21 Mars 2026
Présenté pour la première fois au salon boot Düsseldorf 2026, le Marcopolo MP12 marque l’entrée officielle de la marque Marcopolo Adventure Yachts sur le marché nautique. Après une phase de lancement réussie auprès des professionnels et du public, ce modèle de 12,70 mètres entame désormais sa phase opérationnelle en mer, étape clé pour valider les choix techniques et conceptuels qui ont structuré son développement.
La marque Marcopolo Adventure Yachts s’inscrit dans la stratégie du groupe italien Aschenez, dirigé par Rosario Alcaro. Ce groupe s’est déjà imposé dans le secteur de la plaisance avec les marques Invictus Yacht et Capoforte, positionnées respectivement sur les segments premium et plus accessibles. Avec Marcopolo, Aschenez explore un nouveau positionnement, centré sur les bateaux dits « d’aventure », répondant à une évolution de la demande vers des unités polyvalentes, capables de s’adapter à des usages variés. Cette orientation s’inscrit dans une tendance plus large du marché, où les chantiers cherchent à diversifier leur offre face à des attentes clients en mutation, notamment en matière de modularité, de performance et d’expérience à bord.
Le MP12 se distingue avant tout par sa capacité de transformation. Le concept repose sur une architecture modulaire permettant de faire évoluer l’aménagement du bateau entre différentes configurations, notamment entre un usage ouvert et une configuration de croisière plus fermée.
Cette approche reste encore peu répandue sur ce segment de marché, traditionnellement structuré autour de modèles figés. Elle répond à une logique économique et fonctionnelle : prolonger le cycle de vie du bateau, maintenir sa valeur sur le marché secondaire et offrir une flexibilité d’usage aux propriétaires.
Dans un contexte où l’investissement dans un bateau représente un engagement important, cette modularité constitue un argument différenciant, en particulier pour une clientèle souhaitant adapter son unité à des usages évolutifs, entre sorties à la journée et croisières plus longues.
Le design du MP12, confié au Roberto Delfanti Design Lab, traduit cette volonté de proposer une expérience polyvalente. Le pont principal est structuré autour d’un espace de vie modulable, intégrant des terrasses latérales rabattables qui permettent d’agrandir le cockpit.
Cette configuration favorise une utilisation flexible de l’espace, adaptée à différents scénarios : navigation, mouillage ou réception. La présence de larges baies vitrées dans la version croisière renforce la continuité entre intérieur et extérieur, tout en améliorant la luminosité à bord.
À l’avant, le pont propose un espace de détente étendu, avec bain de soleil et assises, tandis que l’intérieur offre une configuration classique mais optimisée : cabine double à l’avant, couchettes supplémentaires au centre et espaces de vie modulables.
Cette organisation répond à un compromis entre confort et rationalisation des volumes, dans un bateau de taille intermédiaire.
Sur le plan technique, le MP12 adopte une propulsion hors-bord, avec une configuration pouvant atteindre trois moteurs de 450 chevaux. Ce choix s’inscrit dans une tendance croissante du marché, où les motorisations hors-bord gagnent en popularité pour leur facilité d’entretien, leur modularité et leurs performances.
La coque à triple redan (ou « triple step ») constitue un autre élément structurant. Ce type de carène vise à réduire la résistance hydrodynamique, améliorer l’efficacité énergétique et permettre des vitesses élevées, pouvant atteindre environ 40 nœuds dans des conditions optimales.
Le recours à des outils de simulation avancés, notamment la dynamique des fluides computationnelle (CFD), témoigne de l’intégration croissante des technologies numériques dans la conception navale. Ces méthodes permettent d’optimiser les performances tout en réduisant les phases d’essais physiques.
Le MP12 intègre également des matériaux issus d’autres industries, notamment l’automobile et l’aéronautique. L’utilisation de PET recyclé pour certaines structures, de polypropylène alvéolaire pour les cloisons ou encore de fibre de carbone pour les éléments supérieurs s’inscrit dans une double logique : réduction du poids et amélioration de l’efficacité énergétique.
Ces choix techniques reflètent une évolution du secteur vers des solutions plus légères et potentiellement moins impactantes sur le plan environnemental. Toutefois, leur généralisation reste conditionnée à des enjeux de coûts et d’industrialisation.
Par ailleurs, certains matériaux de finition, comme les textiles techniques inspirés du sport automobile ou les revêtements composites intégrant du liège, participent à l’amélioration du confort thermique et de la durabilité.
Le lancement du MP12 intervient dans un contexte de transformation du marché nautique. Après plusieurs années de croissance soutenue, notamment post-pandémie, le secteur connaît une phase de normalisation, avec une demande plus sélective et des attentes clients plus diversifiées.
Dans ce contexte, les chantiers cherchent à se différencier par l’innovation, la montée en gamme et la diversification des usages. Le segment des bateaux « d’aventure » ou polyvalents s’inscrit dans cette dynamique, à la croisée des usages traditionnels de la plaisance et de nouvelles formes de navigation plus exploratoires.
Le positionnement du MP12 vise ainsi à capter une clientèle à la recherche d’unités capables de répondre à plusieurs usages, tout en intégrant des standards de confort et de performance élevés.