Depuis quatre ans, une entreprise familiale basée à Digoin suit de près ses émissions de gaz à effet de serre. À travers une série de mesures techniques et organisationnelles, elle a réduit de manière notable son empreinte carbone. En 2024, les émissions ont baissé de 62 % pour la seule activité des bateaux, principal poste émetteur, grâce à la généralisation du biocarburant sur l’ensemble des bases.
Sur l’ensemble de ses activités, l’entreprise affiche une réduction de 28 % de ses émissions en quatre ans. Pour la seule année 2024, la baisse atteint 624 tonnes de CO₂, soit davantage que ce que produisent ses propres effectifs en une année.
Les efforts ne se sont pas limités aux carburants. Les installations, équipements et processus ont été optimisés pour limiter la consommation de ressources. Le nettoyage des bateaux est désormais effectué avec de l’eau pompée localement, et la procédure de location a été entièrement dématérialisée.
L'entreprise continue d'explorer des solutions alternatives. Dès 2018, elle lançait un premier modèle 100 % électrique. Aujourd’hui, sept unités électriques sont exploitées, réparties entre la Bourgogne, l’Alsace et le Canal du Midi. En 2023, un bateau à hydrogène est venu compléter la flotte.
Début 2025, un nouveau modèle est mis à l’eau : LaPéniche eXP. Conçue pour une autonomie maximale, elle combine une propulsion électrique alimentée par panneaux solaires et un générateur fonctionnant au biocarburant. Dotée de systèmes embarqués de production d’eau douce et de traitement des eaux usées, elle peut fonctionner plusieurs jours sans recharge. Configurée pour un usage privé et accompagnée d’un skipper, cette péniche de catégorie C est destinée à naviguer sur de longues distances, y compris sur les grands fleuves français.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité d’une stratégie familiale initiée en 1982. L’entreprise, qui conçoit et construit ses propres bateaux en Bourgogne, emploie 60 personnes, dont une douzaine au sein du chantier naval. Un bateau sort de production chaque mois, pour une flotte de 550 unités, dont 300 en pleine propriété.
Avec 36 bases réparties dans dix pays européens et un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, l’essentiel de l’activité repose sur la location, avec des bateaux sans permis naviguant sur un réseau de 8 500 kilomètres de voies en France. La vitesse moyenne de croisière y est limitée à 8 km/h, en accord avec la lenteur volontaire de ce tourisme fluvial.
L’entreprise ne revendique pas encore la neutralité carbone, mais ses dirigeants affirment vouloir tendre vers un modèle de navigation plus propre, sans perdre de vue les réalités techniques et économiques de leur secteur.
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