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Nautisme - Résultats 2025 du Groupe Bénéteau

Le groupe Bénéteau aborde l’année 2026 dans un contexte de transition après un exercice 2025 marqué par un net ralentissement de son activité. Dans un environnement macroéconomique incertain pour l’ensemble du secteur nautique, l’entreprise a enregistré une baisse significative de son chiffre d’affaires et une dégradation de sa rentabilité, tout en maintenant une structure financière solide.

Les premiers indicateurs pour 2026 laissent toutefois entrevoir un redressement progressif, soutenu par un carnet de commandes en hausse, une stratégie d’innovation produit renforcée et une amélioration attendue de la performance opérationnelle.

Nautisme - Résultats 2025 du Groupe Bénéteau

Un exercice 2025 marqué par un recul d’activité

En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 848,6 millions d’euros, en baisse de 17 % à taux de change constant. Cette évolution s’inscrit dans un contexte global de ralentissement de la demande, affectant l’ensemble des zones géographiques et des segments du nautisme.

Le premier semestre a été particulièrement pénalisant, avec une contraction marquée de l’activité liée à la normalisation des stocks au sein des réseaux de distribution. Cette phase d’ajustement, amorcée après plusieurs années de forte demande, a pesé fortement sur les volumes. Le recul du chiffre d’affaires au premier semestre s’est ainsi établi à plus de 27 %, avant un ralentissement de la baisse au second semestre (-5,2 %), traduisant un début de stabilisation.

Cette inflexion progressive repose en partie sur les premiers effets de la stratégie d’accélération des lancements de nouveaux modèles. L’ensemble des segments d’activité a montré des signes d’amélioration en seconde partie d’année, bien que de manière contrastée.

La voile multicoque a limité son recul à 5 % sur le second semestre, tandis que la voile monocoque est restée en retrait, avec une baisse annuelle importante, reflet d’un marché plus difficile sur ce segment. Du côté des bateaux à moteur, la situation apparaît plus favorable : le segment du motoryachting a réduit significativement son recul, et l’activité dayboating a retrouvé une dynamique positive en fin d’exercice.

Sur l’ensemble de l’année, la baisse du chiffre d’affaires s’explique principalement par un effet volume négatif, concentré sur le premier semestre. L’effet prix et remises a également pesé, mais a été partiellement compensé par une évolution du mix produit vers des gammes plus élevées.

 

Une rentabilité affectée par la conjoncture et des éléments exceptionnels

Le résultat opérationnel courant (ROC) du groupe s’est établi à -21,6 millions d’euros en 2025, soit une marge opérationnelle négative de 2,5 %. Cette performance reflète directement la contraction de l’activité, dont l’impact est estimé à près de 59 millions d’euros.

La rentabilité a également été affectée par plusieurs facteurs externes et internes. La normalisation de l’inflation, après une période de hausse des prix, a eu un effet défavorable estimé à 25 millions d’euros. Par ailleurs, des coûts exceptionnels ont pesé sur les résultats.

Parmi ces éléments figurent notamment les mesures de flexibilité mises en place en Europe pour ajuster les capacités de production tout en préservant les compétences, ainsi que les impacts liés aux barrières douanières et aux variations de change, notamment vis-à-vis du dollar américain.

Le déploiement d’un nouveau système ERP sur le site de Bordeaux a également généré des coûts d’inefficience et des pertes de chiffre d’affaires au premier semestre. Au total, ces éléments exceptionnels représentent un impact négatif cumulé d’environ 32 millions d’euros sur le résultat opérationnel.

L’EBITDA du groupe s’élève à 35,5 millions d’euros, en nette baisse par rapport à l’exercice précédent, traduisant la dégradation globale de la performance.

 

Un résultat net pénalisé par des décisions de recentrage stratégique

Le résultat net part du groupe ressort à -43 millions d’euros en 2025, contre un bénéfice significatif en 2024, qui intégrait toutefois des éléments exceptionnels liés à la cession d’activités.

Outre la baisse de la rentabilité opérationnelle, ce résultat négatif s’explique par la décision du groupe de se désengager de certaines activités jugées non rentables, notamment les opérations de boat clubs et de charter.

Ces activités, détenues en participation minoritaire, ont été affectées par la faiblesse persistante de leurs marchés. Le groupe a ainsi choisi de réorienter sa stratégie en se concentrant sur des offres de services complémentaires à la vente de bateaux, telles que le financement, le refit ou l’après-vente.

Ce désengagement s’est traduit par une dépréciation de 29 millions d’euros des actifs liés à ces activités, impactant directement le résultat financier.

Malgré la dégradation des résultats, le groupe Bénéteau conserve une situation financière robuste. La trésorerie nette s’élève à 248 millions d’euros à fin 2025, un niveau jugé élevé au regard du contexte.

Le groupe a généré un free cash-flow positif de 12 millions d’euros, ce qui constitue un élément notable compte tenu du résultat opérationnel négatif. Cette performance repose principalement sur une gestion rigoureuse du besoin en fonds de roulement.

La réduction des stocks, à hauteur de 28 millions d’euros sur l’exercice, a contribué à dégager de la trésorerie. Par ailleurs, les investissements ont été maîtrisés, tout en permettant de poursuivre le développement de nouveaux produits.

Cette solidité financière a également permis au groupe de maintenir une politique de distribution de dividendes, avec une proposition de versement de 0,20 euro par action pour 2026.

 

Gouvernance : une transition au sein de la direction opérationnelle

L’exercice 2025 et les perspectives 2026 s’accompagnent également d’une évolution au sein de la gouvernance opérationnelle du groupe. Gianguido Girotti, Directeur Général, quittera ses fonctions à l’issue de l’Assemblée Générale du 11 juin 2026, après douze années passées au sein du groupe.

Son départ intervient dans un contexte de transformation stratégique, marqué notamment par la montée en puissance du Design Center et l’accélération du développement produit. Afin d’assurer la continuité des projets en cours, le groupe a engagé une réorganisation avec la création d’une direction des projets, confiée à Sébastien Nolasco.

Cette évolution vise à renforcer la coordination entre les équipes de conception et de production, tout en réduisant les délais de mise sur le marché. Elle s’inscrit dans une logique d’adaptation organisationnelle, destinée à améliorer la compétitivité et à accompagner la stratégie d’innovation du groupe.

Face au ralentissement du marché, le groupe a privilégié une approche visant à préserver ses compétences internes. Des dispositifs d’activité partielle ont été mis en place en France et en Italie, permettant de maintenir environ 10 % des effectifs concernés.

Cette stratégie s’accompagne d’un effort accru en matière de formation, avec une augmentation du nombre d’heures par salarié. L’objectif est de maintenir un niveau de qualification élevé en vue d’un rebond de l’activité.

 

Une stratégie produit orientée vers l’innovation et la montée en gamme

La stratégie du groupe repose en grande partie sur l’accélération des lancements de nouveaux modèles. Entre 2025 et 2027, 66 nouveautés sont prévues, dont 24 pour la seule année 2026.

Cette dynamique vise à stimuler la demande dans un marché en phase de ralentissement, tout en poursuivant la montée en gamme de l’offre. Le positionnement sur des segments à plus forte valeur ajoutée constitue un levier de croissance et de différenciation.

Parallèlement, le groupe poursuit le développement de solutions plus durables, notamment avec l’introduction de systèmes de propulsion hybride et le déploiement d’initiatives d’économie circulaire dans les matériaux composites.

 

Des perspectives de reprise en 2026

À fin février 2026, le carnet de commandes du groupe affiche une progression de plus de 10 % sur un an, traduisant une amélioration de la dynamique commerciale.

Cette croissance est portée à la fois par les segments voile et moteur, avec une progression plus marquée sur ce dernier. Dans un contexte où les stocks des distributeurs sont désormais normalisés, cette évolution constitue un indicateur avancé de reprise.

Le groupe anticipe ainsi une croissance significative de son chiffre d’affaires en 2026, accompagnée d’un redressement des marges opérationnelles. Cette amélioration devrait être soutenue par la hausse des volumes, des gains de compétitivité et la stabilisation de certains coûts exceptionnels.

Toutefois, ces perspectives restent conditionnées à l’évolution du contexte macroéconomique et géopolitique.

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