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Guillaume Verdier : "Alex Thomson a pris les plus grands risques architecturaux avec son bateau"

Associé avec le cabinet VPLP, Guillaume Verdier a dessiné douze des vingt-neuf bateaux engagés dans cette huitième édition du Vendée Globe. Dont les 8 premiers au classement !!

Guillaume Verdier : "Alex Thomson a pris les plus grands risques architecturaux avec son bateau"

Guillaume Verdier répond à 3 questions sur ActuNautique.com.

Guillaume Verdier, après 12 jours de course, on ne déplore pas d'abandon officiel dans le Vendée Globe. Qu'en pensez-vous ?

Guillaume Verdier - Cela me réjouit bien sûr. La fiabilité est le sujet qui me donne un nœud à l'estomac. En tant que responsable des structures, c'est ce qui m'inquiète le plus, davantage que la performance. Les bateaux n'ont pas encore subi de tempête, ils sont passés à travers les mailles du filet et cela a bien préservé le matériel. C'est la première fois qu'on va voir autant de bateaux à l'équateur, c'est fantastique. Le seul bémol c'est que Tanguy de Lamotte a rencontré un problème inhabituel.  

Alex Thomson brille sur ce début de la course. Comment jugez-vous ses performances ?

Guillaume Verdier - Je ne suis pas étonné de le voir devant. C'est lui qui a pris les plus grands risques architecturaux. Alex dispose d'un bateau moins polyvalent que les autres foilers, mais quand les conditions lui sont favorables, il est plus rapide. La coque d'Hugo Boss n'est pas très différente de celles des autres foilers. En revanche, pour ce qui est de la taille des foils, il y a une nette différence sur le pourcentage de portance. C'est ce qui fait la différence en terme de performance. C'est un bond en avant d'avoir conçu un appendice si grand. Le fait que le foil pousse plus permet d'avoir moins de résistance, et donc d'aller plus vite.

Pensez-vous qu'Alex pousse plus son bateau que ses poursuivants ?

Guillaume Verdier - Non, je ne pense pas. Mais comme il aligne des vitesses moyennes plus élevées, la navigation doit être plus stressante. Et attention à la préservation du bateau. Davantage que ses concurrents, il va falloir qu'il soit vigilant dans les tempêtes et dans les mers du Sud, en sachant rétracter son foil suffisamment tôt…

Guillaume Verdier et son équipe conçoivent principalement des prototypes monocoques et multicoques de compétition. Ils étendent néanmoins régulièrement leurs compétences à la voile légère et aux bateaux de croisière.

La collaboration au design team de l’AC72 Emirates Team New Zealand, réalisé pour la 34e édition de la Coupe de l’America, est l’un des projets phares du cabinet. Parmi ses autres réalisations, on compte plusieurs 60 pieds Open et Class40, destinés à la course en solitaire. Du monocoque de 100 pieds au Mini 6.50 et du Multi de 50 pieds au dériveur, l’attention portée à la conception est la même.

Depuis plusieurs années, Guillaume Verdier mène ses travaux en partenariat avec d’autres architectes ou ingénieurs dont Benjamin Muyl, Hervé Penfornis et  Romaric Neyhousser. Plus récemment, Len Imas, Romain Garo, Véronique Soulé, Pierre Louis Pilot,  Yohan Roy et Morgane Schlumberger ont rejoint ses projets.

Le cabinet Guillaume Verdier collabore aussi régulièrement avec le bureau de Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot Prevost (VPLP).

 

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