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EDITORIAL - le Nautisme, grand absent des Assises de l'Economie de la Mer

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"Le nautisme ? Combien de divisions ?"

Les Assises de l'Economie de la Mer avaient lieu cette semaine à Nantes, qui ont vu de grands moments, notamment l'inauguration de l'usine Alstom de Saint Nazaire dédiée aux éoliennes offshore, par le premier ministre Manuel Valls, et différentes tables rondes et conférences toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Ces tables rondes traitaient de sujets majeurs pour la filière, allant de la construction navale (quels leviers pour la compétitivité des chantiers français ?), au shipping (Quelle place pour les entreprises françaises dans le shipping mondial ?), à la formation (Gestion des compétences et évolution des parcours au sein de l’économie maritime française) en passant par la pêche (Respect de la ressource : tous responsables) et l'énergie (Les nouvelles frontières de l’offshore pétrolier et gazier - Le GNL, incontournable combustible marin ?)...

Autant le dire, que l'on y assiste sur place ou connecté par internet, ces Assises étaient passionnantes à plus d'un point, qui m'ont cependant laissé sur ma faim, ayant fait l'impasse sur un secteur complet de la filière : le Nautisme !

Une paille ! 

Loin de moi toute volonté de polémiquer ou de faire du "nautismocentrisme", mais force est de constater que parler de l'Economie de la Mer, en oubliant du secteur Nautique m'a laissé chagrin !

Il est vrai que depuis Paris, que pèse donc le nautisme face à l'inauguration d'une usine d'éoliennes offshore de chez Alstom, ou à la signature de deux nouveaux paquebots aux chantiers STX de Saint Nazaire, par RCCL pour 1.2 milliards d'euros ?

En bref, "combien de divisions" représente le nautisme face à ces mastodontes que sont les compagnies pétrolières, les CMA-CGM et autres Technip, les STX et Piriou...

Dans cette rhétorique d'opposition, je ne rentrerai pas, et me contenterai de souligner que le nautisme pèse 40 000 emplois en France, répartis sur tout le territoire, pour un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros.

A ce titre, il constitue une composante majeure de la dynamisation économique des territoires.

Une dynamisation avant tout décentralisée !

Une dynamisation qui s'appuie sur des chiifres : la construction de bateaux de plaisance, majoritairement réalisée par des PME-PMI et des ETI,  emploie à elle seule 12000 salariés et exporte près de 70% de sa production, tandis que les services aux plaisanciers font vivre 4000 entreprises, soit 27000 salariés ! Notons aussi les 200 ports de plaisance et 370 installations d'accueil de bateaux, qui émaillent notre littoral et font vivre bien des communes, emploient 1200 salariés !

Une filière économique ne peut s'appréhender que dans sa globalité, car elle se compose de secteurs finalement tous interdépendants.

Au sein de l'Economie de la Mer, le Nautisme occupe il est vrai une place à part, car elle en constitue sans doute la meileure vitrine auprès du Grand Pblic.

A ce titre, la filière ne peut donc passer à côté de sa composante la plus compréhensible et la mieux acceptée par le Grand Pubic. Ce, au moment même où certaines d'entre elles, comme la pêche, sont montrées du doigts par des ONG, pour  des pratiques discutables en matière de gestion des ressources. 

L'économie de la mer est avant tout un éco-système, qui ne fonctionne que parce que toutes ses composantes sont bien présentes : quid de l'activité d'un petit port de pêche artisanale, sans sa marina ?

Les esprits chagrins me rétorqueront qu'une marina n'engendre pas le niveau d'activité d'une ligne de ferries. 

Je leur répondrai qu'à Lorient, l'activité engendrée par la seule arrivée de la Volvo Ocean Race ou qu'à Saint Malo, les 30 millions d'euros de retombées économiques de la Route du Rhum, les valent bien !

Et puis parce que le Nautic de Paris ouvre ses portes demain, je leur dirai aussi qu'à cette occasion, des dizaines de milliers de personnes vont venir rêver devant des bateaux, découvrir des régions littorales ou de nouvelles pratiques sportives et entretenir leur passion de la mer.

Et que cette passon, finalement, c'est elle qui unit tous les acteurs de l'Economie de la Mer...

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