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Mini Transat - Bertrand Delesne dans les starting blocks avec Team Work

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La Direction de la Mini Transat vient d'annoncer le "Code Vert", code couleur de départ de la Mini Transat plusieurs fois reporté depuis le 13 octobre en raisons des mauvaises conditions météorologiques.

 

Une longue attente pour les 84 solitaires qui prennent le départ de la course qui les mènera à Lanzarote, aux Canaries puis à Pointe à Pitre, en Guadeloupe. 

 

Bertrand Delesne, un des grands favoris de l'édition, toujours détenteur du nombre de milles parcourus en 24h, nous explique son état d'esprit à l'annonce du départ. Départ qui sera donné mardi matin.

 

 

La Mini Transat devait partir le 13 octobre mais les mauvaises conditions météo ont forcé le report du départ. Comment as-tu vécu ce report ?

Bertrand Delesne: " On fait avec !  Je sais que pour la direction de course les choses ne sont vraiment pas simples car la météo est très difficile et a changé brusquement. Les gens ne se rendent pas forcément compte mais ça fait un moment que ça souffle comme ce week-end en Bretagne, le long du Portugal et notamment au point de passage délicat du Cap Finisterre qui nous concerne directement. Dans ces endroits là, au près avec des perturbations intensives, mieux vaut ne pas se présenter avec un bateau à voile - Sauf en brise glace! "

 

Pendant cette attente, comment as-tu occupé tes journées?

BD: " Le bateau était prêt pour le départ du 13 octobre nous avions beaucoup travaillé pour ça avant. J'en ai profité pour gérer pas mal de choses terrestres des papiers du rangement et du sport, Me reposer aussi car mine de rien on arrive vite à se mettre dans le rouge avec ce genre de projet sportif en solitaire déjà a terre."

 

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Le parcours a changé, cap sur la Guadeloupe et non plus vers le Brésil: en termes de stratégie, ça change beaucoup de choses?

BD: "Oui, cette nouvelle destination apporte une toute nouvelle note à cette traversée. Ce qui change beaucoup c'est déjà la date de départ nous le vivons pleinement en ce moment... Et en théorie la seconde étape qui cette fois sans passage du poteau noire ni de l'Équateur nous offrirait normalement pas mal de navigation en mode glisse! Une mini Route du Rhum quelque part! Même parcours mais mini sont les bateaux."

 

Tu es l'un des grands favoris de cette édition: comment gères-tu cette étiquette?

BD: " Cette année je le vis très bien à la différence de 2011 où je n'avais pas de sponsor je suis vraiment bien accompagné. Pour le moment je suis le schéma de performance que je m'étais fixé, c'est à dire une montée en puissance au fil des courses de la saison en vue de la Mini Transat. J'ai beaucoup travaillé sur des modifications du bateau cet hiver; pas question pour moi de récupérer le travail d'un autre ou de me lancer avec un autre bateau, le but était de transformer le 754 suivant mes expériences vécues, TeamWork proto est vraiment abouti. Ça c'est du temps à consacrer…"

 

Gwénolé Gahinet, Giancarlo Pedote, Stan Maslard… Qu'est ce qui peut faire la différence face aux autres favoris?

BD:  " Comme à chaque édition, je ne prends pas la concurrence à la légère. Il y a toujours des concurrents qui se battent et il faut de la réussite dans cette course bien particulière. Mais personne ne m'impressionne. Je viens faire un dernier tour d'arène avec mon fidèle destrier, c est tout ! J'ai un bateau que je connais sur le bout des doigts pour l'avoir construit, fiabilisé et optimisé.  Je l'ai mené 2 fois de l'autre côté de l'Atlantique avec de jolies places. C'est une vraie histoire pour lui comme pour moi et pour mon sponsor "TeamWork" qui m'accompagne. La mini c'est la vraie aventure, on dépend vraiment de peu de choses tout seul au large avec des prototypes lancé à pleine vitesse."

 

Tu as construit ton bateau et tu le connais vraiment bien, est-ce un atout ? As-tu fait des modifications depuis ta dernière transat ? 

BD: "C'est un atout dans l'école de la Mini de pouvoir construire ou participer à la construction d'un bateau. C'est aujourd'hui la seule classe qui permet à un skipper de toucher à tous les domaines et paramètres qui existent.: développement,  technologie, recherche de performance, conception optimisation etc. J'ai encore appris de belles choses cette année et pour moi la Mini n'est pas qu'une place de passage. Sur un gros bateau il faudrait des années et des années pour pouvoir toucher à chaque métier qui font l'entité d'un bateau de course. J'ai vraiment mis tout mon cœur et tout mon temps quand j'ai construit mon prototype n° 754, Raging Bull, en 2009... Je peux pas tout dire mais parfois, on se parle mon bateau et moi!" 

 

La direction de course vient d'annoncer un départ possible mardi matin : te sens-tu prêt ? Les conditions seront elles maniables ?

BD: "Je serai toujours prêt à partir quand il le faudra et quand le décidera la direction de course, je leur fais vraiment confiance pour déterminer le bon moment. J'espère pouvoir rallier la Guadeloupe dans les meilleures conditions possibles mais la première étape s'annonce musclée. Dans la nuit de lundi à mardi, les prévisions annoncent des vents de 25 à 30 noeuds de secteur Nord Ouest. Ce vent devrait mollir dans la journée de mardi avec cependant une forte houle de 6 mètres mardi matin. Les conditions seront sportives. Mardi soir, la houle devrait diminuer un peu et atteindre 3,5 m à 4m. Enfin, dans la nuit de mardi à mercredi, la dorsale touchera le Golfe de Gascogne et le sytème s'amortira un peu avant de reprendre en intensité: 25 noeuds de vent de secteur Sud Ouest sont à prévoir au niveau du Cap Finisterre, vendredi 1er novembre après-midi. Ce ne sera pas une première étape facile."

 

Propos recueillis par Capucine Trochet

 

=> L'actualité de la Mini Transat sur ActuNautique.com

 

photo - G. Grange / Eric Mezieres

 

 

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