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À l’heure où chacun dispose d’un smartphone en permanence, la question revient souvent : pourquoi conserver une VHF à bord ? La comparaison est pourtant sans ambiguïté. Le téléphone portable dépend du réseau terrestre ; au-delà de quelques milles des côtes, la couverture disparaît. En cas d’urgence, l’appel n’est transmis qu’à un interlocuteur unique, et la localisation reste imprécise pour les secours.
La VHF fonctionne selon une logique totalement différente. La communication est directe, instantanée et collective. Lorsqu’un message est émis sur le canal d’urgence, il est entendu simultanément par les navires à proximité et par les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS). Cette diffusion générale constitue un facteur déterminant dans la rapidité d’intervention.
L’émission revient ensuite sur la technologie ASN (Appel Sélectif Numérique), véritable évolution majeure de la radiocommunication maritime. Connectée à un GPS, la VHF équipée de l’ASN transmet automatiquement l’identifiant unique du navire – le numéro MMSI – ainsi que sa position exacte en cas de déclenchement d’un appel de détresse. Une simple pression sur le bouton « Distress » permet d’envoyer ces informations aux secours, sans avoir à énoncer sa position dans des conditions parfois difficiles. Ce gain de précision et de temps peut s’avérer décisif.
Depuis 2017, la réglementation française impose d’ailleurs la présence d’une VHF fixe pour toute navigation comprise entre 6 et 60 milles d’un abri. Cette obligation rappelle que la VHF n’est pas un accessoire de confort, mais un équipement structurant de la sécurité maritime.
L’émission détaille également les différents types d’appareils disponibles. Deux grandes catégories coexistent : la VHF portable et la VHF fixe. La première, limitée à 6 watts, offre une portée de 3 à 5 milles et se révèle adaptée aux petites unités ou comme équipement complémentaire. La seconde, pouvant atteindre 25 watts et reliée à une antenne souvent positionnée en tête de mât, permet une portée d’environ 20 milles. Elle constitue la solution de référence pour la navigation côtière et semi-hauturière.
Au-delà du choix matériel, l’usage d’une VHF s’inscrit dans un cadre réglementaire précis. En France, l’utilisation d’une VHF fixe ou équipée de l’ASN nécessite au minimum le permis plaisance. Pour naviguer hors des eaux territoriales françaises, le Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) devient obligatoire, quelle que soit la puissance de l’appareil. Le CRR atteste de la maîtrise des procédures et de la réglementation internationale.
Il convient également de distinguer ce certificat personnel de la licence radio du navire, délivrée par l’ANFR. Cette licence, liée au bateau et non à l’opérateur, attribue le numéro MMSI, identifiant indispensable au fonctionnement de l’ASN. Sans MMSI programmé, la fonction de détresse numérique perd toute efficacité.
Le cœur de l’émission est consacré aux procédures d’appel. Le canal 16 demeure la fréquence internationale de veille et d’urgence. Tous les navires et stations côtières doivent l’écouter en permanence. La discipline radio impose d’y être bref : prise de contact sur le 16, puis bascule rapide vers un canal de travail afin de libérer la fréquence d’urgence.
Trois niveaux d’alerte sont présentés. Le Mayday, répété trois fois, correspond à une situation de détresse grave et immédiate : incendie, voie d’eau majeure, homme à la mer. Il déclenche des moyens de secours importants et ne doit jamais être utilisé à tort.
Le Pan-pan, également répété trois fois, signale une urgence sans danger vital immédiat : panne moteur à la dérive, blessure non critique, avarie sérieuse.
Enfin, le message Sécurité sert à diffuser une information utile aux autres navigateurs : épave dérivante, objet flottant dangereux, avis de coup de vent. Il s’agit d’un outil de prévention et de solidarité maritime.
L’émission conclut sur un point central : la préparation. La sécurité commence avant même de quitter le port. Le chef de bord doit vérifier que la licence est à jour, que le MMSI est correctement programmé, que la VHF est connectée au GPS, que l’antenne et les câbles sont en bon état et qu’un test radio a été effectué. La veille du canal 16 doit être active et les procédures affichées à proximité de l’appareil.
Enfin, la formation de l’équipage est essentielle. En cas d’incapacité du chef de bord, un membre d’équipage doit pouvoir déclencher un appel de détresse. Expliquer le fonctionnement de la radio et du bouton « Distress » ne prend que quelques instants, mais peut faire toute la différence.
À travers cet épisode, Actunautique Yachting Art rappelle que la VHF demeure la véritable ligne de vie du nautisme moderne : un outil simple, réglementé, et dont la maîtrise conditionne la sécurité de toute navigation.