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Narcotrafic : vers un renforcement généralisé de la surveillance dans les ports de plaisance français

Face à l’évolution des routes du narcotrafic maritime, les ports de plaisance français font l’objet d’un renforcement des dispositifs de contrôle. Historiquement moins encadrés que les grands ports de commerce, ils présentent des caractéristiques recherchées par les trafiquants : multiplicité des points d’escale, trafic saisonnier dense et circulation internationale de navires de petite taille.

Narcotrafic : vers un renforcement généralisé de la surveillance dans les ports de plaisance français

En Méditerranée, des ports comme Port-Camargue, Antibes (port Vauban) ou Hyères ont intensifié les contrôles coordonnés entre capitaineries, douanes, gendarmerie maritime et police aux frontières. Sur la façade Atlantique, les ports des Minimes à La Rochelle, du Crouesty (Morbihan) ou encore de Saint-Malo sont également concernés par des opérations régulières de surveillance portuaire.

Jusqu’à récemment, l’absence de déclaration obligatoire pour les navigations côtières nationales constituait un point de vulnérabilité. Un plaisancier quittant un port français pour un autre port français n’avait pas à effectuer de formalité de sortie auprès des douanes françaises. Les autorités compensaient cette souplesse réglementaire par une stratégie fondée sur l’analyse de risque, incluant la provenance du navire, les itinéraires atypiques et les incohérences administratives. Les données AIS (Automatic Identification System) permettent de retracer les trajectoires maritimes et d’identifier d’éventuelles anomalies.

Les brigades nautiques des douanes interviennent en mer comme à quai. Les inspections portent sur les cales, coffres techniques, réservoirs modifiés ou compartiments dissimulés. La gendarmerie maritime et les unités nautiques de sécurité complètent ce dispositif, particulièrement en période estivale. Plusieurs ports, dont Marseille et Nice, ont renforcé leurs systèmes de vidéosurveillance et de contrôle d’accès aux pontons.

Une évolution majeure est intervenue en février 2025 à La Rochelle. Le port charentais a expérimenté une déclaration d’arrivée obligatoire pour tous les navires, y compris les bateaux de plaisance. Le dispositif prévoit l’enregistrement systématique des entrées au port, quelle que soit la provenance.

Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de la loi « Sortir la France du piège du narcotrafic », adoptée par l’Assemblée nationale le 29 avril 2025. L’amendement porté par le député Olivier Falorni prévoit la levée de l’anonymat des plaisanciers et la généralisation de la déclaration d’arrivée dans les ports de plaisance.

L’objectif est de renforcer la traçabilité des mouvements maritimes et de limiter l’utilisation des ports de plaisance comme points d’entrée du trafic de stupéfiants, tout en préservant l’activité nautique légitime.

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