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Rallye des Îles du Soleil 2025 : cap sur l’Atlantique pour la grande traversée

La deuxième étape du Rallye des Îles du Soleil 2025 a débuté ce mercredi à 11h, heure locale. Sous un ciel lumineux et dans une brise nord-nord-est de 8 à 10 nœuds, les 17 équipages ont quitté les quais de Mindelo pour affronter les 2 130 milles nautiques qui les séparent désormais de la baie de Saint-Louis, à Marie-Galante. Après une escale capverdienne haute en couleurs, c’est le grand saut dans l’Atlantique qui commence, celui que les marins préparent et redoutent à la fois.

Rallye des Îles du Soleil 2025 : cap sur l’Atlantique pour la grande traversée

Créé en 2017 et organisé par Grand Pavois Organisation, le Rallye des Îles du Soleil s’est imposé comme un événement de référence pour les plaisanciers désireux de traverser l’Atlantique dans un esprit convivial, sécurisé et responsable. De Fuerteventura à Marie-Galante, en passant par le Cap-Vert, il propose une aventure humaine avant d’être une performance. Soutenu par des partenaires institutionnels et industriels (Région Guadeloupe, Marinas Calero, Amel, Fountaine Pajot, Adrena Software, pour n’en citer que quelques-uns) le rallye met l’accent sur l’entraide, la sécurité et la découverte. C’est une transatlantique pour marins qui veulent vivre le large sans pression, mais avec sérieux et engagement.

L’Atlantique, ses promesses et ses pièges

Les premiers milles de cette grande traversée s’annoncent stratégiques. Dès la sortie du canal entre São Vicente et Santo Antão, les bateaux se sont confrontés à l’un des phénomènes les plus typiques des archipels volcaniques : les effets Venturi et les dévents massifs causés par les reliefs. Santo Antão, avec ses sommets culminant à près de 2 000 mètres, projette en effet une vaste zone sans vent au sud-ouest de l’île, pouvant s’étendre sur plus de 180 km. Les équipages, bien briefés, savaient qu’il leur faudrait s’extirper avec précaution de cette bulle sans air avant de toucher le flux d’alizé.

Ce dernier, de secteur nord-est, s’installera progressivement, mais les trois premiers jours s’annoncent encore calmes. La météo prévoit un vent faible au départ, devenant modéré à partir du 15 novembre avec 12 à 20 nœuds attendus. Une progression lente au début, mais qui devrait s’accélérer avec l’arrivée de l’alizé bien établi. En attendant, les voiliers avancent sous grand-voile haute et génois déroulé, parfois secondés par un moteur discret, notamment dans les zones déventées. La houle d’Atlantique s’étire doucement, imposant son roulis aux carènes désormais bien engagées vers l’ouest.

Retour au rythme du large : quarts, grains et lignes de traîne

Après une semaine d’escale riche en rencontres à Mindelo, il faut réhabituer le corps et l’esprit aux exigences du large. La vie en mer reprend son tempo unique, entre veilles nocturnes, manœuvres attentives et petits plaisirs simples. Les équipages repartent avec des cales remplies de produits frais, de fruits tropicaux et de poissons séchés, mais aussi de souvenirs chaleureux de leur passage au Cap-Vert.

Dès les premières heures de navigation, les routines se réinstallent : remise en place des quarts, réglages fins pour tirer le meilleur des brises légères, surveillance du gréement et des lignes de pêche… Il faut aussi commencer à surveiller les grains, ces poches de vent et de pluie parfois imprévisibles, qui peuvent surgir de l’arrière sans prévenir.

À bord, chacun retrouve son rôle. Les équipiers reprennent leurs habitudes, le capitaine vérifie la route, le cuisinier improvise avec les moyens du bord, et les enfants (sur les rares bateaux en famille) retrouvent l’école flottante entre deux leçons d’océanographie pratique.

Une flotte unie, mais en route vers l’isolement

Même si le départ s’est fait en flottille, les écarts vont rapidement se creuser. D’ici deux jours, chacun naviguera probablement hors de vue des autres, même si les appels VHF et les messages satellite entre bateaux permettent de maintenir le lien. La carte du rallye en ligne (mise à jour plusieurs fois par jour) devient alors le point de repère collectif. Elle rassure les proches, stimule les échanges, et permet de suivre la progression de chacun.

Pour les plus jeunes ou les moins expérimentés, cette deuxième étape est celle de la vraie transatlantique. On quitte les îles, on se coupe du monde, on vit au rythme de l’Atlantique. La prochaine terre sera Marie-Galante, dans une dizaine de jours. Mais d’ici là, il faudra composer avec les conditions, prendre soin de soi, de son équipage et de son bateau.

Prochaine escale : l’île aux cent moulins

Au bout de cette longue traversée, la baie de Saint-Louis tend déjà les bras aux marins. Marie-Galante, joyau discret de la Guadeloupe, est l’une des plus authentiques escales des Antilles. On y trouve des plages paisibles, des villages où le temps semble suspendu, et un accueil toujours chaleureux. Mais avant d’en goûter les douceurs, il reste encore plus de 2 000 milles à parcourir.

Le Rallye des Îles du Soleil 2025 entre donc dans sa phase la plus symbolique et la plus attendue : celle de la grande traversée. Le moment où les visages se tannent, où les corps s’accordent au roulis, et où les cœurs battent au rythme d’un océan sans fin.

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