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Le chantier britannique Fairline en faillite

Le chantier britannique Fairline en faillite

Yachting & Nautisme - Près de 400 emplois devraient être supprimés dans ce chantier naval qui fut jadis l'un des fleurons du "yachting à l'anglaise".

Il y a une quinzaine d'années encore, le chantier Fairline suscitait l'admiration de tous et se positionnait en terme d'image et de produits loin devant son compatriote Princess, inventant avec succès le concept des vedettes express qui allait faire sa fortune.

Las, confronté à la crise et à un rachat par des fonds d'investissement, le chantier britannique a vite perdu la main, les financiers ayant succédé à la famille fondatrice, pour accumuler les erreurs stratégiques qui lui auront finalement été fatales, sous le coups de butoir d'une concurrence toujours plus féroce ! 

Peu présent aux Etats-Unis, Fairline est ainsi passé à côté du marché le plus dynamique du motonautisme, alors que son offre principalement basée sur des lignes d'arbres a longtemps fait l'impasse sur l'IPS pourtant plébiscité sur de nombreux marchés.

En parallèle, ses deux dernières nouveautés, les Targa 53 se sont ainsi distinguées par des cabines dont la hauteur sous barreau était pour le moins étonnante, sur un marché ou la concurrence fait rage, et ou l'armateur n'a que l'embarras du choix.

Que dire aussi des Fairline Squadron 78 vendus à prix coûtant, qui lui auront permis un temps au chantier de générer du cash flow, tout en obérant sa capacité d'investissement à moyen terme ?

En 2013, le chantier Fairline a ainsi dégagé un chiffre d'affaires de 78 millions d'euros, pour une perte de 23 millions !! Une situation qui a poussé son propriétaire, le fonds d'investissement britannique Better Capital à céder ses parts à la société Wessex Bristol au début du mois de novembre.

Une cession qui aura permis au premier fonds d'investissement britannique de ne pas avoir à se salir les mains, car moins d'un mois plus tard, Fairline a été déclaré en faillite, Wessex Bristol n'ayant pas les poches suffisamment profondes - et la volonté ? - de renflouer le navire Fairline à la dérive.

Sur les 450 salariés de l'entreprise, 69 devraient conserver temporairement leur emploi, le temps de terminer les 7 bateaux en cours de production et de les vendre !

Une bien triste fin pour ce chantier à la marque mythique, qui aura finalement sombré pour avoir été géré par des fonds d'investissement dont la stratégie de court terme est calamiteuse pour des entreprises industrielles.

Un exemple qui nous rappelle celui du Français Zodiac qui a bien failli disparaître pour les mêmes raisons, avant que d'être repris par un industriel...

Décryptage - Au fond de l'abîme, le chantier Fairline ne pourra désormais trouver son salut que dans une reprise par un investisseur de long terme, disposant des moyens pour le relancer. Ce sauvetage ne pourrait donc s'opérer que par un adossement à un groupe fortuné, notamment du secteur du luxe. A l'instar du néerlandais Feadship et du britannique Princess contrôlés par le milliardaire français Bernard Arnault, président du groupe LVMH...

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