25 Mars 2026
La saison 2026 de l’Académie Figaro Beneteau a débuté fin mars avec le Trophée Laura Vergne, avant de se poursuivre début avril avec le Spi Ouest France Banque Populaire Grand Ouest à La Trinité-sur-Mer. Créée en 2022, cette structure vise à faciliter l’accès des jeunes marins au circuit Figaro, considéré comme l’un des plus exigeants de la course au large. En proposant un format progressif, alternant double, équipage et parfois solo, l’Académie s’inscrit comme une étape intermédiaire entre la formation amateur et le haut niveau.
Le circuit Figaro Beneteau, lancé à la fin des années 1960 autour de la Solitaire du Figaro, s’est imposé au fil des décennies comme une filière de référence dans la formation des skippers professionnels. De nombreux navigateurs aujourd’hui reconnus y ont fait leurs débuts, à l’image de Michel Desjoyeaux ou Jean Le Cam. Structuré autour de monotypes, et notamment du Figaro Beneteau 3 depuis 2019, le championnat repose sur l’égalité des chances et la maîtrise technique. C’est dans cet environnement exigeant que l’Académie s’inscrit, en permettant une montée en compétence progressive.
L’un des principaux apports de l’Académie réside dans son approche pédagogique. Plutôt que d’exposer immédiatement les marins à la navigation en solitaire, particulièrement exigeante, elle privilégie une phase d’apprentissage en double et en équipage. Cette progression permet d’acquérir des réflexes techniques, mais aussi une meilleure compréhension des situations de course.
Plusieurs participants soulignent l’importance de cette étape. Pour Léo Bothorel, engagé sur le Championnat de France Elite depuis 2025, la répétition des courses et la diversité des formats constituent un atout majeur. Le Tour Voile, notamment, offre une intensité particulière avec de nombreux départs en peu de temps, confrontant les équipages à des conditions variées.
De son côté, Thomas Dinas insiste sur l’acquisition des routines propres au circuit Figaro : préparation du bateau, contrôles de sécurité ou encore respect de la jauge. Autant d’éléments indispensables pour évoluer dans un environnement professionnel.
L’Académie propose également une immersion directe dans les épreuves du Championnat de France Elite de Course au Large. Les participants prennent part à certaines courses sur des parcours identiques à ceux des skippers professionnels, bien que les départs soient décalés.
Cette proximité permet de se mesurer indirectement aux meilleurs, tout en bénéficiant d’un cadre plus souple. Les échanges à terre avec les skippers expérimentés, souvent ouverts au partage, constituent un levier d’apprentissage supplémentaire. Pour Maë Cottereau, cette interaction favorise la progression technique, notamment en matière de réglages.
Ce modèle hybride, combinant exigence sportive et droit à l’erreur, contribue à sécuriser la transition vers la compétition en solitaire.
Un levier d’accès au circuit professionnel
Au-delà de la formation technique, l’Académie joue un rôle structurant dans l’accès au circuit Figaro. Les coûts d’entrée dans la course au large peuvent constituer un frein pour de nombreux jeunes marins. En mutualisant les moyens et en proposant des formats collectifs, l’Académie permet de réduire ces barrières.
Paul Cousin, vainqueur du Tour Voile 2025, souligne l’intérêt de pouvoir accumuler de l’expérience à moindre coût. Cette première exposition au support Figaro constitue également un avantage lors des sélections ou des candidatures à des projets plus ambitieux.
L’impact de cette formation dépasse d’ailleurs le seul cadre du Figaro. Certains skippers mettent en avant les compétences acquises, notamment en stratégie et en réglages, comme des atouts sur d’autres circuits, tels que la classe Mini 6.50.
La dimension relationnelle constitue un autre pilier de l’Académie. Naviguer en double ou en équipage favorise la rencontre avec d’autres marins, mais aussi avec des préparateurs, partenaires ou sponsors potentiels.
Dans un milieu où les projets reposent souvent sur des dynamiques collectives, cette capacité à s’entourer apparaît déterminante. Les échanges entre participants, mais aussi avec les skippers confirmés, participent à la construction d’un réseau professionnel.
Cette logique s’inscrit dans l’ADN du circuit Figaro, historiquement marqué par un esprit de transmission. Yann Eliès, figure du circuit, rappelle d’ailleurs l’importance de cet héritage, où les générations expérimentées accompagnent les nouveaux entrants.
Les premiers résultats observés confirment l’efficacité du dispositif. Lors de la Solo Guy Cotten 2026, deux skippers issus du Tour Voile se sont imposés aux premières places, illustrant la capacité de l’Académie à préparer des profils compétitifs.
Ce type de performance contribue à renforcer la légitimité de la structure, qui s’affirme progressivement comme un passage quasi incontournable pour les jeunes marins souhaitant intégrer le circuit professionnel.
Le programme 2026 de l’Académie s’articule autour de plusieurs épreuves réparties sur l’année, combinant formats courts et courses au large. Parmi les rendez-vous majeurs figurent le Spi Ouest France, le Grand Prix de l’École Navale, le Tour Voile ou encore le National Figaro Beneteau 3 en fin de saison.