28 Janvier 2026
Fondée avec l’ambition de repenser l’expérience de la navigation de plaisance grâce à la propulsion électrique, X Shore s’était positionnée très tôt sur un segment alors émergent. Si le marché des bateaux électriques s’est depuis structuré et élargi, la société n’est pas parvenue à traverser une succession de crises économiques et industrielles. Son fondateur, Konrad Bergström, évoque un contexte devenu progressivement défavorable, marqué notamment par la hausse des taux d’intérêt après la pandémie, un environnement géopolitique instable et un net ralentissement du marché mondial du nautisme.
Le dirigeant souligne également les lourds investissements consentis pour accompagner la montée en puissance industrielle, en particulier la construction de l’usine de Nyköping. Selon lui, la cession de ce site par la municipalité à un acteur perçu comme concurrent a également pesé sur l’avenir du projet. Au total, Konrad Bergström indique avoir engagé environ 80 millions de couronnes suédoises de fonds personnels dans le développement de l’entreprise.
Parallèlement à la faillite de X Shore AB, l’activité industrielle pourrait toutefois connaître une forme de continuité. L’investisseur norvégien Ståle Reiersen a repris X Shore Production AB, entité distincte exploitant les installations de Nyköping, et travaille à une relance partielle de la production. Il a également acquis une grande partie des unités récemment mises aux enchères.
Dans une communication publique, le fondateur rappelle que X Shore ne visait pas uniquement la construction d’un bateau, mais la création d’un produit global, associant design, technologie et expérience utilisateur, ce qui semble un peu fumeux et abscon.
Si la vision portée par la marque a contribué à faire évoluer les standards du secteur, elle n’aura pas suffi à garantir sa viabilité économique à long terme.
Décryptage - avec des bateaux offrant un bon comportement en mer, un vrai plaisir de pilotage pour un usage à la journée, X Shore avait tout pour réussir. Quelques problèmes techniques ont entaché le développement de la marque, qui a surtout souffert de la création d'un outil industriel utlra-moderne, largement surdimensionné par rapport à la taille du marché. En bref, des yeux plus gros que le ventre, sans doute poussés par des consultants optimistes ennivrés par la reprise post-covid. Chose intéressante, son compatriote Candela, spécialiste des foilers électriques volants, a totalement repositionné son offre vers des navettes à passagers, plutot que des foilers de plaisance.... pour des bassins d'utilisation calmes et sans grosses vagues, les lidars et autres caméras ayant du mal à les anticiper/matérialiser...