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Surpêche - Petit Navire répond à Greenpeace et justifie le recours aux DCP

Après le blocage de son usine de Douarnenez par les activistes de Greenpeace, la société Petit Navire, filiale du thaïlandais Thai Union, a souhaité expliquer sa démarche, justifiant au passage l'utilisation des controversés DCP, dispositifs de concentration des poissons...

Surpêche - Petit Navire répond à Greenpeace et justifie le recours aux DCP

Pour Amaury Dutreil, Directeur Genéral Petit Navire, les DCP bien utilisés seraient moins nocifs que l'usage de palangres par exemple.

Confronté depuis des mois à Greenpeace qui lui reproche d'utiliser des Dispositifs de Concentration des Poissons ou DCP, nocives pour l'équilibre de la ressource halieutique, la société Petit Navire a décidé de répondre à l'ONG, suite au blocage de son usine de Douarnenez intervenu en début de semaine.

La société précise mener une politique destinée à "mettre en place des solutions concrètes autour d’un approvisionnement responsable au sein de l’Océan Indien", dont l'ambition est d'aller d'ici 2020 vers 100% de ses produits engagés dans une démarche obéissant aux principes MSC.

Amaury Dutreil, Directeur Genéral Petit Navire précise à cet effet sur ActuNautique : "Nous avons récemment co-signé la lettre du WWF appelant la Commission Thonière de l’Océan Indien à prendre cette semaine toutes les mesures permettant de réduire significativement les prises de thon albacore dans l’océan Indien. Sans attendre que la Commission applique une politique plus ferme, nous prenons de façon volontaire les mesures afin que notre groupe réduise rapidement de 20% son utilisation de thon albacore issu de l’océan Indien".

Et l'industriel de préciser différentes mesures prises par la multinationale thailandaise : 

  • Arrêt des investissements dans des projets d’innovations ayant recours au thon albacore provenant de l’Océan Indien. La société privilégierait ainsi pour ses nouveaux produits des espèces de thon dont les populations sont non menacées comme le thon blanc MSC.
  • Réduction à 250 (!) le nombre de DCP sur sa flotte de bateaux de pêche, soit deux fois moins que les 550 proposé par la Commission des Thons de l’Océan Indien. Depuis 2015, la flotte de la multinationale ne déploierait plus que des DCP non maillants permettant de réduire de 90% la mortalité des requins sous les DCP.
  • Mise en place d'observateurs indépendants à bord de ses bateaux équipés de systèmes de vidéo surveillance permettant d’enregistrer chacune des opérations de pêche pour s’assurer qu’elle soit parfaitement conforme aux règles. Formation des équipages à la remise à l’eau des espèces non ciblées. 
  • Souhait de mise en oeeuvre de mesures visant à l’élimination de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui représenterait aujourd’hui 1 poisson sur 5 pêché dans les Océans.
  • Participation à un programme d’amélioration de la pêcherie (FIP en anglais), soutenu par l’UE et le WWF, visant à mettre en place des mesures permettant d’atteindre, à moyen terme, le niveau de certification MSC, prenant en compte la santé des stocks, la minimisation de l’impact sur l’écosystème et la manière dont les pêcheries sont gérées.

​En terme de technique de pêche, Petit Navire indique avoir réduit à trois le nombre de ses techniques : pêche en banc libre, pêche avec DCP, pêche à la canne.

Les DCP seraient moins nocifs que la pêche à la palangre

La société annonce ne pas utiliser la technique de la palangre qui provoquerait  de trop fortes prises d’espèces non ciblées.

Et la société de justifier son usage des ces 3 techniques comme étant celles considérées comme les plus recevables du point de vue de la durabilité des espèces, des prises d’espèces en danger, de l’impact sur l’empreinte carbone, des conditions de travail, ou encore des effets sur les écosystèmes marins.

Selon Amaury Dutreil, ce ne serait pas la pêche avec DCP qui serait destructrice mais les abus qu’elle susciterait de la part de certains acteurs de la pêche, indiquant que la pêche avec DCP serait l'une des techniques de pêche les plus sélectives, avec  des prises annexes à des niveaux bien inférieurs à ceux des palangriers par exemple. Les scientifiques rapporteraient ainsi que la prise d’espèce en dehors du thon serait de 5% avec cette méthode et de l’ordre de 0,3 à 0,5% pour les espèces en danger. 

Et Amaury Dutreil de conclure : "La pêche avec DCP, si elle est utilisée de manière raisonnable et responsable, est une technique qui peut être vertueuse. Nous sommes de ceux qui luttent non pas pour sa disparition (elle entraînerait un déplacement massif vers d’autres techniques de pêches nettement plus néfastes) mais pour son amélioration et pour l’arrêt de ses dérives."

Analyse - confrontée à une crise sans précédent la société Petit Navire réagit en communiquant, afin d'éviter un rejet de la marque par le grand public. Il est cependant étonnant que sa maison mère, Thai Union, soit si discrète quant à ses méthodes de pêche et quant à sa flotte, sachant qu'il existe des alternatives à la pêche avec DCP : la pêche à la canne ou sur banc libre, et que l'une des marques du groupe, en Grande-Bretagne, a abandonné la pêche avec DCP... 

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