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La Normandie au rythme de La Solitaire du Figaro Paprec

Cette année, la Normandie vit au tempo des préparatifs maritimes. À Rouen, les quais s’animent au fil des ultimes réglages, tandis que les habitants observent les voiliers alignés le long de la Seine. Dimanche prochain, le signal du départ de la 56e édition de La Solitaire du Figaro Paprec sera donné. Une édition particulière, puisque la région sera à la fois le point de départ et la terre d’arrivée, avec Saint-Vaast-la-Hougue en ligne de mire.

La Normandie au rythme de La Solitaire du Figaro Paprec

Dans l’effervescence des pontons, quatre visages normands attirent l’attention : Alexis Loison, Jules Ducelier, Édouard Golbery et Yvon Larnicol. Naviguer « à domicile » est pour eux un privilège. La familiarité des paysages et des courants de Manche pourrait devenir un atout, même si chacun sait que rien n’est jamais acquis sur cette course.

Le vétéran et ses repères

Alexis Loison, skipper du Groupe REEL, s’apprête à prendre le départ pour la 19e fois. Il mesure le symbole que représente une édition aux couleurs de sa région, tournée vers la mer et les grands événements nautiques. Sa connaissance des sorties de Manche est précieuse, mais il insiste sur l’incertitude qui caractérise toujours ce type de parcours. Le passage du Fastnet reste pour lui un moment mythique, qu’il espère franchir de jour. Mais il rappelle que le final autour du Cotentin, avec le Raz Blanchard et le Raz de Barfleur, pourrait être le juge de paix de cette édition.

La jeunesse en quête de constance

À quelques pas, Jules Ducelier, skipper Région Normandie, prépare sa deuxième participation. L’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue résonne de manière personnelle, puisqu’elle se situe non loin du lieu où il avait été sélectionné pour rejoindre le circuit il y a deux ans. Le parcours lui évoque une ascension de haute montagne : exigeante, irrégulière et impitoyable. Loin de se fixer un objectif précis au classement général, il souhaite avant tout naviguer proprement et confirmer sa progression. Après avoir goûté à un podium d’étape l’an passé, il conserve en tête l’envie de rééditer l’exploit.

Retrouver les eaux de l’enfance

Pour Édouard Golbery, skipper de Seastemik, cette édition a des allures de retour aux sources. Originaire de Granville, il garde le souvenir de ses premières navigations familiales autour des îles Chausey. Trois participations à La Solitaire lui ont forgé de l’expérience, mais il aborde cette saison avec des armes nouvelles : un bateau mieux préparé, une préparation physique et mentale renforcée, ainsi qu’un budget plus solide. Ses objectifs sont mesurés : rester constant et éviter de plomber sa course sur une étape, comme ce fut le cas par le passé. Un top 10 lui semblerait une belle récompense, mais avant tout, il souhaite prendre du plaisir et dérouler une histoire cohérente sur la durée.

La découverte d’un bizuth

À 27 ans, Yvon Larnicol, skipper de Auray–Quiberon by Orlabay, prend place pour la première fois sur la ligne de départ. Originaire de Dieppe, il découvre cette partie du littoral normand et se prépare à affronter les deux passages réputés difficiles que sont le Raz Blanchard et le Raz de Barfleur. Après trois années passées comme préparateur sur le circuit Figaro, il vit ce moment comme une véritable consécration. L’appréhension se mêle à l’enthousiasme, face à l’inconnu des longues étapes en solitaire. Il se dit prêt physiquement et mentalement, impatient de franchir le cap de l’expérience.

Une course aux équilibres fragiles

La Solitaire du Figaro Paprec demeure une épreuve unique, fondée sur l’addition des temps de trois étapes. Chaque erreur se paie comptant et peut redistribuer le classement général. La Manche, le Fastnet et le Cotentin formeront un parcours exigeant, où l’endurance se conjugue à une vigilance permanente.

Entre terre et mer

À Rouen comme à Saint-Vaast-la-Hougue, l’effervescence dépasse le cadre sportif. Les habitants se préparent à célébrer ce rendez-vous maritime, fiers de voir leur région mise à l’honneur. Pour les marins normands, l’aventure prend ainsi une dimension particulière : au-delà du défi, il s’agit aussi de naviguer sur des eaux qui leur sont familières, face à un public local, et de démontrer le dynamisme nautique de leur territoire.

Dans quelques jours, le coup d’envoi sera donné. Entre vents changeants, marées redoutables et passages stratégiques, cette édition promet de tenir toutes ses promesses, jusqu’au dernier mille vers Saint-Vaast-la-Hougue.

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