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Energy Observer repart pour une troisième expédition vers le cercle polaire 

Energy Observer repart pour une troisième expédition, en direction cette fois du cercle polaire, aidé d’une nouvelle technologie d’ailes rigides verticales. Le catamaran approchera du cercle polaire en passant par Anvers, Amsterdam et Hambourg en avril, la Scandinavie jusqu’à mi-juin, Saint-Pétersbourg, les lacs de Carélie et le canal de la mer Blanche... 

Energy Observer repart pour une troisième expédition vers le cercle polaire 
Energy Observer repart pour une troisième expédition vers le cercle polaire 

Ce catamaran high-tech de 30,5 mètres de long pour 12,80 de large a déjà réalisé deux expéditions depuis 2017, le long des côtes françaises et en mer Méditerranée. Soit 20 000 kilomètres parcourus en 16 mois de navigation, 14 pays visités en 33 escales. 

Autant d’occasions de tester toutes les technologies embarquées sur le bateau, que l’équipe d’Energy Observer espère voir un voir adaptées aux navires de commerce ou de croisière, afin de réduire leur empreinte carbone.

Energy Observer puise dans trois sources d’énergies renouvelables pour alimenter ses deux moteurs à propulsion électrique et répondre aux besoins en énergie des huit personnes à bord (chauffage, électricité, eau chaude, sanitaire) : 

Le solaire, avec pas moins de 130 m² de panneaux photovoltaïques sur le pont, l’éolien, avec deux éoliennes à axe vertical mais également une aile de traction géante, développée par Beyond the Sea et inspirée de celle employée par les adeptes de kitesurf et l’énergie hydrolienne, avec une chaîne de production d’hydrogène qui lui permet de transformer l’eau de mer (préalablement désalinisée) en hydrogène par électrolyse de l’eau, puis en électricité grâce à une pile à combustible. 

L’équipage du catamaran se dit pour l’instant satisfait du solaire et de l’hydrolien ; la production d’hydrogène a atteint les 500 kg en 2018, qui ont contribué à environ 60 % de l’énergie nécessaire aux navigations (un kilogramme représentant 1h 30 d’autonomie). Les 40 % restants ont été assurés par l’énergie solaire. 

L’énergie éolienne a cependant déçu, comme l’explique Victorien Erussard au quotidien 20 Minutes : « Les deux éoliennes verticales n’ont pas produit l’énergie escomptée, du moins pas suffisamment au regard de leurs poids sur le bateau et de la perte en aérodynamisme qu’elles engendraient. Quant à l’aile de traction, nous sommes persuadés qu’il s’agit d’une solution d’avenir pour réduire la consommation en fioul lourd dans le transport maritime international, mais sans doute que notre aile n’était pas adaptée à notre navire. »

Pour cette troisième expédition, Energy Observer se sépare donc de ces deux solutions, sans pour autant renoncer à l’énergie éolienne. Le catamaran testera à leur place des ailes rigides de 12 mètres d’envergure, ressemblant à celles d’un avion, mais dressées à la verticale sur le navire. 

Nommées OceanWings, cette nouvelle technologie a été conçue par le cabinet d’architecture navale français VPLP. Le prototype sera prêt dans quelques jours aux ateliers de la CNIM (Constructions industrielles de Méditerranée) à la Seyne-sur-Mer, et sera installé sur l’Energy Observer lors de son escale à Amsterdam, en avril. 

Ces deux ailes rigides devraient permettre d’augmenter la vitesse du navire et de soulager les deux moteurs à propulsion électrique, avec l’objectif de libérer de l’énergie pour le catalyseur, pour pouvoir fabriquer de l’hydrogène tout en naviguant.

Energy Observer bénéficie également pour cette nouvelle expédition de 25 m² de panneaux photovoltaïques supplémentaires, et d’améliorations au niveau de la récupération de chaleur. 

Après avoir frôlé le cercle polaire, le catamaran prendra la route du retour pour arriver en octobre à Londres, où s’achèvera cette tournée nordique.  

L’équipage prévoit ensuite un mois de travaux à Saint-Malo, son port d’attache, avant de se rendre aux Jeux Olympiques de Tokyo, du 24 juillet au 9 août 2020. 

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