24 Mars 2026
Réunis le 19 mars 2026 à Paris, au siège du groupe BPCE, les acteurs de la course au large ont participé à la deuxième édition des Assises « Course au Large 2030 ». Organisé dans le cadre de la démarche lancée par la Fédération Française de Voile en 2023, ce rendez-vous marque une étape importante dans la structuration d’une stratégie collective visant à faire évoluer le modèle de la discipline face aux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux.
© FFVoile
Depuis plusieurs décennies, la course au large occupe une place singulière dans le paysage sportif français. Héritière des grandes traversées océaniques et des premières compétitions en solitaire du XXe siècle, elle s’est progressivement structurée autour de classes emblématiques comme le Figaro, l’IMOCA ou encore l’Ultim. La France y joue un rôle central, tant par le nombre d’épreuves organisées que par l’expertise technique et sportive développée. Des courses comme la Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre ou le Vendée Globe ont contribué à populariser cette discipline, tout en en faisant un laboratoire d’innovation technologique. Aujourd’hui, cette dynamique d’innovation s’étend aux enjeux environnementaux, avec une volonté croissante d’inscrire la course au large dans une trajectoire plus durable.
Les Assises « Course au Large 2030 » ont réuni un large éventail d’acteurs : classes, organisateurs, skippers, partenaires privés, institutions et territoires. Cette diversité illustre la complexité de l’écosystème et la nécessité d’une approche collective pour accompagner la transformation du secteur.
En ouverture, plusieurs interventions ont posé les bases de cette réflexion. Pierre-Laurent Berne, représentant de Banque Populaire, a présenté un « Guide de l’Eau » destiné aux TPE et PME, tandis que Jean-Luc Denéchau, président de la Fédération Française de Voile, a rappelé le rôle de la Fondation de la Voile dans le financement et la structuration du projet.
Au fil des échanges, les participants ont insisté sur l’importance de la co-construction. Depuis 2023, les travaux menés dans le cadre des ateliers « Course au Large 2030 » reposent sur une logique de partage d’expériences et de mise en commun des expertises.
L’un des principaux objectifs de ces Assises était de présenter les premières actions concrètes issues de cette démarche. Sept initiatives ont ainsi été dévoilées, articulées autour de trois axes principaux : former, partager et expérimenter.
Sur le volet formation, il s’agit de sensibiliser l’ensemble des acteurs (skippers, équipes techniques, organisateurs) aux enjeux environnementaux et aux leviers d’action disponibles. Cette montée en compétence apparaît comme un préalable à toute transformation durable.
La campagne « Les voix de l’Océan » vise quant à elle à mobiliser les skippers pour sensibiliser le grand public. En s’appuyant sur la notoriété de ces figures emblématiques, l’initiative entend renforcer la portée des messages liés à la protection des milieux marins.
D’autres actions concernent la structuration du secteur, notamment avec la création d’une plateforme de ressources destinée à centraliser les informations utiles à la transition. Une étude sur le transfert des innovations issues de la course au large vers d’autres industries est également en cours.
La question du cycle de vie des équipements est abordée à travers la mise en place d’une place de marché dédiée au réemploi. Enfin, des ateliers exploratoires visent à améliorer la collecte de données, à développer l’éco-conception et à favoriser le partage d’expertise.
L’extension du label RISE et de l’Ecoscore, déjà développés par la classe IMOCA, à d’autres classes est également à l’étude.
Au-delà des annonces, les Assises ont mis en lumière des initiatives déjà en cours au sein des différentes classes. Les Ultim, IMOCA, Ocean Fifty, Class40, Figaro et Mini ont ainsi exprimé leur volonté d’intégrer les limites environnementales dans leurs modèles de développement.
Cela se traduit notamment par une meilleure maîtrise des cycles de construction, le développement du réemploi des matériaux et la mise en place d’outils de mesure de l’impact environnemental. Les règles de classe évoluent également pour intégrer ces nouveaux enjeux.
Les partenaires privés jouent un rôle déterminant dans cette dynamique. De plus en plus attentifs aux questions de responsabilité environnementale, ils accompagnent les équipes dans la mise en œuvre de solutions plus durables.
Les organisateurs d’événements et les collectivités territoriales ont également identifié plusieurs leviers d’action. Parmi les priorités figurent la réduction des déchets, la conception de villages de course plus durables et le développement d’une offre de restauration locale et responsable.
La question de la mobilité est également centrale, avec des réflexions sur la réduction de l’empreinte carbone liée aux déplacements des équipes, des spectateurs et des infrastructures logistiques.
Par ailleurs, les organisateurs souhaitent renforcer les actions de sensibilisation à la protection des océans et à la biodiversité, tout en favorisant l’inclusion et l’accessibilité des événements.