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Seine : le rêve de baignade vire au naufrage budgétaire d’Anne Hidalgo

Présenté comme l’un des legs majeurs de la municipalité, le projet de baignade dans la Seine apparaît désormais comme un gouffre financier difficilement justifiable. La Chambre régionale des comptes met au jour une facture approchant les 100 millions d’euros, des fermetures à répétition et une eau dont la qualité reste incertaine. Un héritage qui coûte cher – très cher – aux Parisiens.

Seine : le rêve de baignade vire au naufrage budgétaire d’Anne Hidalgo

 

Un chantier démesuré pour une promesse politique

L’été dernier, la mairie célébrait l’ouverture de trois zones de baignade, symbole d’un fleuve « retrouvé » et vitrine écologique de la capitale post-JO. Derrière ce récit triomphant, la Chambre régionale des comptes décrit aujourd’hui un dispositif dimensionné à outrance, dont le coût réel n’a jamais été assumé publiquement. Le rêve de baignade se transforme en fardeau financier.

Près de 100 millions d’euros pour trois bassins souvent fermés

Le rapport dévoile une addition vertigineuse : 84 millions d’euros consacrés aux aménagements liés aux Jeux olympiques, 13 millions pour les bassins du public, et plus de 5 millions chaque année pour simplement maintenir le système en fonctionnement. Un chiffre qui fait tâche alors que le pays cherche à boucler un budget 2026 déjà sous tension.

Une gratuité qui masque un coût astronomique par baigneur

Le principe d’accès gratuit, mis en avant pour justifier un « espace populaire », produit l’effet inverse. Au prorata, chaque nageur coûte entre 28 et 56 euros selon les jours d’ouverture. Et comme les sites ont été fermés entre 30 % et 45 % du temps cet été, la facture grimpe mécaniquement. Baignade gratuite pour le public, oui ; mais pour la collectivité, un luxe hors de prix.

Le fiasco des fermetures répétées

Les interruptions dues à la pollution et à la météo font de ces installations un service sporadique, incapable d’offrir la continuité vantée par la mairie. Un équipement ouvert un jour sur deux ne peut prétendre à la pérennité, encore moins lorsqu’il nécessite plusieurs millions par an pour fonctionner.

Une qualité de l’eau loin d’être maîtrisée

La Chambre régionale des comptes rappelle que rien ne permet encore de garantir la conformité aux seuils sanitaires européens. Les données bactériologiques manquent, les simulations ne suffisent pas et la surveillance renforcée pallie plus qu’elle ne rassure. Malgré les images de communication et les plongeons filmés, la réalité demeure têtue : la Seine n’est pas prête.

Une pérennité financière et sanitaire largement compromise

À ce stade, difficile de comprendre comment la mairie pourra maintenir ce dispositif sur la durée. Son coût dépasse déjà des infrastructures bien plus robustes, sa disponibilité reste aléatoire et son intérêt sanitaire n’est toujours pas assuré. Pour un projet annoncé comme structurant, la solidité fait défaut à tous les étages.

Un projet vitrine devenu symbole de gabegie

Ce qui devait incarner le renouveau écologique parisien s’impose aujourd’hui comme l’un des plus lourds échecs budgétaires de la mandature. Le rapport de la Chambre régionale des comptes ne laisse guère de place à l’interprétation : dépenses massives, résultats fragiles, bénéfices incertains. La baignade dans la Seine, promesse politique et outil de communication, tourne au fiasco financier.

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