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Barre d'Etel (56) - une équipe de Thalassa chavire et s'échoue

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Le drame évité de justesse pour deux plaisanciers et trois journalistes de Thalassa.

 

Hier, à 15h30, on n'est pas passé loin du drame pour une équipe de l'émission de télévision Thalassa, partie en mer avec un plaisancier sur un petit voilier de 8m, afin de démystifier les dangers supposés de la barre d'Etel !

 

Au passage de la barre, le petit voilier a été déséquilbré et n'a pu virer de bord, du fait d'une écoute bloquée par l'un des camaramen.

 

Le voilier s'est alors dangereusement rapproché de la côte avant de chavirer. L'expérience du plaisancier, enseignant au lycée maritime de Plouhinec et marin aguerri, lui a finalement permis de beacher son voilier qui aura perdu sa grand voile dans l'histoire.

 

Une fois l'alerte donnée, une vedette SNSM s'est déplacée (SNS 244), tout comme les pompiers avec leur jet ski et la gendarmerie. Ne pouvant être pris en remorque, le voilier a finalement été tiré sur la plage à l'aide du tractopelle de la commune.

 

Aucun bléssé n'est à déplorer, et les seules conséquences de cet accident auront été matérielles, puisque outre la grand voile qui n'a pas résisté quand le mât a été submergé, on déplore la destruction d'une caméra.

 

Un moindre mal finalement, qui démontre que la barre d'Etal n'a finalement pas besoin d'être démystifiée, non ?...

 

 

 

 

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Pointud SNPB 14/05/2014 09:37

Et si un accident né d'une (in)suffisance devenait un cas d'école ?
"La mer c'est la mer" dicton d'un vieux marin breton (ou d'ailleurs)... Désuète pour certains mais pleine de bon sens, l'expérience du marin est une valeur irremplaçable. Dans l'histoire en question, celle du skipper a sauvé un équipage composé essentiellement de biffins. Pour le fond de l'histoire les informations sont contradictoires selon les sources, comme toujours...
Selon une version, le tournage prévoyait de montrer les dangers de la barre. Dans ce cas, le reportage est une réussite totale et espérons qu'ils ont sauvé quelques images pour la pédagogie de l'histoire. Mais fallait-il faire tout cela ? Car depuis des siècles tout marin sait bien que la barre d'Etel est très dangereuse.
D'autres sources, les plus nombreuses, annoncent que le tournage voulait démystifier les dangers de la barre. Dans ce cas la démarche relèverait plus du sensationnel que du maritime, ce qui serait inhabituel... Mais imaginons qu'ils soient passés sans encombre. Cela aurait-il démontré que la barre n'est pas dangereuse, ou plutôt "n'est plus dangereuse" ? Car lorsqu'on démystifie, c'est que l'on cherche à « retirer à quelque chose son caractère mystérieux ou trompeusement embellissant en le montrant tel qu'il est réellement ». Finalement c'est ce qu'ils ont fait. Ils ont montré les dangers de la barre tels qu'ils sont. À la barre d'Étel, mystère et réalité sont confondus. Elle est assurément dangereuse, et pas seulement dans la légende. Que les valeurs connues de tous restent intangibles voilà qui est réconfortant. Autrement, on aurait pu croire un instant que les anciens marins qui sont morts sur la barre (et combien!), avaient fait le grand plongeon non par fortune de mer mais à cause de leur croyance en une barre dotée de pouvoirs surnaturels ou de leur méconnaissance de la mer... C'eût été risible et choquant pour leur mémoire alors que par ailleurs l'histoire les reconnaît parmi les plus grands marins... Mais il n'en est rien.
En outre, l'aspect non pédagogique d'un tel sujet d'émission aurait été d'une incongruité totale à une époque ou partout on répète à l'envi, et à juste titre, que la mer est affaire de pratique responsable et de sécurité. Si la barre d'Étel avait été banalisée dans les esprits il y aurait eu d'autres accidents, pas chez les vrais marins bien sût. Mais tout ceci n'est que conjectures, rassurons-nous, il n'en est rien non plus.
Pour conclure en brandissant les certitudes vieux-jeu, notons que c'est le sémaphore de la barre qui a donné l'alerte le premier : veille optique, expérience et humilité sont vraiment les trois « mamelles » du sens marin, pour révéler le mystère perdu du sain(t) entendement...

Marc Pointud