Vendredi 8 juin 2012 5 08 /06 /Juin /2012 00:15
- Publié dans : Technique - pratique - nouveaux produits

Pour la société française Plastimo-Navimo, le spécialiste lorientais de l'accastillage, les semaines à venir seront des semaines de vérité, qui pourraient bien déboucher sur une vente de la société par appartements, en bref son dépeçage.

 

Le 25 mai dernier, le tribunal de commerce de Lorient a en effet accepté sa demande de placement en redressement judiciaire, eu égard à sa déclaration de cessation des paiements. 

 

A Lorient cette situation n'a finalement étonné personne, la société traversant des difficultés depuis de nombreuses années, difficultés auxquelles son dernier PDG, Albert Journo, ne sera pas parvenu à remédier malgré tout le talent qui est le sien.

 

Des difficultés en grande partie issues de l'histoire même de cette société, dont les origines remontent au début des années 60, à Lorient, avec l'avènement de la plaisance et qui débuta son activité dans la fabrication de compas, gilets de sauvetage et autres radeaux de survie et qui s'est développée par rachats successifs, sans jamais vraiment structurer l'ensemble, la société se présentant comme un groupement d'une dizaine de PME sans optimisation transversale.

 

navimo ipad 1

 

Dans le courant des années 90, la société fait l'objet de 3 LBO successifs, des rachats par endettement qui ne feront que l'affaiblir financièrement.

 

Autant dire que dans ce contexte, la crise de 2008-2009 frappe une entreprise particulièrement fragile, aucunement préparée à affronter le gros temps et dont le chiffre d'affaires s'effondre de près de 40%.

 

Le premier actionnaire de l'entreprise, le fonds d'investissement Duke Street fait alors appel à un manager réputé dans le domaine du retournement des entreprises en difficulté, Albert Journo, qui s'est fait un nom dans des entreprises telles Gerflor ou Imaje. 

 

Avec la passion qui l'anime, il parvient a effacer quasiment les dettes de la société et en devient l'actionnaire de référence, bien décidé qu'il est de redonner un nouveau souffle à l'entreprise et à s'y investir pour un long moment. Sous sa houlette, le groupe est restructuré, réorganisé. Las, la rechute du marché en 2010 vient à bout de tous ses efforts et la société affiche une perte de 8.6 millions d'euros en 2011, pour un chiffre d'affaires de 82 millions.

 

Disposant désormais de 6 mois de période d'observation, la société  Plastimo-Navimo n'aura que peu de choix devant elle pour rebondir, et le scénario le plus probable qui s'offrira à elle sera sans nul doute une vente successive de ses différentes activités, les plus rentables devant logiquement "partir en premier".

 

Une bien mauvaise nouvelle pour la société française sont on ne peut espérer qu'une chose : que ses futurs repreneurs soient hexagonaux, la filière française du nautisme ne pouvant souffrir du passage sous pavillon étranger de l'un de ses leaders, avec le risque inhérent de délocalisation que cela induit.

 

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