12 Janvier 2026
Depuis 2023, la réglementation européenne encadre plus strictement la pêche récréative, avec l’objectif affiché d’améliorer le suivi des prélèvements sur des espèces jugées sensibles. Le cadre prévoyait un enregistrement annuel obligatoire des pêcheurs concernés, ainsi qu’une déclaration quotidienne de leurs captures. L’ensemble devait reposer sur une application dédiée, RecFishing, développée à l’échelle communautaire afin d’harmoniser les données collectées dans les États membres.
Or, à quelques semaines de l’échéance, la Commission européenne a reconnu ne pas être en mesure de déployer la plateforme dans les délais annoncés. Des difficultés techniques persistantes empêchent la mise en ligne de l’application, rendant matériellement impossible le respect des obligations prévues. La Commission doit désormais proposer un nouveau calendrier de déploiement, pays par pays, et préciser les modalités d’ouverture de l’outil pour la France.
Dans l’intervalle, les pêcheurs de loisir ne sont soumis à aucune formalité supplémentaire. Aucun dispositif alternatif, notamment sous format papier, n’a été retenu pour pallier l’absence de l’application. L’obligation d’enregistrement et de déclaration ne deviendra juridiquement applicable qu’à compter de la mise à disposition effective de la plateforme numérique.
Au-delà du simple report, cet épisode met en lumière les limites d’une réglementation élaborée sans prise suffisante avec les usages et les contraintes opérationnelles des pratiquants. L’absence d’outil fonctionnel au moment de l’entrée en vigueur du texte illustre, selon les professionnels et les fédérations, une approche descendante, davantage guidée par des objectifs administratifs que par la faisabilité concrète sur le terrain.
Lorsque le dispositif sera activé, l’année 2026 est d’ores et déjà présentée comme une phase de mise en œuvre progressive, avec des contrôles à visée essentiellement pédagogique. Une exception demeure toutefois en Méditerranée, où l’application Catchmachine reste obligatoire dans certains parcs marins. Pour le reste du territoire, le report ouvre une période de transition qui referme, au moins provisoirement, un cadre normatif jugé prématuré et largement déconnecté de la réalité des pêcheurs de loisir.