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Bruno Voisard (Boat Club de France) – Nous allons passer commande de 40 bateaux pour développer nos bases

ActuNautique a rencontré Bruno Voisard, président du Boat Club de France, un an après le lancement de ce concept révolutionnaire.

Martine Secher et Bruno Voisard, du Boat Club de France
Martine Secher et Bruno Voisard, du Boat Club de France
Martine Secher et Bruno Voisard, du Boat Club de France

Martine Secher et Bruno Voisard, du Boat Club de France

Bruno Voisard, quel bilan dressez-vous du Boat Club de France, un an après sa création ?

Bruno Voisard - Nous avons démarré avec trois bases à Piriac, Pornic et à La Baule. Le concept a été très apprécié, et nos premiers membres nous ont même envoyé leurs amis et connaissances ! 

Le concept du Boat Club se situe entre la location, plébiscitée par des plaisanciers qui ont besoin d'un bateau une, deux ou trois fois par an, et l'achat de bateau. Le Boat Club revient beaucoup moins cher que l'achat de bateau : cela représente la moitié du coût d'un bateau pour le même nombre de sorties. 

Comment fonctionne le Boat Club de France ?

Bruno Voisard - Le Boat Club est propriétaire et gestionnaire d'une flotte de bateaux. Nous avons commencé avec des semi-rigides et des coques rigides, comme des Highfield, des Zodiac, et nous disposons également de Jeanneau Cap-Camarat qui vont de 5 à 8 mètres. 

Les membres s'acquittent d'un droit d'entrée, ainsi que d'un paiement mensuel qui leur donnent un certain nombre de points par an. Ils vont dépenser ces points en fonction de la taille du bateau, de la date de la sortie, et éventuellement de l'endroit.

Concrètement : combien coûte un ticket d'entrée « standard », un abonnement, pour combien de temps d'utilisation d'un Cap-Camarat ?

Bruno Voisard – L'offre « Access » représente un droit d'entrée de 1200 euros et un abonnement à 190 euros par mois, et tout cela donne 300 points. 

Pour reprendre votre exemple, le coût d'une journée en semaine à Piriac avec un Cap-Camarat de 5,50 mètres revient à 15 points. Mais notre offre est très souple : la demi-journée revient à 75 % des points, jusqu'à 50 % des points pour deux heures… 

J'imagine que le carburant est à la charge du membre ? 

Bruno Voisard - Le plaisancier paie effectivement le carburant, éventuellement plus s'il y a un peu de casse, ce qui arrive très rarement. Le Boat Club permet de choisir le bateau adapté au type de navigation : un membre qui souhaite faire du ski nautique pourra par exemple choisir le plus petit bateau, tandis que si un autre a besoin de place pour 10-15 personnes, il peut alors prendre un gros semi-rigide, ou un bateau avec cabine. 

L'autre avantage du Boat Club est de pouvoir naviguer aussi facilement que lorsqu'on est propriétaire. Une fois que nos membres sont « scorés », que nous considérons qu'ils utilisent bien leurs bateaux et après les avoir formés, nous organisons par exemple des événements communautaires. 

Qui dit Boat Club dit vie de Club ? 

Bruno Voisard - Tout à fait ! Nous avons des membres expérimentés et d'autres qui le sont moins ; un autre atout du Boat Club est que les débutants qui n'osent pas aller faire une navigation qu'ils trouvent trop difficile peuvent être accompagnés par des membres plus expérimentés. 

Le concept est encore une fois très simple, tout se fait au travers de l'appli du Boat Club de France. On y effectue sa réservation, puis on vient prendre son bateau le jour J., sans avoir besoin de personne. On le rend ensuite simplement sur la base, en effectue sa déclaration de remise du bateau sur l'appli, après avoir fait le plein ! 

C'est beaucoup plus simple que la propriété, puisqu'il n'y a pas besoin de refaire le plein de son bateau la veille, ou de se demander au dernier moment si le bateau est propre, prêt… 

Comment cela se passe-t-il concrètement ? Avez-vous des emplacements dans des ports avec tous vos bateaux réunis ? 

Bruno Voisard – Oui, et nous bénéficions d'un très bon accueil des ports, qui anticipent le passage de la propriété à l'usage, car cette formule pourrait devenir majoritaire chez les plaisanciers dans 10 ans. 

Nous recevons un très bon accueil des ports, des fédérations, des associations des ports d'Atlantique et de Bretagne. Nous avons ensemble une réflexion commune pour penser ces nouveaux usages dans la plaisance. 

Peut-on dire que le principe du Boat Club de France dédramatise l'usage du bateau ?

Bruno Voisard - En effet, nous avons beaucoup de débutants qui viennent vers nous, qui viennent de passer leur permis, qui ont fait le tour des salons nautiques et qui ne savent pas quel bateau choisir pour quelle navigation. 

Le Boat Club est aussi un très bon moyen de réfléchir à un achat futur. Nous formons les débutants, avec une première mise en main des bateaux qui peut durer jusqu'à 4 heures.

Tous ces services sont-ils intégrés dans le coût du Boat Club ?

Bruno Voisard - Bien sûr, tout est intégré dans le club. 
 
Vous avez donc des skippers ?

Bruno Voisard - Oui, pour former les nouveaux membres et les accompagner. Nous organisons également toutes sortes d'événements, des sorties sur une île ou une partie de pêche… 

Diriez-vous que le Boat Club est une communauté ?

Bruno Voisard – C'est communautaire, et certains recherchent cet aspect-là, d'autres non ; nos membres font parfois des sorties à plusieurs bateaux par exemple. 

Bruno Voisard, quel est votre objectif pour 2017-2018 ?

Bruno Voisard – L'objectif, c'est d'ouvrir 10 à 15 nouvelles bases, et nous avons récemment passé commande d'une dizaine d'Highfield, sur la quarantaine de bateaux dont nous aurons besoin pour ces nouvelles bases d'ici à l'an prochain. 

Combien de bateaux avez-vous pour l'instant dans votre flotte ?

Bruno Voisard - Les chiffres ne sont pas significatifs, mais nous avions au départ trois bateaux par base, afin de tester et valider le concept, ce que nous avons réussi. 

Nous avons beaucoup appris sur les souhaits de nos membres, ce qui nous permet d'être vraiment opérationnels aujourd'hui. Nous visons pour l'année prochaine le Sud-Finistère et le Morbihan (dont au moins deux bases dans le Morbihan), mais aussi La Rochelle, Arcachon, peut-être Hendaye, le Golfe de Saint-Tropez, Saint-Cyprien, Port-Camargue, La Grande-Motte, Venise… 

Cela représente au total une quinzaine de bases. Notre modèle nous conduit à soit posséder notre propre base, comme c'est le cas à Piriac, soit à travailler avec un professionnel local, qui s'occupe pour nous de la partie technique, de l'accueil client, l'animation, etc. C'est ce que nous allons faire par exemple à Saint-Tropez. 

Beaucoup d'ambitions, donc, pour 2017-2018 ?

Bruno Voisard – Oui, et nous sommes portés par le concept et les membres, qui apprécient vraiment la démarche. Nous ne savons pas encore quand cela va s'arrêter, mais nous restons très optimistes ! Il suffit de regarder le succès des Boat Clubs aux Etats-Unis, dont le plus grand rassemble 16 000 membres ! 

Je ne vois pas pourquoi dans 5, 10 ans, la France ne serait pas dotée de Boat Clubs importants, le tout étant bien sûr complémentaire de la location, de la propriété et d'autres formes de partage de bateaux. 

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