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Interview - comment la culture nautique de Charente Maritime essaime en Chine, à Qinhuangdao

Le 4 juillet dernier, à Qinhuangdao, une délégation du Département de la Charente Maritime, dont faisaient partie des représentants du Grand Pavois de La Rochelle, signait un mémorandum tripartite avec la ville de Qinhuangdao et la direction de Hebei Port Group, avec comme objectif de développer la pratique nautique dans cette ville côtière de 3 millions d'habitants, située à une heure à peine en TGV de Pékin. Eco Yachting, l'émission du nautisme et du Yachting d'Actunautique Yachting Art, vous propose d'en savoir plus sur cette démarche, avec Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente Maritime...

Interview - comment la culture nautique de Charente Maritime essaime en Chine, à Qinhuangdao
Interview - comment la culture nautique de Charente Maritime essaime en Chine, à Qinhuangdao

Actunautique - Sylvie Marcilly, vous êtes présidente du conseil départemental de Charente-Maritime. Vous venez de signer un mémorandum tripartite entre votre département, la ville de Qinhuangdao et la direction du port, le Hebei Port Group, pour développer les loisirs nautiques à Qinhuangdao. Pourquoi une telle démarche ? 

Sylvie Marcilly : Cette démarche s’inscrit dans une volonté de partager l’expérience nautique charentaise à l’international, notamment en Chine. Cette histoire a commencé en 2015, dans la province du Liaoning, à Dalian. Nous y y avons implanté notre première école de voile « à la française », en y envoyant des petits dériveurs Optimist et en formant des moniteurs. L’initiative est née sous l’impulsion de Dominique Bussereau, mon prédécesseur, et de Jean-Pierre Raffarin, convaincus du peu de présence française dans le nord-est de la Chine. Des liens ont été noués avec le ministère chinois des Affaires étrangères, et nous avons répondu à des sollicitations visant à promouvoir l’art de vivre et le sport français. Cela nous a ensuite conduits à développer des relations avec la province du Hebei, puis plus précisément avec la ville de Qinhuangdao.

AN - Comment êtes-vous passés de Dalian à Qinhuangdao ?

Sylvie Marcilly : Nous nous sommes appuyés sur notre expérience à Dalian pour lancer une mission exploratoire à Qinhuangdao, en 2018, avec des chefs d’entreprise charentais du secteur nautique. En 2019, une délégation, accompagnée de Grand Pavois Organisation, a rencontré un investisseur privé, M. Wang, et les autorités locales. Cela a abouti à la création du premier Grand Pavois International en Chine, organisé à Qinhuangdao.

AN : Il y avait donc deux volets dans cette coopération : la création d’écoles de voile, mais aussi l’organisation d’un salon nautique.

Sylvie Marcilly : Exactement. Qinhuangdao avait l’ambition de devenir un pôle nautique d’envergure, soutenu par le Hebei Port Group, qui gère le troisième port mondial. Cela a permis de développer des infrastructures, notamment des écoles de voile avec M. Wang. L’idée était de familiariser les jeunes Chinois avec la mer, dans un pays où, historiquement, elle est perçue comme un environnement hostile. Cette démarche s’adresse notamment aux scolaires, pour initier dès le plus jeune âge à la pratique de la voile.

AN : C’est donc un projet à long terme, qui implique aussi un changement culturel.

Sylvie Marcilly : Oui, il s’agit d’un projet structurant. Les jeunes générations découvrent les sports nautiques : voile, wingfoil, kitesurf, paddle. L’objectif est de rendre ces pratiques accessibles à la classe moyenne chinoise, dans une stratégie plus globale pour la Chine, de doper la consommation intérieures par le développement de nouveaux loisirs. C’est aussi un transfert de savoir-faire, entre la France, avec son expérience nautique, et la Chine, qui dispose d'un formidable potentiel inexploité dans ce domaine. Notre pays fait partie des leaders mondiaux de la glisse et de la voile, et notre expertise est reconnue. M. Wang et le Hebei Port Group en sont très conscients.

AN : Concrètement, comment cette démarche s'est-elle déjà concrétisée sur le terrain ?

Sylvie Marcilly : Cette démarche s'est d'ores et déjà traduite par la formation de milliers de jeunes dans les deux écoles de voile basées à Aryana (Anaya) et Qinhuangdao, mais aussi par des conseils sur les infrastructures portuaires, et l’organisation d’un salon nautique, le Quinhuangdao International boat Show Grand Pavois. Cette rapidité de mise en oeuvre, montre bien que les Chinois se tournent progressivement vers la mer. Ils découvrent les plaisirs de la glisse et du nautisme. Pour la Charente-Maritime, cette coopération a plusieurs retombées : le transfert culturel d’une part, avec la diffusion de l’école de voile « à la française », mais aussi des opportunités pour nos entreprises...

AN : oui car ce partenariat représente une formidable vitrine pour l’industrie nautique charentaise, et française.

Sylvie Marcilly : Oui, d'un côté, nous transmettons un art de vivre lié à la mer. De l’autre, nos constructeurs de bateaux bénéficient de nouvelles perspectives commerciales. À travers le Grand Pavois, les Chinois souhaitent attirer des entreprises françaises pour implanter des unités de production sur place. Le nom même du salon nautique de Qinhuangdao — « Qinhuangdao Grand Pavois International Boat Show » — en est la preuve.

ANLe Hebei Port Group semble aussi très intéressé par l’importation de produits charentais...

Sylvie Marcilly : Tout à fait. Lors de notre visite du port de plaisance de Quinhuangdao, les représentants du port ont exprimé un vif intérêt pour commercialiser des produits français au travers du port actuel, mais aussi des ports en développement, qu'il s'agisse de nautisme, mais aussi.... d’ostréiculture, de vin, de cognac. Ce sont des filières qui bénéficient également de cette dynamique.

AN : du sel de l’île de Ré était particulièrement mis en valeurs à Quinhuangdao... 

Sylvie Marcilly :
Oui, c’est une manière de promouvoir l’identité charentaise. Le cognac en particulier est bien plus qu’une marque : c’est un produit incarné, lié à un territoire et à des hommes. Les responsables chinois l’ont bien perçu, et c’est ce type de partenariat durable que nous cherchons à construire.

AN : Prochaine étape : l’accueil en France d’élèves chinois des écoles de voile de Qinhuangdao, pour des stages dans les centres de formation du comité départemental de voile.

Sylvie Marcilly :
Oui, c’est une étape importante. Le premier salon nautique à flot de Qinhuangdao est une réussite. Il a déjà attiré de grandes marques du nautisme. Ce n’est qu’un début. L’objectif est de structurer des rendez-vous réguliers autour de la mer, avec une empreinte française forte, tant industrielle que culturelle.

AN : Les entreprises charentaises, publiques et privées, avancent donc ensemble en Chine.

Sylvie Marcilly :
C’est tout à fait ça. Nous avons réuni tous les acteurs du nautisme français autour de ce projet. C’est un succès collectif, au service de l’économie locale et du rayonnement international de la Charente-Maritime.

Interview - comment la culture nautique de Charente Maritime essaime en Chine, à Qinhuangdao
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