam Brooks qui triomphe à l'issue de superbes mano a mano avec les non moins légendaires Skylark of 1937 (Olin Stephens) et Cholita (Potter 1937)

Groupe Epoque Marconi D

Plus petits en taille, les protagonistes de ce groupe régatent en pleine cohérence entre voiliers nés entre les années 20 et 50. Le plan May Arrow de 1924 s'impose devant le plan Cornu Jalina (1946) et Sonda, sublime 8 m de 1951 signé Gruer.

Groupe Classique Marconi A

Le grand sloop marconi italien Il Moro di Venezia a livré un âpre combat toute la semaine pour résister aux assauts des redoutables 12 m JI Sovereign des frères Bérenger (Boyd 1963) ou Ikra Boyd 1964). C'est en définitive Philippe Monnet qui vient placer son plan Sparksman&Stephens de 1956 Lys sur le podium en conclusion de régates à couteaux tirés.

Groupe Classique Marconi B

Le sloop Marconi signé André Mauric Fantasque l'emporte devant Maria Giovanna (Stephens 1969) et Outlaw (Illingworth 1963)

Class J : Ranger sans partage

Quatre Class J ont véritablement régalé les regards des aficionados amateurs ou experts au large de Pampelonne. Ces géants ont validé 4 courses, et Ranger, la belle réplique signé Jackson en 2003 a dominé de la tête et des épaules ses adversaires Velsheda (2ème) et Lionheart.

15 m JI ; la revanche de The Lady Anne

Si le Trophée annuel des 15 m JI était avant même le premier coup de canon des Voiles d'ores et déjà la propriété de Mariska (Fife 1908), les Britanniques de The Lady Anne (Fife 1912) ont mis un point d'honneur à clore cette belle année par une victoire à Saint-Tropez. Mariska, malgré Pierre Antoine Morvan à la barre termine deuxième, devant Hispania (Fife 1909) et Tuiga.


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12 m JI "Vintage"

Quatre 12 m JI Vintage disputaient leur régate propre à Saint-Tropez. Wings (Nicholson 1937) l'emporte avec deux victoires sur 3 manches validées, devant Vanity V (Fife 1936) et Vim (Stephens 1939)

Tofinous et Code 0

Ils représentent l'esprit classique traduit en version moderne. Tofinous et Code 0 ont régaté sur le plan d'eau des voiliers classiques, mêlant leurs voiles carbone aux grandes toiles en coton. C'est le Tofinou 12 Camomille qui l'emporte, devant l'autre Tofinou 12 Milou et Aloha 2, le Code 1 de François Bouy.

Modernes

Cinq Groupe de la jauge IRC étaient cette année acceptés sur le rond des Modernes à Saint-Tropez.

IRC A

Bataille d'anthologie entre les impressionnants Protos Maxi 72 Robertissima III (Judel Vrolijk 2009) qui l'emporte, et Jethou (JV 2012), battu sur le fil pour la place de dauphin par My Song, le Nauta 84 Reichel Pugh de 1999.

IRC B

Le X Yacht INXS RD de Philippe Frantz a remarquablement surmonté un premier jour calamiteux, pour aligner quatre courses victorieuses et s'imposer dans le groupe le plus dense et le plus homogène de voiliers modernes. Il devance de trois longueurs un habitué des Voiles, James Blackmore à bord de Music, le grand Swan signé Frers, et l'autre Music, le Baltic 590 Suisse.

IRC C

Autre nouveau venu aux Voiles qui d'emblée marque les esprits de son empreinte, le TP 52 Nanoq et son équipage "all star" emmené par James Spithill l'emporte grâce à une superbe entame de semaine, devant l'autre TP 52 Gladiator de Tony Langley, et Spirit of Malouen VI de Sébastien Petit Huguenin.

IRC D

On retrouve les plus grands constructeurs internationaux dans ce groupe éminemment compétitif. Adrien Follin et Give me Five l'emportent d'une courte tête face à Frédéric Bouillon et son Wallis. Michael Mueller sur Pappes monte sur la troisième marche du podium.

IRC E

Belle victoire de l'A35 Chenapan avec 3 succès sur 5 courses validées, devant l'autre A35 Tchin de Jean Claude Bertrand et le Lago 950 Savoyard Java Bleue, au sympathique Jacky Maitre.

WALLY

Douze Wally, record égalé, naviguaient cette semaine sur leur rond dédié à Pampelonne. Magic Carpet Cubed l'emporte, sans pour autant réaliser de grand chelem puisque la victoire de la troisième course lui échappe, au profit de Magic Blue qui assure ainsi sa deuxième place au général, devant le 94 pieds Galma.

LES TROPHEES

  • Trophée Rolex (1er voilier Epoque à gréement Aurique B): Partridge
  • Trophée Edmond de Rothschild (1er voilier Moderne plus de 16m) : Robertissima III
  • Trophée BMW (Classe de Wally) : Magic Carpet Cubed
  • Coupe de la Ville de Saint-Tropez (1er voilier Moderne toutes catégories) : Robertissima III
  • Trophée Yacht Club de France (YCF) : Alcyon
  • Trophéminin (1er équipage féminin) : No Limit
  • Partridge vainqueur du Trophée Rolex 2014

Auteur d’un parcours sans faute depuis le début de la compétition, le cotre aurique victorien Partridge remporte le Trophée Rolex 2014. Une très belle victoire pour ce voilier construit en 1885 qui a réussi à composer avec une météo capricieuse et des conditions très changeantes. En remportant la victoire, Partridge s’empare non seulement du Trophée mais également d’une montre Rolex Submariner.

Avec une victoire en temps réel et en temps compensé lors de la première manche, Alexander Laird, skipper de Partridge a donné le ton. Lulu et Jap, alors deuxième et troisième, restaient en embuscade. Lors de la deuxième manche, courue dans des conditions similaires à la première, Partridge a haussé son niveau et s’impose avec plus 24 minutes d’avance en temps compensé. Jap alors deuxième n’a malheureusement rien pu faire, mais revient alors à égalité de points avec Lulu. La dernière journée s’annonçait cruciale pour les deux poursuivants. Seul un faux-pas de Partridge aurait pu semer le trouble.

En prenant le départ de l’ultime manche aujourd’hui samedi, l’enjeu était de taille pour Partridge. La motivation était également à son maximum à bord de Jap et Lulu qui espérait pousser le cotre victorien à la faute et grapiller les quelques points manquants. Avec des conditions légèrement plus soutenues, Partridge n’a pas réussi la passe de 3 et laisse la victoire de cette manche à Jap. Une victoire qui n’aura pas d’incidence sur le classement général définitif car avec 2 points d’avance, Partridge remporte la victoire.

« C’est un grand honneur d’avoir réussi à remporter le Trophée Rolex. L’équipage a été incroyable et durant toute cette semaine nous avons été très concentrés sur les manœuvres et la tactique car les conditions météos n’étaient pas évidentes. Je suis très heureux ce soir, c’est une consécration pour nous mais surtout pour le bateau » confiait Alexander Laird, skipper de Partridge.

Comme souvent dans l’histoire des yachts construits fin du XIXe siècle et début du XXe, l’aventure de ces bateaux passe par de belles années de navigation en Manche et le long de la côte anglaise avant de finir abandonnés dans une vasière. L’histoire de Partridge de déroge pas à la règle et c’est en 1980 que le bateau sort de son anonymat et de la vase de la Blackwater River. Après une restauration qui s’acheva en 1998, Partridge débuta une nouvelle carrière dans le sud de la France et impose son élégante silhouette sur de nombreuses manifestations. Avec cette belle victoire, Partridge peut ajouter un Trophée à son histoire qui ne fait que débuter.


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