13 Août 2025
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Immense lac alpin d’origine glaciaire, le Léman – souvent appelé lac de Genève du côté francophone suisse – est l’un des joyaux naturels de la région. Avec ses 72 kilomètres de longueur, ses 14 kilomètres de largeur maximale et ses rives partagées entre la Suisse et la France, il constitue un haut lieu de tourisme lacustre, dont les activités nautiques sont à la fois ancrées dans la tradition et tournées vers la modernité.
Les ports de plaisance bordent les deux rives du Léman, à commencer par ceux de Genève, Lausanne, Montreux ou encore Nyon côté suisse, mais aussi Thonon-les-Bains, Évian ou Yvoire côté français. Chacun d’eux offre un accès privilégié au plan d’eau, où les plaisanciers peuvent embarquer pour une sortie de quelques heures ou pour une traversée transfrontalière.
La voile tient une place prépondérante sur le Léman. Dès le retour des beaux jours, des centaines de voiliers déploient leurs toiles au gré des bises printanières ou des brises thermiques estivales. Le lac accueille notamment la célèbre Bol d’Or Mirabaud, la plus grande régate en bassin fermé d’Europe, qui rassemble chaque année plus de 500 embarcations entre Genève et Le Bouveret.
Écoles de voile, locations de dériveurs ou de croiseurs habitables, stages pour enfants et adultes : de nombreuses structures permettent de s’initier ou de se perfectionner. Que l’on soit barreur aguerri ou plaisancier du dimanche, le Léman offre un espace accessible et généreux, où la pratique s’adapte à tous les niveaux.
Les adeptes de la navigation motorisée trouvent également leur bonheur, à condition de respecter les règles strictes de cohabitation sur le lac. Bateaux à moteur, semi-rigides et vedettes de plaisance sont autorisés sur les deux rives, avec une réglementation différente selon que l’on navigue côté français ou suisse. La vitesse est généralement limitée, notamment dans les zones proches du rivage, pour garantir la sécurité de tous les usagers.
Mais le Léman se découvre aussi à bord des emblématiques bateaux de la CGN (Compagnie Générale de Navigation), qui assure des liaisons régulières et touristiques entre les principales villes riveraines. Ces élégants navires à roues à aubes, certains classés monuments historiques, proposent des croisières à la journée, des traversées commentées ou encore des dîners-croisières au coucher du soleil.
Quand le vent tombe, d’autres pratiques prennent le relais. Le paddle et le kayak ont conquis les rives du Léman, notamment dans les baies abritées de Genève, Lutry, Évian ou Sciez. Loués à l’heure ou à la journée, ces engins silencieux permettent de s’aventurer à fleur d’eau, de longer les roselières ou de découvrir les plages secrètes inaccessibles à pied.
Le ski nautique, le wakeboard et la bouée tractée sont autorisés dans certaines zones, généralement bien balisées, comme à Thonon-les-Bains ou à Villeneuve. Ces activités ludiques, souvent encadrées par des clubs spécialisés, attirent une clientèle familiale et sportive, séduite par les eaux calmes et tièdes du lac en été.
Moins connu du grand public, le Léman est également une destination de choix pour les plongeurs. Les fonds du lac abritent une faune lacustre étonnante – brochets, perches, écrevisses – mais aussi quelques épaves accessibles aux plongeurs confirmés.
À Lausanne, à Morges, ou à Amphion, les clubs de plongée proposent des sorties encadrées toute l’année, avec des mises à l’eau depuis la rive ou depuis des bateaux. La visibilité, parfois excellente en automne, permet d’explorer les tombants rocheux ou les fonds sableux jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur.
L’aviron occupe une place historique sur le Léman. Plusieurs clubs centenaires – comme ceux de Genève, Vevey ou Évian – perpétuent cette discipline exigeante, souvent pratiquée au lever du jour, quand le plan d’eau est encore calme. Des régates internationales y sont organisées chaque saison, notamment dans la rade de Genève.
La pirogue, le canoë ou encore le rameur de fitness sur planche ont également fait leur apparition ces dernières années, portés par la tendance du sport-nature. Les bases nautiques municipales accompagnent ce mouvement en développant les infrastructures et les programmes d’initiation.
Pour les amateurs de baignade, le Léman est ponctué de plages publiques, souvent dotées d’infrastructures confortables : pontons, vestiaires, pelouses, douches, et parfois même de bibliothèques de plage. À Genève, la plage des Eaux-Vives est un exemple d’aménagement réussi en cœur de ville. Côté français, la plage de la Pinède à Thonon, ou celle de l’Amphion à Publier, attirent les familles et les baigneurs tout l’été.
Certaines plages disposent de zones de baignade surveillée et d’accès PMR, tandis que d’autres, plus sauvages, offrent un cadre naturel propice au calme et à la contemplation.
Le Léman se prête aussi à la découverte touristique depuis l’eau. Que ce soit en kayak de randonnée ou à bord d’un bateau habitable, le lac permet d’explorer des lieux emblématiques : le château de Chillon, les quais de Montreux, les rives viticoles de Lavaux inscrites à l’UNESCO, ou encore le village médiéval d’Yvoire.
De nombreuses offres combinent navigation et patrimoine, avec des escales guidées, des dégustations de vins ou des visites de musées lacustres, comme celui de Nyon.
Avec un tel foisonnement d’activités, la cohabitation sur le Léman est un enjeu majeur. Les autorités françaises et suisses collaborent étroitement à la gestion du lac, via la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL). Une attention particulière est portée à la qualité des eaux, à la préservation des berges et à la régulation des usages.
Les ports intègrent de plus en plus de services écoresponsables, comme les bornes de recharge électrique, les stations de récupération des eaux usées ou les pontons flottants à faible impact. Quant aux plaisanciers, ils sont invités à adopter une navigation raisonnée, pour que le Léman reste un espace vivant et partagé.
Des voiles blanches aux paddles colorés, des plongeurs aux croisiéristes, le Léman s’affirme comme un terrain d’aventures aquatiques à la fois accessible, diversifié et respectueux de son environnement. Un lieu unique, où l’eau douce devient synonyme de liberté.
Suisse – Canton de Genève
Port-Noir (Genève) – environ 437 places, dont 184 à terre
Port-Choiseul (Versoix) – 474 places + 16 visiteurs, carburant et station de pompage des eaux usées
Suisse – Canton de Vaud
Port de Vidy (Lausanne) – environ 940 places, dont 22 visiteurs
Port d’Ouchy (Lausanne) – environ 745 places, 8 visiteurs
Vieux port d’Ouchy (Lausanne) – environ 44 places, 14 visiteurs
Port de Pully – environ 300 places
Port de Lutry – environ 500 places
Port de Cully (Moratel) – environ 150 places
Port de Vevey – environ 400 places
Port de Montreux – environ 300 places
Port de Villeneuve – environ 200 places
Port de Morges – environ 700 places
Port de Rolle – environ 250 places
Port de Nyon – environ 350 places
Port de Saint-Sulpice – environ 150 places
Port de Versoix – environ 400 places
Capacité totale des ports suisses : environ 16 100 places à flot et 1 500 à terre
Suisse – Canton du Valais
Port du Bouveret (Port-Valais)
Port de Saint-Gingolph
France – Département de la Haute-Savoie
Port de Thonon-les-Bains (Rives) – environ 740 places + 58 visiteurs, sanitaires et services nautiques
Port d’Évian-les-Bains – carburant 24h/24 (SP98 et gasoil), station de vidange eaux noires/grises, cale de mise à l’eau gratuite, Wi-Fi, vidéosurveillance, eau et électricité
Port de Sciez – environ 400 places, pontons flottants, infrastructure adaptée aux plaisanciers
Port d’Amphion-les-Bains – port intermédiaire
Ports touristiques : Yvoire, Nernier, Meillerie, Lugrin, Messery
Petits ports privés : Ripaille (Domaine de Ripaille), Château de Coudrée (Sciez)