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Comment l'administration française pousse le chantier français Ecocéane à délocaliser

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Une histoire incroyable qui démontre toute l'absurdité de la technocratie française !

 

A la base, l'histoire pourrait être assez extraordinaire : un bureau d'étude français, Ecocéane, créé en 2004, qui après 5 ans de R&D, lance les premiers navires de dépollution, capables de récupérer du pétrole en mer, lors des marées noires. Des navires construits en France, par des chantiers tels Piriou ou Socarenam.

 

Un concept révolutionnaire, unique en son genre, plébiscité dans le monde entier.

 

En bref, un leader mondial, un Apple français, mais dans l'industrie navale, riche de brevets et d'un vrai savoir faire.

 

Un savoir-faire utile car actuellement, lors de marées noires, il est quasiment impossible de récupérer du pétrole à la surface de la mer, les technologies existant consistant soit à en briser les molécules pour le faire couler, quand il s'agit de brut léger, soit de le récupérer souillé à terre ou sous forme de "mayonnaise", technique coûteuse nécessitant un chauffage, lente et particulièrement onéreuse.

 

Ecocéane, c'est aussi une réussite commerciale partout dans le monde, avec près de 80 navires vendus.

 

Partout, sauf en France, comme si Apple, né en Californie, n'avait pas bénéficié de son marché national pour se développer ! Et c'est là que le bât blesse.

 

Depuis 2009, les deux autorités françaises en charge de délivrer l'homologation des navires anti-pollution du chantier Ecocéane, le Ceppol et le Cedre (Brest), refusent de le faire, parce que le bassin de test est... trop petit, ces bateaux ne pouvant donc être testés que lors d'une véritable marée noire !! Du Courteline...

 

Privé de ces homologations, le chantier français se voit donc rejetté des appels d'offres français et européens, la structure européenne en charge de le lutte contre la pollution marine, l'EMSA, se basant sur les sociétés dûment homologuées dans leurs pays respectifs !

 

Cette situation est d'autant plus ubuesque qu'en Octobre dernier, lors d'un appel d'offre lancé par Taïwan pour l'acquisition de navires de lutte contre le marées noires, un représentant du Cedre est intervenu lors d'une conférence, pour indiquer que la société Ecocéane n'était pas homologuée en France. Cette intervention malheureuse qui consiste pour un organisme français à torpiller une société nationale, caricaturale, n'a toutefois pas suscité le moindre doute auprès des autorités taïwanaises, qui ont passé commande auprès d'Ecocéane...

 

Soutenu par Oseo, Ubi France et Total Développement, Ecocéane a su démontrer son savoir faire technique et commercial. Aujourd'hui, la société pourrait, selon son dirigeant, employer près de 2500 salariés si l'administration française ne l'avait pas bloqué de la sorte.

 

Dans ce contexte, son président, Eric vial, menace de délocaliser toute la production de la France vers les Etats-Unis ou la Russie, si le problème d'homologation de ses navires subsiste. De quoi créer des emplois industriel qualifiés, mais pas chez nous !! 

 

La rédaction d'ActuNautique a cherché ce jour à contacter la direction du Cedre, sans succès. Il nous a été répondu au téléphone qu'elle était en vacances, et que l'on ne savait pas nous dire, quand elle reviendrait. 

 

Pendant ce temps là, Ecocéane a vendu un navire à Gazprom, pour ses campagnes en Arctique, et vient de signer des Joint Ventures au Brésil et aux Etats-Unis...

 

A méditer...

 

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thiollier 02/09/2013 13:57

Histoire pit.oyable d'une administration francaise qui oublie que ses fonctionnaires sont payés grace a la valeur créée par ceux qui ont du talent.
La France c'est Bolt qui doit faire un 100m en finale des Jeux Olympiques avec un sac de 30 kg sur les epaules.
A mediatiser largement histoire de mettre en lumiere leur betise.

christie alan 02/09/2013 13:44

Ce dossier est pour ma part un n-ième constat (expériences personnelles) triste et affligeant de la toute puissance, de l'autisme et du clientélisme des fermiers généraux qui gère l'administration
française. C'est triste et dramatique.
Nul doute que les chômeurs de la région apprécieront !!...
A quand "la nuit du 4 août" de l'administration française, qui donnerait enfin à ce pays une chance de respirer et d'avancer ??

BARREAU 30/08/2013 19:34

En situation de crise financière, de recherche d'économie et donc d'efficacité il est consternant de voir à quel point des administrations aussi en vue que le CEDRE tombent dans la malhonnêteté la
plus achevée pour préserver des intérêts contre productifs pour le contribuable.

Une injustice aussi grosse finira cependant par revenir en boomerang et fera de gros dégâts un jour ou l'autre comme une belle marée noire...

Olivier

Jean Louis 30/08/2013 11:16

Les équipements existant actuellement permettent certes de pomper du pétrole en mer, mais il en résulte une mayonnaise du fait des techniques existant, mayonnaise qui se forme par l'émulsion d'eau
et de pétrole. Cette émulsion ne peut être transportée qu'en petites quantités et traitée de même, en la chauffant dans des cuves, sous le point d'enflammement du pétrole : 60°. Cette technique,
mise en oeuvre par le Ceppol est dangereuse et très coûteuse, peu productive en outre.
L'EMSA dispose de 10 pétroliers en Europe, chargés de transporter le pétrole pompé en mer lors de marées noires : ils n'ont jamais été utilisés, car si l'on peut charger la mayonnaise dans un
pétrolier, il est impossible de la vider, du fait de sa texture.
Lé récupération de pétrole non mélangé à de l'eau de mer est la raison du succès des technologies développées par la société Ecocéane. Le pétrole récupéré en mer par les navires de cette société
peut directement être transvasé dans des bateaux citerne, car le pétrole est récupéré puis décanté.
Il serait intéressant de comprendre à qui profite en France, la non homologation de leurs navires ??

Corvaisier 30/08/2013 10:56

Il me semble inexact d'écrire que " actuellement, lors de marées noires, il est quasiment impossible de récupérer du pétrole à la surface de la mer, les technologies existant consistant soit à en
briser les molécules pour le faire couler, quand il s'agit de brut léger, soit de le récupérer souillé à terre ou sous forme de "mayonnaise", technique coûteuse nécessitant un chauffage, lente et
particulièrement onéreuse. " En effet l'équipement en navires de dépollution qui interviennent en mer par récupération mécanique du pétrole est effectif depuis plusieurs années notamment à Brest.

Pierre 29/08/2013 21:15

C'est à Mr. Le Foll qu'il faut faire suivre cet article avec copie aux services de Mr. Montebourg !!!! Ça ne peut plus durer ce bordel administratif !!!