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Vendée Globe - Alex Thomson garde son avance, malgré un foil en moins !

Le skipper britannique est en train de réaliser un petit exploit, avant d'atteindre le 40e Rugissants. Question : combien de temps pourra t-il tenir ?

Vendée Globe - Alex Thomson garde son avance, malgré un foil en moins !

Après avoir perdu du terrain hier, Alex Thomson fait bien mieux que résister : le skipper britannique d'Hugo Boss parvient à conserver 85 milles d'avance sur ses deux plus proches poursuivants, Armel Le Cléac'h et Sébastien Josse !

Au beau milieu de l'Atlantique Sud, la chevauchée fantastique se poursuit pour les sept meneurs de ce Vendée Globe aux conditions tellement parfaites pour les bateaux de tête, qu'elles ressemblent à s'y méprendre à une fenêtre de record autour du monde.

Voilà maintenant une semaine, nous annoncions la possibilité d'une échappée et d'écarts énormes dès la fin de la deuxième semaine de course. C'est très exactement ce qui se produit, avec des bateaux qui ne sont plus du tout dans les mêmes systèmes météo… pour le moment toujours au profit des leaders.

Alex Thomson réalise encre un exploit ! 

D'abord, et c'est une petite surprise, qu'Alex Thomson (Hugo Boss) fait bien mieux que résister malgré un foil en moins !! Il navigue certes un peu plus abattu que les autres ouvreurs, mais bien que naviguant bâbord amures - c'est à dire sur l'amure qui l'handicape théoriquement le plus, puisque c'est celle où son moignon de foil est immergé et engendre donc de la traînée au lieu de sa vocation première de portance - le Gallois a stoppé l'hémorragie de milles qu'on constatait ce week-end, où ses poursuivants lui ont repris une cinquantaine de milles.

Alex est très loin d'avoir baissé pavillon dans cette bagarre pour le leadership. Il a stabilisé l'écart et montre que c'est toujours lui le patron.

Armel Le Cléac'h a clairement lofé en milieu de nuit

Armel Le Cléac'h a clairement lofé en milieu de nuit, mettant un peu de Nord dans sa route. Est-ce pour se recaler d'une part devant PRB et Safran et d'autre part pour "aller chercher" Sébastien Josse, comme on dit en régate côtière?

C'est possible. Reste un constat, valable pour les sept premiers : ils filent toujours à des vitesses spectaculaires pour des monocoques, autour de 20 noeuds de moyenne. Elles sont d'ailleurs légèrement plus élevées pour Morgan Lagravière, Paul Meilhat et Jérémie Beyou (21 à 23 noeuds). Ce dernier est celui qui a couvert le plus de distance ces 24 dernières heures : 499 milles, soit plus de 920 kilomètres terriens !

La mer est formée pour eux maintenant, mais les conditions sont toujours aussi favorables… et elles vont le rester au moins jusqu'à la pointe de l'Afrique du Sud ! Ils naviguent maintenant dans un flux puissant de secteur Nord d'environ 25 noeuds moyens, généré par la compression entre la dépression dans leur sud et l'anticyclone dans leur nord. Ils seront dans plus ou moins quatre jours à la longitude du cap de Bonne Espérance où ils pulvériseront le temps de référence.

Derrière les 7 premiers, la soupe à la grimace !

Derrière, en revanche, c'est plutôt soupe à la grimace. Intercalé entre les meneurs et le peloton Yann Eliès - 8e à 700 milles du leader - n'est plus dans le même système. Il parvient à tenir une vitesse supérieure à 16 noeuds et pourrait limiter les dégâts via un trou de souris et une route beaucoup plus Nord que celle des leaders. Mais il aura au bas mot deux jours de retard pour l'entrée dans l'océan Indien. L'addition sera forcément plus salée encore pour tous les bateaux à partir de la 9e place de Jean Le Cam.

A leurs latitudes brésiliennes, ils ont deux fois moins de vent que les meneurs et peinent à dépasser les dix noeuds… soit deux fois moins de vitesse qu'en tête de flotte. Reste qu'à chaque latitude du classement de jolis matchs dans le match maintiennent les marins aux aguets au moment d'entamer cette troisième semaine qui marquera l'entrée des leaders dans les fameuses mers du Sud.

Le peloton et le troisième groupe, eux, devront se débrouiller pour accrocher au mieux un nouveau train de dépressions afin de retraverser eux aussi l'Atlantique vers l'Est. Mais ce ne sera pas simple, car des zones de vents faibles barrent la route, comme le signalait Fabrice Amedeo à la vacation ce matin.

Vendée Globe - Alex Thomson garde son avance, malgré un foil en moins !

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