14 Août 2025
Depuis l’instauration d’un droit de douane de 15 % sur les yachts européens — contre 1 à 2 % auparavant — et de 30 % sur certaines unités sud-africaines, le marché nautique américain voit ses conditions d’importation se durcir. Pour un acheteur, la différence se chiffre parfois en dizaines de milliers de dollars.
Toutefois, plusieurs propriétaires choisissent de ne pas importer leur bateau aux États-Unis tout en l’utilisant sur place. La méthode repose sur deux étapes : immatriculer le yacht sous pavillon étranger, puis obtenir un permis de croisière délivré par les autorités américaines. Ce dispositif est autorisé par l’U.S. Customs and Border Protection (CBP) et reste couramment employé.
L’immatriculation peut être effectuée dans divers registres maritimes, tels que les Îles Marshall, les Bahamas ou les Îles Vierges britanniques. Le processus comprend la preuve de propriété, les certificats de jauge et de construction, ainsi que le paiement des droits d’enregistrement. Une société spécialisée ou un agent de documentation facilite généralement les démarches.
Une fois ce pavillon obtenu, le propriétaire peut demander un permis de croisière lors de l’entrée dans les eaux américaines. Valable jusqu’à un an, ce document autorise la navigation entre ports américains sans acquitter de droits d’importation. Certaines conditions s’appliquent : interdiction de toute activité commerciale ou de location, obligation de quitter les eaux américaines au terme des 12 mois, et séjour d’au moins 15 jours dans un port étranger avant un éventuel renouvellement.
Les yachts exploités exclusivement dans des zones exemptes de taxes, comme les Caraïbes ou les Bahamas dans le cadre de programmes de charter, ne sont pas concernés par ces droits. Dans ce cas, ils conservent un pavillon américain mais restent hors du territoire douanier des États-Unis.
Face à des coûts d’importation en hausse, la solution du pavillon étranger et du permis de croisière offre aux navigateurs privés une alternative conforme aux réglementations, tout en préservant leur liberté de mouillage et leur budget.