16 Novembre 2025
Après plusieurs jours de vents capricieux, la flotte du Rallye des Îles du Soleil 2025 entame ce dimanche avec un souffle plus régulier. L’alizé d’Est à Est-Nord-Est, annoncé entre 18 et 22 nœuds, commence enfin à se structurer, même s’il reste instable et parsemé de grains potentiels. Les bateaux avancent mieux, mais la mer, gonflée par une houle de 2 mètres, rappelle à chacun que la traversée vers Marie-Galante se fait toujours dans un environnement vivant, changeant, et parfois exigeant.
Créé en 2017 par Grand Pavois Organisation, le Rallye des Îles du Soleil relie les Canaries à la Guadeloupe via Mindelo, avec une philosophie claire : permettre aux plaisanciers de vivre une transat sûre, encadrée, collective et joyeuse. Pas de classement officiel, pas de pression de performance : on navigue pour le plaisir, pour le large, pour l’aventure. Soutenu par un réseau solide (Région Guadeloupe, Communauté de Communes de Marie-Galante, Marinas Calero, Département de la Charente-Maritime, chantiers Amel, Bali, Fountaine Pajot, Dufour, et des partenaires techniques tels qu’Adrena ou Pochon SA) le rallye est devenu une référence en matière de navigation hauturière responsable.
Après l’escale chaleureuse de Mindelo, les 17 équipages poursuivent désormais leur route vers la Baie de Saint-Louis, avec encore plus de 1 700 milles devant leurs étraves.
Un alizé présent… mais toujours imprévisible
Les prévisions du jour dessinent un scénario encourageant : un alizé d’ENE stable autour de 18 à 22 nœuds, mais parsemé de grains, surtout en soirée. La mer se forme progressivement et certains bateaux ont déjà été secoués par les premières salves nocturnes.
Sur Jackno, la nuit a laissé des traces :
« On s’était préparé à une soirée douce… et vers 21h, grain violent. Début de nuit cauchemardesque pour moi. » raconte Catherine. Trois heures de barre pour Bruno, mais aucune casse, et ce matin le soleil revient comme un baume bienvenu.
Pour N’Team, c’est la technique qui a frappé :
« Le rail du tangon s'est arraché hier soir. »
Un incident qui les oblige à naviguer en zigzag pour garder un angle efficace au vent. Comme si cela ne suffisait pas, un banc de sargasses s’est accroché à leur hélice pliante… avant d’être dégagé avec sang-froid. « Les heures de sommeil ont été rares. » Un résumé parfait de la vie sur l’océan.
Le retour d’un vent plus établi donne enfin de la vitesse à une flotte qui commençait à trouver le large bien long.
Liberty B&B savoure le plaisir retrouvé :
« Parasailor hissé, 6 à 8 nœuds constants. Et une énorme bonite au menu ! »
La pêche est aussi au rendez-vous sur Diva, qui récolte une nouvelle dorade coryphène après un Ceviche la veille. À l’inverse, Piment Rouge garde son humour malgré une série noire :
« Question pêche, on est constants : zéro pointé ! »
Le ballet des poissons volants, lui, ne se lasse pas de surprendre. Jamcat en rit :
« L’un est entré par le panneau de la cuisine, un autre par celui des toilettes… Dommage qu’on ne plaise pas autant aux thons ! »
Même scène sur Ozami, devenu refuge maritime pour oiseaux fatigués et poissons volants téméraires :
« C’est un vrai défi de ne pas s’en prendre un en pleine figure ! »
La nuit du 15 au 16 a été particulièrement animée pour plusieurs bateaux.
Samaria a dû affaler son spi en pleine nuit après des rafales à 17 nœuds, d’autant plus prudent qu’ils ne sont que deux à bord. La prudence a aussi payé lorsqu’ils ont rencontré un voilier non identifié, éclairé de manière insuffisante et muet sur la VHF.
Sur L’Eden, la nuit a été un véritable feuilleton :
Même après des heures secouées, l’ambiance reste étonnamment joyeuse.
Le plancton phosphorescent illumine les sillages, les dauphins surgissent fréquemment, et les équipages trouvent un rythme.
Sur Moira, on savoure :
« Super vent et vagues amies ! Atelier couture et guitare à venir. »
Oïkia, toujours pleine de vie, retrouve sa bonne humeur malgré une nuit bruyante :
« Les filles sont tristes : peu d’animaux ce matin… mais aujourd’hui, salade de betteraves du chef Pia ! »
La mer grossit, le vent s’installe, les grains menacent… et pourtant la flotte avance, soudée par l’esprit du rallye. Chaque message transmis ressemble à un éclat de vie, une preuve que le large, même instable, reste un espace de partage incomparable.
La route vers Marie-Galante est encore longue, mais les équipages ont trouvé leur rythme : celui des grandes traversées où chaque mille raconte une histoire.