Volvo Ocean Race - les concurrents ont passé le détroit de Malacca

Publié le par ActuNautique.com

Ce n’est que l’entrée du détroit, mais elle est à la hauteur de la réputation de l’endroit.

 

Hier, les bateaux ont passér l’île de Pulau We. Pas de layline, mais une bataille de virements très près de la côte indonésienne. Pas de tourisme tropical, mais une bagarre serrée. 


 

Pulau We, marque de parcours officielle, est à l’entrée du détroit de Malacca. La flotte doit la laisser à tribord avant d’attaquer ce couloir maritime entre Indonésie et Malaisie. 

 

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À 12h10 UTC, c’est Telefónica qui l’a passée en premier. Les Espagnols naviguent à vue avec CAMPER, deuxième et PUMA, troisième. 

 



« On ne pensait pas pouvoir faire la layline, » commente Will Oxley, navigateur pour CAMPER, « et heureusement, les autres n’y sont pas arrivés non plus. Ça a été des virements serrés. En ce moment, Telefónica, PUMA et nous tenons dans un mouchoir de poche au nord de Sumatra. » 


 

« On est tous arrivés ensemble, » confirme Tom Addis, navigateur de PUMA, « et on a enchaîné les virements entre les îles. À bord de Mar Mostro, on a d’abord eu du mal avant de réussir à gagner sur les deux autres. »



 

Une bagarre infernale dans la chaleur tropicale, avec des manœuvres à effectuer à toute vitesse dans 15 à 20 nœuds de vent, et un littoral incroyablement proche. 



 

« J’étais sur le pont à regarder la carte, » continue Addis. « Elle nous a positionnés sur la terre ferme pendant quelques minutes. Donc oui, je peux dire qu’on était assez proches de la côte ! »

 

Oxley : « Maintenant, on doit deviner ce qu’il va falloir faire. On ne veut pas trop coller à la côte nord de Sumatra – il ne devrait y avoir trop de vent par là ce soir. Je pense qu’on va aller vers le nord, vers le large. Ça nous éloigne de l’arrivée mais ce sera meilleur sur le long terme pour les bascules. »

 

« Les prochains jours ne vont pas être calmes. D’abord à cause du trafic maritime et de l’étroitesse du passage (entre 15 et 200 milles de largeur, NDLR), et ensuite parce que nous sommes trois bateaux très proches. Celui qui pointe son nez en premier de l’autre côté du détroit sera probablement dans la meilleure position avant l’arrivée. D’ici Singapour, il y a 500 milles environ. Je me prépare à peu de sommeil. »

 

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Vents légers, forts courants créés par la marée et la mousson, flotte bateaux de pêche et débris flottants s’ajoutent aux dangers de l’endroit. 

 


Pour rythmer ces centaines de milles stressantes, plusieurs marques de parcours : Pulau We, puis quatre marques dans le détroit de Malacca pour empêcher la flotte de descendre trop sud, sept dans le détroit de Singapour et le phare de Horsburgh pour boucler le passage. 

 

Groupama sailing team, relégué en quatrième position à cause de deux grains piégeurs hier soir, reste au contact – cinq milles seulement derrière le leader. Abu Dhabi Ocean Racing, qui a peiné en vitesse sur ce début d’étape, est toujours cinquième. Quant à Team Sanya, sixième, il a perdu du terrain après 24 heures passées dans des grains.

 

« C’est dur, » commente Martin Krite, numéro un du bateau français, « parce que vous naviguez au près pendant des jours, vous essayez de régler au mieux chaque minute et chaque seconde. Tous ces petits ajustements vous font gagner quelques mètres, ici et là. Et puis, voilà, deux nuages vous font perdre des milles et des milles. 

 



« C’est dur, mais il n’y a pas grand chose à y faire. On doit continuer à nous battre. On a hâte d’arriver au détroit – la flotte va se compresser, on a confiance. »

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