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Sur une voile, le Street Art s'invite aux Voiles de St Barth

Le « street art » sera à l'honneur lors de la 6e édition des Voiles de St Barth, avec la présence exceptionnelle de l'artiste graffeur Cyril Phan, alias Kongo, qui réalisera en live une oeuvre... sur une voile de bateau !!

Cyril Phan, alias Kongo, aux Voiles de Saint Barth 2016

Cyril Phan, alias Kongo, aux Voiles de Saint Barth 2016

Connu dans le monde entier sous le pseudonyme de Kongo, l'artiste graffeur Cyril Phan sera présent en avril prochain à St Barth.

Sa venue s'intègre dans la volonté des organisateurs de la régate caribéenne d'en faire un événement à la fois sportif, lifestyle et convivial, où l'art à toute sa place. «Intégrer des artistes à l'événement fait partie de l'ADN des Voiles de St Barth, d'ailleurs, nous avons confié la réalisation de plusieurs affiches à des artistes lors des éditions précédentes, explique François Tolède, directeur de l'organisation des Voiles de St Barth. Nous avons proposé à Kongo de réaliser une œuvre sur le thème de la mer et des Voiles de St Barth ».

Sport, Lifestyle et Convivialité aux Voiles de Saint Barth

« Je vis la moitié de l'année en Guadeloupe depuis 1991. Pour moi, la Caraïbe est une source d'inspiration énorme, explique-t-il. Ma présence aux Voiles de St Barth cette année est le fruit d'une rencontre avec François Tolède l'été dernier. Il m'a proposé de faire une performance sur une voile, qui sera mise aux enchères au profit d'une œuvre caritative. Peindre sur une voile est nouveau pour moi, même si je suis habitué à peindre un peu partout. Ca sera très intéressant de le faire dans le cadre des Voiles de St Barth ». Une œuvre qui pourrait d'ailleurs figurer sur l'affiche de l'édition 2017 de la manifestation vélique caribéenne.

Bien qu'il ne navigue pas lui-même, ce passionné de voyages se réjouit de venir à St Barth au printemps. « Je peindrai la voile en direct devant le public pendant la régate. J'adore découvrir d'autres mondes. J'ai découvert récemment le milieu de l'aviation en peignant par exemple un avion il y a trois mois, et je continue d'explorer le monde de l'aéronautique à travers plusieurs collaborations, dont une avec la Fondation St Exupéry" poursuit-il "Le monde des marins a une résonnance logique dans mon parcours. C'est un monde passionnant rempli de passionnés. Partager avec eux ma passion et découvrir la leur ne peut qu'être enrichissant".

Kongo, un artiste aux multiples influences

Né en1969 d'un père vietnamien et d'une mère française, Cyril Phan, alias Kongo, arrive en France en tant que réfugié politique en avril 1975 après la chute de Saigon. Après une enfance passée dans le Sud de la France avec ses grands-parents, il part rejoindre sa mère à Brazzaville, au Congo, au début des années 1980.

C'est là qu'il se découvre une passion pour l'art. « J'avais là-bas des amis qui revenaient de New York, et qui m'ont fait découvrir le hip hop. J'ai tout de suite accroché avec la danse et la musique, mais plus en tant que spectateur qu'acteur », raconte celui pour qui le dessin a toujours été le mode d'expression premier. Ce n'est qu'à son retour en France qu'il se découvre un intérêt pour le graffiti. « J'ai eu la chance de rencontrer des gens qui faisaient du graffiti et des dessins, et qui m'y ont initié », se souvient-il.

Ensemble, ils créent le collectif MAC. « Le graffiti est arrivé en France avec le mouvement hip hop, après les pochoiristes. A l'époque, on n'était qu'une bande de gamins du Faubourg St Antoine. On n'était que 100 ou 200 graffeurs, à s'adresser essentiellement au microcosme du graffiti. On a commencé en graffant des murs, en vivant dans l'instant. Rien n'était calculé. Aujourd'hui, il y en a des milliers ». Les fresques qu'ils peignent sur de grands murs permettent au collectif d'être reconnu en France mais également à l'international. « On nous a invité à peindre en Europe et aux Etats-Unis, ce qui nous a permis de rencontrer toute la scène internationale du graffiti de l'époque. Cela a nourri mon goût du voyage, qui fait partie de ma vie depuis toujours ». Lors d'un voyage en Asie, Kongo fait la rencontre du directeur de la branche asiatique de la maison Hermès, qui marque les premiers pas de l'artiste dans le luxe. « Il m'a donné l'opportunité de peindre la vitrine du magasin Hermès de l'aéroport de Hong-Kong. Cette vitrine a eu un franc succès, à tel point que la maison mère en France m'a proposé de réinterpréter son célèbre carré de soie en créant le « graff ». C'était une opportunité incroyable de travailler sur une telle icône de la mode ». En deux mois, la collection est « sold out » dans le monde entier. « Cette aventure qui a débuté par une rencontre a nourri nos deux mondes, et a permis de réaliser que le milieu du luxe n'est pas si éloigné de celui du graffiti, car on parle de voyage, de travail à la main et de singularité ».

Désormais reconnu comme l'une des figures les plus importantes du milieu du graffiti dans le monde, l'artiste autodidacte, qui a su faire évoluer sa pratique pour atteindre une véritable maturité artistique, continue d'exposer ses œuvres aux quatre coins du monde, tout en collaborant avec des maisons prestigieuses, telles que la cristallerie française Daum, pour qui il réalise une sculpture en cristal. « Je m'intéresse beaucoup au savoir-faire français, que j'essaie de retraduire par un vocabulaire graphique ».

Sport, Lifestyle et Convivialité aux Voiles de Saint Barth

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