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Les chantiers navals du Guip ont le vent en poupe

Le moins que l'on puisse dire est que les chantiers navals du Guip de l'île aux Moines, de Brest et de Lorient, ont le vent en poupe !

 

Au fil des années, ils se sont imposés comme une adresse incontournable pour les amateurs et professionnels, propriétaires de gréements traditionnels. Leur savoir-faire se fait savoir en France et à l'étranger. A mi-chemin entre l'artisanat et l'art, il est des charpentiers qui remontent le temps comme d'autres remontent le vent !

 

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Les Guip de l'île aux Moines

 

Trois mâts, 42 m2  de toile, des embarcations de 11,65 mètres qui marchent à la voile et à la force des bras de 10 rameurs: ce sont les yoles de Bantry. Des chaloupes du XVIIIe siècle qui commencent, dans les régates, à occuper le devant de la scène lors de rencontres internationales de jeunes marins.

 

Deux unités de ce type, 4 000 heures de boulot, sont sorties en fin d'année dernière des chantiers du Guip et ont été chargées à bord d'un cargo en route vers la Guinée Équatoriale. « Là-bas, elles ont été réceptionnées par le ministère de la Défense et ont pris la direction de l'Ecole navale de Bata », explique Paul Bonnel. Et il n'y aura rien à redire sur le service après-vente du chantier. « Deux de ses membres ont décollé pour assurer la prise en mains des deux nouveaux nés. » Les bons charpentiers sont en général de bons marins et de bons pédagogues.

 

Autre actualité, autre mise à l'eau en vue, concernant la commande de sept coques de Guépard: deux d'entr'elles sont déjà terminées, les cinq autres sont prévues pour livraison en avril ou mai.

 

Le Naoned, magnifique plan Harlé de 10,50 mètres, en bois moulé, du centre nautique de Nantes, est lui aussi, en standby au chantier. Après deux transats, il convient de revoir sa structure axiale et de déposer son lest. Avant qu'il ne reparte pour remoucher son étrave dans des eaux plus ou moins hospitalières.

 

Escale obligée encore pour Joli Vent, réparations et aménagements au programme pour ce Sinago de 1953, voilier de 11,60 qui espère bien retrouver  la vigueur de ses vingt ans après un checkup complet.

 

Tout cela sous le regard de 130 autres bateaux en hivernage dans le même lieu. « Nous sommes à bloc de boulot », indique Paul Bonnel, à la tête d'un chantier victime de son succès et toujours à la hauteur de sa réputation.

 

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Le Guip à Brest, Tonnerres de Brest à l'horizon

 

Au chantier du Guip brestois, concert de ciseaux à bois. Les grandes fêtes maritimes, c'est pour juillet 2012; les charpentiers ont du pain sur la planche pour remettre à flot des unités qui se présenteront aux Tonnerres de Brest, toutes voiles dehors.

 

En ce début 2012, une première nouvelle en forme de coup de Tonnerre. Une nouvelle qui mesure 35 mètres de long, hors-tout. C'est l'entrée en chantier de la Fée de l'Aulne. Le résultat d'une convention signée, le mercredi 4 avril au chantier avec, réunis autour d'une même table, Yann Mauffret, pour le chantier du Guip brestois, Tristan Botcazou, pour l'association de la  Fée de l'Aulne, fée des îles et  François Cuillandre pour Brest Métropole habitat qui fêtera, cette année, ses 90 ans. L'office se jette à l'eau pour ce projet fédérateur, qui concernera ses salariés et ses locataires de différents quartiers de la ville. Quoi de mieux qu'un sablier comme symbole à la reconstruction du Brest d'après-guerre ...

 

Construit en 1957 au chantier Kéraudren, de Camaret, le bateau nécessite des travaux de charpente, préceintes, panneaux de cales, reprise des bordés. Quelques mois de boulot et le navire, d'un déplacement de 200 tonnes, sera mis à l'eau le 13 juillet pour  la grande parade maritime brestoise...

 

Egalement: de gros travaux en cours sur le Saint-Guénolé, exploité par le centre nautique Armorique et propriété de la ville de Plougastel-Daoulas. Une unité classée Monument historique en 1993. L'un des derniers coquillers à voile de la rade (comme la Bergère de Domrémy) participera, lui aussi, aux Tonnerres de Brest.  Il va bénéficier d'une restauration globale et les charpentiers sont déjà à pied d'oeuvre. Au menu: reprise de la structure axiale, bordage de la coque, réfection aménagements pont et zone moteur.

 

Il naviguera de concert avec la chaloupe Marie-Claudine, reproduction XVIIIe,  qui sera prête, comme lui, pour le grand rendez-vous. Pour faire claquer ses voiles au vent de l'histoire !

 

 

Après le Runa IV, le Runa VI

 

A part cela, quoi de neuf du côté des bateaux bois? Une bonne nouvelle qui vient encore gratifier le savoir-faire des professionnels du chantier. Après 10 000 heures de travail, le splendide yawl aurique Runa IV, revu du lest au gréement par les charpentiers du Guip est vu, dans le Sud, comme un chef-d'œuvre. Skippé par Bruno Troublé, fondateur de la coupe Louis-Vuitton, le bateau a retrouvé la Méditerranée et le Mistral gagnant. Résultat: Yves Carcelle, son propriétaire, qui sait apprécier le boulot à sa juste valeur, vient de confier le Runa VI aux artistes du Guip de Brest.

 

Il s'agit cette fois d'un cotre aurique de 11 mètres, datant de 1928, qui devrait être livré en 2013 à son armateur du Sud. « Pour l'heure nous sommes encore dans la phase de la recherche historique, en quête de documents », précise Yann Mauffret, pas du style à se contenter de l'à-peu-près.

 

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Guip Lorient, le thonier Biche pour la Volvo Race et Brest 2012

 

A Lorient, restauration du Biche, dernier thonier à voile groisillon, construit en 1934 et arraché à l'oubli par quelques passionnés. Le navire subit une sacrée cure de jouvence au chantier du Guip.  Les charpentiers viennent d'achever le travail de structure axiale, membrures et serres,  pose de bordés, barrotage.  Et c'est parti pour la pose du pont et du pavois.

 

La coque va retrouver ses lignes d'antan et la belle unité pourra alors fièrement  affronter les flots pour accueillir l'étape de la Volvo Race à Lorient, l'été prochain. Elle présentera également son tribord le long des côtes de Bretagne-Sud. Pour rejoindre les Tonnerres de Brest 2012.

 

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