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Tara Tari ambassadeur de la journée mondiale des océans, au Port Calero

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Le 8 juin avait lieu la journée mondiale des océans.

 

Depuis l'ile de Lanzarote, Capucine Trochet, qui poursuit son périple sur Tara Tari, nous explique ce que représente pour cette journée pour elle qui, depuis des mois, vit en communion avec la mer.  

"L’océan est notre avenir, il faut en prendre soin comme on prendrait soin d’un grand trésor ou d’une personne que l’on aime. Depuis 7 mois, je vis une belle aventure à bord de Tara Tari, petit voilier de pêche du Bangladesh qui à la particularité d'être le premier voilier fabriqué avec de la fibre de jute et des matériaux recyclés. En mer, de France jusqu’à l’île de Lanzarote, j’ai avancé doucement, avec le vent et sans moteur, en vivant au plus proche de l’Océan. Et tous les jours je me suis appliquée et m’applique encore à l’écouter pour le comprendre mieux. Chercher à comprendre l'autre est un premier pas vers le respect.

L’Océan est vivant et comme chacun de nous, il a besoin d’affection. Il y a des petits gestes simples, que nous pouvons tous faire et qui sont de grandes marques d’affection : en ramassant les déchets échoués sur les plage lors d’une promenade, en utilisant un panier et non pas de sacs en plastique pour faire ses courses par exemple : car si un sac plastique flotte dans l’eau, les tortues et les dauphins le prennent pour une méduse, le mangent et ils en meurt. C’est une réalité qui fait mal au cœur et pourtant nous ne faisons pas encore assez d'efforts pour améliorer les choses. Au large, j’ai été bien triste de voir tant de déchets flotter : c’est pire que ce que j’imaginais. Nous devons prendre soin de l’océan pour de vrai : le couvrir d’affection et non plus de déchets.

Tara Tari est un tout petit bateau, et je n’ai donc pas beaucoup de place à bord. Je ne vis qu’avec l’essentiel, qu’avec ce qui est vraiment nécessaire. Pas de gadget, pas d’emballage superflu, pas d’objets en double: juste l’essentiel. Je n’ai à bord ni télévision ni musique mais j’ai des livres et des crayons pour écrire et dessiner et un harmonica aussi. Cela redonne de l’espace à l’imagination, permet un peu plus de créativité. Grâce à mon aventure, j’ai aussi pris conscience que l’on n’a vraiment pas besoin de beaucoup pour vivre bien: il faut faire simple. Réduire nos achats et nos consommations, oublier les modes et revenir aux sources : boire plus d’eau douce, manger des fruits et des légumes de saison cultivés près de chez nous, lire des livres… Ce mode de vie que l’on appelle la simplicité volontaire est une voie d’accès vers le bien être, et en plus il permet d'être plus respectueux de l’environnement. 

Tara Tari est ma petite planète et je dois veiller à mes ressources à bord, pour que l’aventure puisse durer dans le temps, tout en respectant l’Océan. Si mes choix de vie sont considérés un peu extrêmes par le manque de confort et par cette simplicité recherchée, chacun de nous devrions considérer nos maisons comme de petits bateaux aux ressources limitées: aussi bien en énergie, en eau potable ou en gadgets de divertissement. Il faut prendre plus de temps pour réfléchir à tout cela, pour comprendre l'importance et l'urgence de changer certains de nos comportements. Je pense que prendre soin de la nature doit être et devrait être la grande aventure de nos vies."

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