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Vers une augmentation des actes de piraterie en Somalie pour 2017 ?

La piraterie au large de la Corne de l'Afrique semble en pleine recrudescence depuis le début de l'année. Les attaques ont eu lieu au large du Puntland, une région semi-autonome de la Somalie et connue pour être un vivier de pirates.

Vers une augmentation des actes de piraterie en Somalie pour 2017 ?

La fréquence des attaques pour le début de l'année 2017 est inédite, alors qu'une batterie de mesures est mise en place depuis 10 ans par les pays membres de l'OTAN, la Russie, la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et le Japon, dont la seule base navale ultramarine se situe à Djibouti.

En 2009 a ainsi été créé l'IRTC (Internationally Recommanded Transit Corridor), un corridor de passage de la mer d'Aden à la mer Rouge, où les navires civils doivent circuler en convois, et la plupart des cargos ont maintenant à bord des contractuels de sociétés de sécurité privées.

Le pic a été atteint en 2011, avec pour le seul mois de janvier 32 bateaux détenus par les pirates et 736 otages ; sur toute l'année 2011, 171 navires ont été attaqués par les pirates.

Mais suite aux réactions des différents gouvernements, l'activité de piraterie a chuté de 70 % entre 2011 et 2012, pour n'atteindre que deux attaques en 2014 et aucune en 2015.

Trois attaques en deux mois

La première attaque de 2017 s'est déroulée le 13 mars avec le détournement par des pirates somaliens du pétrolier sri-lankais Aris 13. Ce cas constitue une première depuis 2012, dernière année où un navire commercial avait été attaqué. Le tanker bat pavillon sri-lankais et transporte alors du pétrole et du gaz de Djibouti à Mogadiscio .

L'Aris 13 est capturé le lundi 13 mars par deux embarcations rapides et rapidement détourné vers les côtes du Puntland, avec à son bord huit membres d'équipage sri-lankais pris en otage.

Un message de détresse lancé dans l'après-midi, dans lequel le capitaine indique être suivi par deux skiffs, a permis à des avions de la force européenne de lutte contre la piraterie de suivre sa progression et transmettre sa position aux forces navales. L'Aris 13 est alors amarré près de la ville d'Alula.

Trois jours après la capture, et alors qu'il est au mouillage près d'Habo,sur la pointe nord-est de la Somalie, les gardes-côtes locaux, après avoir envisagé un assaut, ont fait « une offre qu’ils ne pouvaient refuser, et les pirates sont partis », a relaté à l’AFP John Steed, un Anglais responsable de l'Afrique de l’Est pour l’ONG Oceans Beyond Piracy (OPB), une organisation de lutte contre la piraterie et qui supervise régulièrement des libérations d'otages.

D'après lui, les preneurs d'otage ont abandonné le navire et l'équipage avant de se diriger vers Bossasso, ville portuaire et capitale économique du Puntland. L’Aris 13 ne semblait pas être au fait des « meilleures pratiques » mises en place pour éviter le danger : il naviguait lentement, près des côtes et sans aucune escorte armée.

Une deuxième attaque a été menée le 23 mars contre un boutre traditionnel, l'Asayr 2, avec une vingtaine de membres d'équipage pris en otage, avant d'être libérés trois jours plus tard par les pirates.

La troisième et dernière attaque en date s'est produite la semaine dernière, le lundi 3 avril, et concerne un boutre indien, l'Al Kausar, qui transportait des denrées alimentaires de Dubaï vers le port de Bossasso, avec à son bord 10 membres d'équipage, tous indiens.

Une opération de libération a été menée ce lundi 10 avril. Après un assaut des autorités locale, les pirates se sont enfuis du boutre dans une embarcation rapide avec huit des dix otages. Le bateau a donc été récupéré et deux otages en bonne santé ont été libérés. Les membres d'équipage toujours aux mains des pirates sont portés disparus.

La piraterie, qui connaît depuis l'intervention des flottes internationales une forte baisse en Somalie, pourrait devoir cette soudaine augmentation à un relâchement de vigilance de la part des compagnies maritimes.

La piraterie partout en baisse, sauf au Nigeria

Cette recrudescence surprise des attaques au large de la Corne de l'Afrique est inédite, car les actes de piraterie sont en baisse partout dans le monde, sauf au large du Nigeria, où le nombre d'attaques a augmenté de manière significative ces derniers mois.

La piraterie semble s'être déplacée dans le golfe de Guinée, une région qui regorge de champs de pétrole. Le plupart des pirates sont de nationalité nigériane et se cachent dans le labyrinthe de mangroves que constitue le delta du Niger.

Ainsi, entre les mois de janvier et mars 2016, 37 incidents, comprenant prises d'otage et vols à main armée ont été recensés dans la zone par le BMI (Bureau maritime international), basé à Londres.

En décembre 2016, un navire frigorifique russe, le Saronic Breeze a été attaqué par des pirates au large des côtes du Bénin. L'équipage se compose alors de 18 Russes et Ukrainiens. Les pirates prennent avec eux trois otages russes et quittent le navire.

Le 5 février dernier, c'est un cargo qui est attaqué dans les eaux territoriales du Nigeria. Il s'agit du BBC Caribbean, appartenant à la compagnie allemande Brise Schiffahrts. Il reliait Douala, au Cameroun, à Las Palmas, aux îles Canaries. 8 membres d'équipage (sept Russes et un Ukrainien) sont enlevés.

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