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Déchets aquatiques (5/5) - les actions menées en France pour lutter contre

Les connaissances concernant les déchets dans le milieu aquatique français sont acquises grâce aux travaux menés par le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE) et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) mais aussi par des associations locales.

 

Une étude a été lancée par l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) afin de mieux connaître la nature et les flux de déchets ainsi que toutes les actions déjà menées. Les premiers résultats, diffusés en janvier 2011, permettront de mieux estimer le coût des actions de lutte contre les déchets aquatiques à mettre en place, mais aussi d’harmoniser les grilles de comptabilisation utilisées par les différents acteurs du secteur, afin de disposer d’un ensemble de données permettant les comparaisons.

 

En amont : réduire la quantité de déchets produits en France

 

Les grandes priorités d’actions sont :

  • Inciter à produire moins de déchets par des campagnes de sensibilisation et d'information auprès des citoyens et des collectivités locales
  •  Augmenter le recyclage
  • Encadrer et faire évoluer l’incinération :  quantité des déchets incinérés, adaptation de la fiscalité sur les outils de traitement des déchets…).

En aval : ramasser les déchets aquatiques 

  • Sur les plages et le littoral

Le ramassage, manuel ou à l’aide de machines spécialisées, les « cribleuses » est pris en charge par les collectivités, des associations ou structures de réinsertion et des bénévoles.
 

  • Dans les ports 

Aujourd’hui, tous les ports maritimes français disposent d’un « plan de réception et de traitement des déchets ». Depuis 2008, la réalisation et l’actualisation tous les 3 ans d’un tel plan est un des critères obligatoires pour obtenir  le label « Pavillon bleu » pour les ports.

  • Dans les rivières, fleuves et canaux

Des « barrages flottants » peuvent être installés là où les déchets ont tendance à s’accumuler. Les gestionnaires d’ouvrage - pour la navigation : Voies Navigables de France- ou pour la production d’électricité – EDFramassent les déchets.

  • En mer

Le ramassage des déchets en mer est très complexe car les ils s’étendent sur d’immenses superficies, et les « micro-déchets » ne peuvent être ramassés. L’implication des pêcheurs est nécessaire, pour les macro déchets, notamment ceux issus de l’activité de pêche. Depuis 2008 une rémunération financière leur est proposée en échange d’un engagement à certaines pratiques de « pêche durable » , dont le ramassage des déchets. (« Ce sont les contrats bleus » avec le ministère de l’Agriculture),Ce type d’initiative se développe aussi avec succès en mer du Nord . Plusieurs référentiels de « pêche durable » ont également été construits par des associations ou des collectivités.

 

dechets-aquatiques pollution mer et oceans

 

Des pistes pour aller plus loin

 

Un ensemble de recommandations a été formulé dans le cadre du Grenelle Environnement et du Grenelle de la Mer.
 
Diminuer la quantité de déchets en mer 

  • Encourager l’écoconception  des objets  : favoriser les produits biodégradables, les objets qui ont une longue durée de vie....
  • Sensibiliser le public aux enjeux des déchets en mer et l'inciter à modifier ses pratiques, par des campagnes de communication, apposition d’avertissements « interdiction de jeter dans les toilettes »)- voir
  • Réduire l’envol au cours du traitement des déchets. De nouvelles obligations permettant d’éviter l’envol des déchets ont été établies en 2010 pour les installations classées « tri, transit, regroupement de déchets non dangereux ») ;
  • Renforcer la réglementation sur les déchets et renforcer les sanctions administratives et pénales pour l’abandon de déchets.  A Brest, un tribunal est spécialisé sur les pollutions maritimes, d’autres tribunaux pourraient par exemple être créés sur ce modèle.
  • Améliorer les capacités de traitement des déchets
  • Mettre en place des filières spécifiques, par exemple pour la collecte et le traitement des déchets issus de la pêche (engins de pêche usagés ou abandonnés) ;
  • Concentrer les efforts de ramassage dans les lieux et aux périodes où ils risquent de s’accumuler, comme les plages en été.
  • Equiper toutes les stations de traitement des eaux usées de grilles spécifiques permettant d’éliminer ces déchets avant de rejeter l’eau dans la nature ;
  • Mieux coordonner le ramassage des déchets et augmenter les capacités de financement au plan local en rassemblant tous les acteurs impliqués.

 Améliorer la connaissance et échanger les bonnes pratiques

  • Favoriser les échanges entre les différents acteurs impliqués dans la gestion des déchets aquatiques
  • Mener des études pour approfondir la connaissance sur les déchets aquatiques
  • Une meilleure prise en compte de la problématique « déchets aquatiques » dans l’ensemble des politiques publiques
  • Des actions de prévention et de lutte contre les déchets en milieu aquatique pourraient notamment être intégrées aux politiques de gestion de l’eau : prochains schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et leurs déclinaisons locales (schémas d’aménagement et de gestion des eaux -SAGE-, contrats de baie, contrats de rivière).

 

Dossier DECHETS AQUATIQUES

 

1/5 - Déchets aquatiques, une situation préoccupante

2/5 - Déchets aquatiques, d'où viennent-ils ?

3/5 - L'impact des déchets aquatiques sur l’environnement

4/5 - La réglementation relative aux déchets aquatiques

5/5 - les actions menées en France pour lutter contre

 

 

Info / photo : Meddtl

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