Yachting - Le constructeur italien de superyachts The Italian Sea GRoup (TISG) franchit un nouveau seuil dans sa crise financière. Après avoir reconnu une perte de près de 164 millions d’euros et des capitaux propres désormais déficitaires de près de 400 millions d’euros, The Italian Sea Group doit désormais convaincre ses créanciers et trouver de nouvelles ressources financières pour assurer sa survie. En parallèle, la cession de plusieurs actifs stratégiques, dont l’ancien chantier Picchiotti de La Spezia, seAdmble se préciser.
La crise de The Italian Sea Group (TISG) - Admiral, Perini Navai, Tecnomar, NCA - continue de s’aggraver. Réunie le 22 juillet, l’assemblée générale des actionnaires a officiellement constaté que le groupe avait perdu la totalité de ses capitaux propres, conséquence directe de pertes massives enregistrées en 2025 et au début de l’exercice 2026.
Selon les chiffres communiqués aux actionnaires, les capitaux propres consolidés ressortent désormais à -399,2 millions d’euros, une situation qui traduit une insolvabilité comptable et place le constructeur italien dans une phase particulièrement délicate de son processus de restructuration.
Une perte de près de 164 millions d’euros en 2025
Les comptes provisoires présentés lors de l’assemblée générale font apparaître une perte nette de 163,8 millions d’euros au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2025.
Cette dégradation spectaculaire des résultats trouve son origine dans les dérives financières constatées sur une grande partie des contrats de construction en cours. Dès le mois de février, le conseil d’administration avait identifié d’importants dépassements de coûts de production, entraînant une forte dégradation de la rentabilité des programmes et une pression croissante sur la trésorerie du groupe.
Face à ces anomalies, TISG avait confié à KPMG la réalisation d’un audit forensique indépendant afin d’identifier les responsabilités. Plusieurs anciens dirigeants font désormais l’objet de procédures judiciaires engagées par le groupe.
Des capitaux propres entièrement absorbés par les pertes
Au-delà de la perte enregistrée en 2025, la situation s’est encore dégradée au cours des premiers mois de 2026.
Le bilan arrêté au 30 avril fait apparaître des capitaux propres négatifs de 399,2 millions d’euros, confirmant que l’intégralité des fonds propres a été absorbée par les pertes accumulées.
Dans une entreprise cotée, une telle situation constitue un signal extrêmement préoccupant. Des capitaux propres négatifs signifient que la valeur comptable des actifs ne couvre plus l’ensemble des dettes du groupe, rendant indispensable une recapitalisation, une restructuration de la dette ou une combinaison des deux.
Une restructuration désormais placée sous protection judiciaire
Depuis plusieurs mois, The Italian Sea Group tente de stabiliser sa situation financière grâce aux dispositifs prévus par le droit italien des entreprises en difficulté.
Le groupe bénéficie actuellement d’un cadre juridique destiné à protéger ses actifs pendant les négociations avec ses créanciers. Cette procédure suspend temporairement certaines obligations normalement imposées aux sociétés dont les capitaux propres sont devenus insuffisants et laisse du temps à la direction pour élaborer un plan global de restructuration.
Les discussions portent désormais sur un accord avec les créanciers, tandis que plusieurs scénarios restent à l’étude, notamment une recapitalisation, une restructuration de la dette et la cession de certains actifs non stratégiques.
Le chantier Picchiotti attire déjà plusieurs candidats
Parmi les actifs susceptibles d’être vendus figure l’ancien chantier Picchiotti, situé sur le « Blue Mile » de La Spezia.
Cette installation industrielle suscite déjà l’intérêt de plusieurs grands acteurs italiens du nautisme. Selon la presse italienne, Azimut Benetti, le Ferretti Group, Baglietto ainsi que Fincantieri étudieraient le dossier.
Une telle opération permettrait au groupe de dégager rapidement des liquidités tout en réduisant son périmètre industriel.
La Bourse parie sur une issue positive
Malgré la gravité de la situation financière, les investisseurs ont accueilli favorablement la perspective d’une cession d’actifs.
L’action The Italian Sea Group a ainsi progressé au cours de la séance du 22 juillet, passant de 0,99 euro à 1,05 euro.
Cette réaction traduit l’espoir du marché de voir le groupe dégager rapidement de nouvelles ressources financières et parvenir à un accord avec ses créanciers.
Pour autant, la situation reste extrêmement fragile. Avec des capitaux propres déficitaires de près de 400 millions d’euros, TISG devra désormais convaincre ses banques, ses créanciers et d’éventuels investisseurs que son plan de restructuration est capable d’assurer la pérennité d’un des principaux constructeurs italiens de superyachts.
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