2 Avril 2026
La Fédération des Industries Nautiques (FIN) a présenté, lors de son assemblée générale du 31 mars 2026, les données détaillées de l’année nautique 2024-2025. Les chiffres confirment un retournement net du marché du neuf, avec une baisse généralisée des volumes et du chiffre d’affaires, mais aussi des points de résistance clairement identifiés.
La production française de bateaux de plaisance s’établit à 7 063 unités, contre environ 8 400 un an plus tôt, soit une baisse de 16 %. Le chiffre d’affaires recule dans les mêmes proportions : 1,49 milliard d’euros, en baisse de 17 %. Le marché efface ainsi une partie de la croissance enregistrée après 2020 et revient à des niveaux proches de 2021-2022.
Le décrochage est particulièrement marqué sur la voile. Les chantiers ont produit 2 373 voiliers, soit 27 % de moins en un an. Le chiffre d’affaires du segment atteint 1,02 milliard d’euros, en recul de 22 %.
Dans le détail :
Les multicoques représentent ainsi 74 % du chiffre d’affaires de la voile (759 M€ sur 1,02 Md€), confirmant leur poids dominant en valeur malgré un volume inférieur.
Le marché des bateaux à moteur résiste davantage. La production atteint 4 690 unités, en baisse de 8 %, pour un chiffre d’affaires de 469 millions d’euros (-6 %).
Deux tendances opposées apparaissent :
Ces données traduisent in fine, une montée en gamme : les grandes unités pèsent 83 % du chiffre d’affaires moteur pour seulement 19 % des volumes.
Au total, la structure du marché confirme un déséquilibre croissant entre volumes et valeur. Les segments d’entrée de gamme décrochent en chiffre d’affaires, tandis que les unités haut de gamme amortissent la baisse. L'impact des remises financières aidées par les chantiers est cependant difficile à prendre en compte.
Autre indicateur clé : l’export. Le taux atteint désormais 80,8 % du chiffre d’affaires, contre environ 70 % il y a une décennie. Concrètement, plus de 4 bateaux sur 5 produits en France sont vendus à l’étranger.
Cette progression est continue depuis les années 2000 et se poursuit malgré le recul global de l’activité. Le marché domestique ne représente plus qu’environ 19 % de la production, confirmant la dépendance structurelle du secteur aux marchés internationaux.
Le graphique présenté par la FIN montre également une forte volatilité du chiffre d’affaires sur longue période, avec un pic récent suivi d’un repli marqué. La phase actuelle correspond à une correction après les niveaux élevés observés entre 2021 et 2023.
Sur le marché du neuf, les immatriculations restent orientées à la baisse sur l’ensemble de la période récente. Aucun chiffre précis n’est communiqué dans la synthèse, mais la tendance reste inférieure aux niveaux d’avant crise. La FIN signale toutefois une amélioration sur les six derniers mois, sans quantification à ce stade.
À l’inverse, le marché de l’occasion se maintient à un niveau élevé. Les volumes de transactions restent proches des niveaux hauts observés ces dernières années, avec plusieurs dizaines de milliers de mutations annuelles. Ce segment absorbe une partie de la demande qui ne se porte plus sur le neuf.
Le maintien de l’occasion est cohérent avec l’évolution des prix du neuf et le contexte macroéconomique. Il constitue aujourd’hui un socle de stabilité pour l’écosystème nautique (courtage, entretien, équipements).
Dernier indicateur suivi : les permis plaisance. Le nombre annuel se stabilise autour de 90 000 permis délivrés.
La série longue montre :
Le niveau actuel reste élevé historiquement et indique que la base de pratiquants ne se contracte pas malgré la baisse du marché du neuf.
Au final, les données 2024-2025 montrent une contraction nette mais structurée :
Le marché se recompose autour de deux axes : une baisse rapide des volumes d’entrée de gamme et une concentration de la valeur sur les unités les plus grandes et les plus exportées.
Les statistiques 2026 du nautisme en France - mars 2026 - Fédération des Industries Nautiques