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Ce que coûte un sauvetage en mer...

La  responsabilité du sauvetage en France est assurée par plusieurs  autorités :

  • le premier ministre ou  le ministre chargé de la mer, au niveau politique
  • les préfets maritimes qui exercent leur responsabilité sur le littoral français, au niveau  opérationnel.

Pour  exercer sa responsabilité en matière de sauvegarde de la vie humaine en mer, le  préfet maritime dispose de centres opérationnels, CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage).

Ces  centres de coordination sont placés sous l'autorité organique des DRAM (Direction Régionale des Affaires Maritimes) qui  dépendent eux-mêmes du MEEDDUM (Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer), ministère chargé de la mer. Chaque CROSS  assure une veille permanente 24h/24h dans sa zone de responsabilité.

Les  CROSS ont recours aux moyens de différentes administrations :

  • Les moyens nautiques : La SNSM est le plus gros pourvoyeur de moyens nautiques mais le CROSS peut  également faire appel aux navires de la marine nationale ou aux vedettes des  douanes, des affaires maritimes, des gendarmeries maritime et nationale et des  sapeurs-pompiers.
  • Les moyens aériens : Les  administrations françaises qui fournissent les moyens de sauvetage aériens aux  CROSS sont la marine nationale, les douanes, l'armée de l'air, la sécurité  civile et la gendarmerie.

Depuis  la convention de 1910, «aucune rémunération n'est due par les personnes  dont les vies ont été sauvées». Le sauvetage des personnes répond depuis  lors à une exigence absolue de «gratuité» : le sauvé n'a rien  à débourser, son sauveteur rien à réclamer.

 

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Mais  il n'en va pas de même de la notion d'assistance aux biens, action qui demande aux  intéressés une contribution pour le service rendu. Toute la subtilité vient du  fait de faire la distinction entre le sauvetage et l'assistance.

Mais  le principe de gratuité du sauvetage ne doit pas faire oublier la lourdeur des  coûts engendrés par cette action. Le premier sauveteur est l'Etat car il  fournit les moyens de sauvetage les plus onéreux. Le coût d'un sauvetage en mer  est déterminé en prenant en compte les coûts fixes pour l'Etat ainsi que les  coûts directs, basés sur les statistiques du temps d'utilisation de chaque  moyen.

En  1991, le coût total de la mission de secours maritime s'élevait à presque 38 M  €.

En 2008, ce budget a été pratiquement multiplié par deux, en s'élevant à  plus de 70 M €, partagé entre environ 55 M € de coûts fixes et 15 M € de coûts  directs. Ces chiffres sont abstraits car ils comprennent les coûts de tous les  moyens matériels, humains, mobiliers et immobiliers mis à disposition des  professionnels pour un éventuel sauvetage maritime.

Chaque  moyen implique des coûts d'entretien tout au long de l'année. De plus, des  entrainements réguliers sont prévus afin de maintenir les dispositifs  aéromaritimes et le personnel opérationnels. Il est à noter que la marine  nationale est l'administration qui engage près de deux tiers du total des  sommes dépensées au profit des naufragés.

Pour  être plus concret, il est intéressant de jeter un œil sur le coût horaire des  moyens engagés lors d'un secours en mer. En effet, il est important que chacun  ait conscience de ces sommes avant de sortir en mer. Une attitude irresponsable  lors de prévisions météos risquées, par exemple, peut ainsi coûter très cher.

 

information : premar

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stephsea 31/08/2011 10:19


On peut se demander quel est l'objectif de cette communication sur le cout du sauvetage en mer. Il semble, même si ce n'est pas évident, que le rédacteur soit PREMA, c'est à dire préfecture
maritime. L'objectif est il réellement d'inciter les usagers de la mer à la prudence? Il y a pourtant des moyens plus efficaces pour "éduquer les masses" que de parler du cout de l'éventuel secours
de leur vie. A t'on déjà entendu un appel à la prudence routière sur le thème du cout de chaque vie sauvée (ou pas d'ailleurs, car les secours sont parfois incapables de nous sauver...)? Quel est
donc le sous entendu de la Préfecture, et de l'état qui se trouve derrière? Essaie t'on ici de nous culpabiliser, ou de nous inciter à accepter des secours à la vie payants, comme c'est le cas en
montagne maintenant? Il y a pourtant des conventions internationales qui mettent la secours vital en dehors de tout "commerce", mais aussi la notion légale et simple d'assistance à personne en
danger. De plus, le calcul du cout du sauvetage est une imposture. Les infrastructures nécessaires à la sécurité coutent la même somme qu'il y ai secours ou pas. La différence éventuelle est quasi
systématiquement absorbée par les entrainements, car les budgets annuels sont plus ou moins fixes pour chaque organisme opérationnel. Je préférerai moi voir des statistiques comparées sur le
résultat de ces secours, sur leur efficacité, y compris en incluant la comparaison à d'autres bassins comparables. On pourrait alors distinguer des organisme plus ou moins efficaces et donc plus ou
moins couteux, et encore avec quelques analyses de pondération...