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Avec 50% d'abandon à J+6, les Imoca 60 posent question dans la Transat Jacques Vabre

Avec 50% d'abandon à J+6, les Imoca 60 posent question dans la Transat Jacques Vabre

Courses au Large et Régates - Ils étaient 20 à s'aligner au départ de la Transat Jacques Vabre 2015. 6 jours après le départ, il n'en reste plus que 10 en course. Pourquoi une telle hécatombe chez ces géants de la course au large ?

Les Imoca 60 sont des bêtes de course de tous les superlatifs, sensés pouvoir faire le tour du monde sans pépin, dans les pires conditions météorologiques, notamment lors du prochain Vendée Globe.

C'est la promesse à laquelle ont adhéré les sponsors en signant un gros chèque, pensant faire les Unes de la presse et du web durant des semaines, et bénéficier ainsi de retombées médiatiques gigantesques, sans commune mesure avec l'investissement initial.

Cette promesse, force est de constater qu'elle s'est vite étiolée au fil des jours dans la Transat Jacques Vabre 2015 avec près de 50% d'abandons, et l'on est en droit de se demander si cette course n'aura pas servi de banc d'essai à certains bateaux, ou si les duos de skippers ont bien pris la mesure de sa difficulté !

Car l'édition 2015 de la Jacques Vabre se présente déjà comme la plus cassante de la décennie, et si la météo est avancée par certains, en particuliers avec les 3 fameux fronts successifs un peu vicieux de la première semaine, force est de constater qu'il doit sans doute falloir s'y attendre au moment de se lancer dans la plus longue des transats, Le Havre et Itajai étant distants de près de 10 000 kms !

Dans ce sens, un Imoca 60 conçu pour faire le tour du monde et passer le Horn serait-il trop fragile pour la Transat Jacques Vabre ?

A y regarder de plus près, il semble que la volonté de gagner du poids et d'aller toujours plus vite se fasse au prix d'une sophistication technique toujours plus grande, sophisitication qui remettrait en cause la fiabilité et la robustesse même des Imoca 60.

En mer et d'autant plus en course, les pépins de toutes sorte sont légion et entre les ofnis dérivant de-ci, de-là, un défaut de préparation, la fatigue et certaines vagues mal abordées, les risques de casse sont légion.

En revanche, les problèmes structurels rencontrés par certains bateaux neufs ne lassent pas d'étonner, à l'instar des voies d'eau au niveau du foil tribord de Safran, des problèmes de lisses  cassées sur St Michel Virbac ou de problèmes multiples sur Hugo Boss.

Des exemples qui nécessiteront sans doute de la part des chantiers et des architectes de revoir la copie, Jean-Pierre Dick (St Michel Virbac) ayant clairement dit que pour lui les bateaux étaient trop fragiles.

Une fragilité qui se retrouve au niveau des safrans qui n'auront pas tous cassé dans cette Transat Jacques Vabre du fait de chocs avec des Ofnis, ou des dématâges qui posent clairement la question de la résistances des gréements.

Les contre exemples ne manquent pas, puisque sur les 10 Imoca 60 encore en lice, celui de tête n'est autre que Banque Populaire VIII, un bateau neuf à foils, skippé par Armel Le Cléac'h et Erwan Tabarly, suivi il est vrai par un Imoca de 2010 (PRB), et 2 de 2007 (Queguiner Leucémie Espoir et Le Souffle du Nord).

Les 10 Imoca 60 qui ont abandonné après 6 jours de course

  • SMA (2011) - Paul Meilhat- Michel Desjoyeaux - bord de fuite du voile de quille arraché
  • Safran (2015) foils - Morgan Lagravière - Nicolas Lunven - Voie d'eau zone des foils
  • Edmond de Rothschild (2015) foils - Sébastien Josse - Charles Caudrelier - Multiples soucis techniques
  • Bastide Otio (2010) - Kito de Pavant - Yann Régnault - Panne électronique - voiles déchirées
  • Le Bateau Des Metiers By Aerocampus (2007) - Arnaud Boissières - Stan Maslard - Grand Voile déchirée
  • Hugo Boss (2015) foils - Alex Thomson - Guillermo Altadill - multiples problèmes
  • Maître CoQ (2010) - Jérémie Beyou - Philippe Legros - Fixation d’étai principal désolidarisée
  • Spirit of Hungary (2014) - Nándor Fa - Péter Perényi  - Dématâge
  • St Michel Virbac 2015) foils - Jean-Pierre Dick - Fabien Delahaye - problèmes de structure
  • ADOPTEUNSKIPPER.NET (2007) - Nicolas Boidevézi - Ryan Breymaier - rupture de bastaque
 

 

Présentation de la Classe Imoca

Fondée en 1991 et reconnu par l’ISAF (Fédération Internationale de Voile) depuis 1998, l’IMOCA est l’association de classe qui gère les monocoques Open de 60 pieds (18,28 mètres).

Avec plus de trente skippers membres, son Championnat regroupe deux courses autour du monde, un tour de l’Europe et plusieurs courses trans-océaniques. La Classe IMOCA concoure à l’internationalisation de la course au large et conjugue au quotidien les notions de compétition, d’innovation, d’aventure humaine et de sécurité.

 

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nono 03/11/2015 09:22

Il faut relativiser, il a toujours s'agit de recherche de performance en course au large.
On se souviendra de la route du rhum 2002 qui fut une hécatombe en tri orma! Parce que les constructeurs ont utilisé du carbone à plus haut module donc les bateaux sont devenus hyper raides et cassants.
Ce n'est pas simple de développer une bête de course au large, le passage des vagues est un facteur hyper critique et très compliqué à calculer, d'autant que la répétition des chocs est élevée.
Cela n'est guère surprenant sur des bateaux tout juste sortis de chantier et qui ont peu navigué avant la TJV. Les écuries auraient pu être tentées d'aller casser du bois à chaque fois que c'était possible avant le départ du Havre mais d'un point de vue programme de communication ce n'est pas très bon de déclarer forfait avant la course.
Mieux vaut casser pendant la course, les retombées sont toujours meilleures!
La preuve on en parle!

Oui la TJV fait figure de banc d'essai pour le prochain Vendée Globe, c'est dommage de donner ce genre d'image mais ça participe à créer la légende de la course au large. Ca prouve bien que c'est compliqué, même très compliqué quand on va chercher les limites technologiques comme ça, et ça donne encore plus de relief à une épreuve comme le Vendée Globe et à ses vainqueurs, comme finishers.

Je trouve que les médias sont facilement critiques, voire cherchent parfois à couler la réputation de certains architectes et coureurs, c'est dommage ....
Tout le monde s'enthousiasme de voir une nouvelle génération de bateaux comme les foilers et il faudrait qu'ils volent et finissent tous leur course?
La recherche de performance sans sacrifier la fiabilité est dans la tête de tous, personne n'a d'intérêt dans la casse. Mais quand les coureurs accusent la solidité de leur monture, ils oublient aussi qu'ils sont les premiers à vouloir gagner du poids ... C'est le jeu de toute compétition et chacun doit savoir raison garder!

fred UK 03/11/2015 00:53

Hugo Boss a fait la Une des journaux ici en UK, une aventure plutôt positive pour la marque si les images ont été diffusées globalement