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BPC Mistral - Paris propose à Moscou de rompre les contrats de vente

BPC Mistral - Paris propose à Moscou de rompre les contrats de vente

Comme nous l'annoncions depuis des mois, la vente des deux BPC Mistral à la Russie va être annulée.

L'épilogue sur la vente à la Russie des deux porte-hélicoptères de type Mistral devrait intervenir d'ici la fin du mois de Mai, selon nos confrères du quotidien économique russe Kommersant.

Paris aurait en effet proposé à Moscou d'annuler le contrat de vente des deux bâtiments, et proposerait de procéder au remboursement de 785 millions d'euros déjà versé, tandis que Moscou réclamerait 1.163 milliard, en raison du préjudice subi.

La vente des deux navires à une tierce partie au contrat ne pourrait d'ailleurs survenir, selon Moscou, qu'au terme du versement de cette indemnité dont le montant ferait actuellement l'objet d'âpres négociations.

Ce sujet aurait d'ailleurs été abordé par les présidents français et russe lors de leur dernier entretien privé.

Rappelons que ces deux bâtiments stratégiques - Moscou n'en dispose pas et s'est jusqu'à présent révélé incapable d'en construire un - vendus sous la présidence Sarkozy, constituent une véritable épine dans le pied du gouvernement français, depuis l'annexion de la Crimée par Moscou et l'intervention russe dans l'est de l'Ukraine au cours de laquelle 200 soldats de l'Armée Rouge auraient péri, selon des opposants au régime du président Poutine.

Un interventionisme russe qui a poussé Paris, dans un premier temps, à suspendre la livraison des deux navires et à la subordonner à un parfait respect des accords de Minsk, suspension qui devrait finalement évoluer en une annulation, tant il est vrai que l'attitude de Moscou inquiète les alliés de Paris, notamment en Europe du Nord, qu'il s'agisse de la Suède, de la Pologne, ou des Pays Baltes mais aussi plus largement de l'Otan.

Cette annulation actée, la question qui se pose est désormais simple : que faire de ces deux navires ?

Outre le fait que les Etats-Unis se seraient engagés à compenser financièrement la non vente des navires à Moscou, différents pays, en particulier le Canada, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde, se seraient montrés intéressés par ces bâtiments de projection et de commandement,  qui constituent des unités majeures au sein d'une flotte, et qui ont l'avantage s'être rapidement disponibles, après une nécessaire réadaptation à leur nouveau client.

Les semaines à venir devraient donc être riches en rebondissements...


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cocagne 15/05/2015 15:31

Analyse à courte vue a moins de souhaiter notre avenir non plus en Europe avec les Russes qui en sont les plus incontestables membres mais dans la sphère d'influence des pétromonarchies, car la aussi nous sommes en train de faire dérailler le train de l'histoire en traitant les Iraniens de haut. Houellebecq n'a finalement pas du beaucoup romancer son dernier ouvrage

DimLeCelte 15/05/2015 14:53

C'est la première fois que je vois un mouvement citoyen (commencé par des français en Mai 2014 après l'annexion de la Crimée par la Russie) aboutir a un résultat concret. Chapeau bas aux activistes de "No Mistrals For Putin". Leurs actions et analyse de la situation était visiblement la bonne: aucune perte de crédibilité de la part des acheteurs d'arme (commandes de Rafale par l'Inde, d'hélicoptères par la Pologne). Et pas de pénalités comme cela a été annoncé par Poutine lui meme.

Esteban80 31/05/2015 19:34

La question est loin d'être réglée ! En outre, qui va payer le remboursement demandé par Moscou et que ferons nous des navires ? En l'état, ils sont in-ven-dables !!