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Nicolas Chiloff (White Shark Guymarine - 17) - nous cherchons à accroître notre capacité de production

18 mois ont passé depuis le rachat du chantier oléronais White Shark Guymarine par l'industriel orléannais Nicolas Chiloff. Un délai significatif pour dresser un premier bilan d'étape.

Nicolas Chiloff, président du chantier White Shark Guymarine (Oléron - 17)
Nicolas Chiloff, président du chantier White Shark Guymarine (Oléron - 17)
Nicolas Chiloff, président du chantier White Shark Guymarine (Oléron - 17)

Nicolas Chiloff, président du chantier White Shark Guymarine (Oléron - 17)

Nicolas Chiloff, que s'est-il passé depuis 18 mois chez White Shark Guymarine ? 

Nicolas Chiloff – Nous avons travaillé, beaucoup travaillé, parce que le chantier repartait de loin ! La première problématique a été de relancer une production de qualité, et pour cela nous avons donc complètement nettoyé la ligne de production, nomenclaturé tous les bateaux, redéfini toutes les gammes de fabrication et changé les standards de qualité de fabrication de nos bateaux… 

Je pense que nous nous situons désormais dans un standard très haut de gamme ! C'était un pari important, bien sûr, mais je crois que nous l'avons réussi, et nous visons maintenant le « zéro défaut ». 

Cet aspect « qualité » est très important pour nous.

La deuxième problématique a été, en même temps, de réduire nos coûts de fabrication, un objectif que nous avons réussi à allier à nos nouveaux standards de qualité par lé réduction du nombre de nos fournisseurs et une rationalisation de nos approvisionnements ! 

Le troisième point enfin, a été de redonner confiance à notre réseau de distribution, afin de relancer nos deux marques que sont Guymarine et White Shark. Ce pari n'était pas gagné à l'avance, mais je crois que nous l'avons réussi ! Nous sommes passés – à titre d'exemple – de 10 à 60 % d'export en à peine un an, ce qui constitue une belle victoire pour nous !

Justement, combien de bateaux ont été construits cette année par le chantier ?

Nicolas Chiloff – Un certain nombre ! Nous évitons d'ébruiter cela pour le moment, notamment parce que notre gamme est composée de modèles allant de 15 000 à 130 000 euros pour les plus gros, ce qui explique que le nombre de bateaux n'est pas pour nous un critère déterminant… 

Quel chiffre d'affaires pensez-vous réaliser cette année ? 

Nicolas Chiloff – Nous allons largement dépasser le cap des 1,2 millions d'euros, ce qui est très bien pour une première année de redémarrage, et même mieux que ce que nous imaginions !

Réorganisation industrielle, mise en avant de la qualité… Qu'en est-il des produits ?

Nicolas Chiloff – L'important pour nous est d'être en mesure de pouvoir réaliser tous les produits de la gamme, un objectif que nous sommes en train de réussir complètement ! 

Nous travaillons désormais sur l'innovation, et ce dans pour nos deux marques ; en parallèle, nous travaillons sur un nouveau modèle mais ne communiquerons dessus que quand il sera prêt à être commercialisé. Ce lancement constituera un grand événement pour notre chantier !  

Chez Guymarine, la grande évolution, c'est que vous ne faites quasiment plus de moteurs in-board !

Nicolas Chiloff – Tout à fait, nous avons presque entièrement arrêté la fabrication de moteurs inbord. Le marché a changé, qui est très demandeur de modèles hors-bord ! Nous nous sommes donc adaptés à cette nouvelle donne ! Les moteurs hors-bords sont aujourd'hui de très bonne qualité, leur coût est moins élevé que les inbord et l'entretien plus simple à effectuer. Nous avons donc opté pour le 100 % hors-bord, mais nous sommes toujours capables de livrer des coques adaptées à du in-board, et en vendons toujours quelques unes par an. 

Nicolas Chiloff, dans quelles directions travaillez-vous sur la marque White Shark ? 

Nicolas Chiloff – Un  nouveau modèle est en approche.... qui nous permettra d'élargir la gamme, mais c'est une surprise, vous verrez ! 

Aujourd'hui, sur le marché des coques open hors-bord, la tendance est clairement orientée vers de grosses unités. On le voit chez Jeanneau et Bénéteau, mais aussi chez Bayliner, Boston Whaler pour ne citer que ces marques. Verra-t-on un jour un flagship de 35-40 pieds chez White Shark ?

Nicolas Chiloff – Actuellement, nous sommes satisfaits de notre positionnement et je pense que nous sommes un bon leader dans notre domaine, en termes de qualité et de design… Nous allons essayer de rester performants dans notre secteur d'activité, et nous ne sommes pas encore prêts à suivre cette tendance. Chaque chose en son temps !

Quels sont vos premiers marchés à l'export ?

Nicolas Chiloff – De manière assez surprenante, nos meilleurs marchés à l'export sont les marchés britanniques et nordiques (Angleterre, Norvège…). Beaucoup de demandes émanent de ces pays. 

Ceci étant, cette année, ce sont plutôt l'Espagne et l'Italie qui sont à la pointe, donc je pense que le redémarrage de la marque nous ouvre d'autres horizons. Nous devrions nous développer un peu partout en Europe. 

Combien de distributeurs à l'international ?

Nicolas Chiloff – Pour l'instant, nous disposons d'un distributeur exclusif qui a plusieurs agents répartis dans plusieurs pays, et nous réfléchissons actuellement à attribuer d'autres distributeurs dans plusieurs pays, parce que le marché est très large. Nous y réfléchissons. 

Quel est votre objectif sur la saison 2017-2018 en termes de croissance ?

Nicolas Chiloff – Faire aussi bien que cette année ! Je dois dire que le marché se porte très bien, et nous avons fait un très bon Grand Pavois, bien meilleur que l'année dernière. Les perspectives sont relativement bonnes, et nous nous demandons comment nous allons produire tous nos bateaux cette année. 

Des questions se posent, mais nous ne voulons pas brûler les étapes. Nous avons remis notre outil de production dans un état correct, et les gens qui travaillent chez nous sont de grande qualité. 

Nicolas Chiloff, il se dit que vous chercheriez à agrandir votre usine, voire à déménager ?

Nicolas Chiloff – Le problème que nous avons aujourd'hui est que notre atelier est un peu limité en taille, et pour soutenir notre croissance, nous avons forcément des besoins d'extension. 

Est-ce que cela passe par l'acquisition d'une nouvelle usine, ou des partenariats industriels avec des acteurs locaux ?

Nicolas Chiloff – Tout est ouvert !

   

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SL 20/10/2017 09:11

10 bateaux en 2017 pour WS c est peu sauf à considérer comme indiqué qu il s agit de la dernière Annee de transition

J ai connu la fabrication au sein d une unité industrielle performante moderne à l époque du propriétaire des CATANA !! Sur marins Societe cotée la rentabilité n était pas là car pas de volume suffisant mais cela a permis à cette unité de tourner avant l intégration d une fabrication de catamaran donc sur marans d ou la vente de WS

La production est aujourd hui quasi artisanale chez un investisseur industriel qui possède des unités à mon sens susceptibles d accueillir la production

Il y a aussi le non-dit à savoir l opportunité de fabriquer en Pologne