Ce secteur se trouve à hauteur de Chagny, en Saône-et-Loire, au cœur d’un territoire viticole et touristique réputé entre Beaune et Chalon-sur-Saône. Le canal y longe une zone habitée en léger surplomb, ce qui avait fortement accru les risques lors de la rupture partielle de la digue en avril 2025. Face à cette situation, les autorités avaient pris la décision d’interrompre immédiatement la navigation et de vider entièrement le bief afin de sécuriser les habitations voisines.
Cette coupure avait fragmenté le canal sur plus de vingt kilomètres, perturbant à la fois le transport fluvial et l’activité touristique, essentielle pour cette région traversée par de nombreux plaisanciers. Toutefois, certains tronçons avaient pu rester ouverts, notamment entre Crissey et Fragnes, ainsi qu’entre Saint-Gilles et Digoin, permettant de maintenir une activité partielle.
Les travaux de réparation, lancés en novembre 2025, ont mobilisé des techniques spécifiques pour garantir la solidité de l’ouvrage. La digue a été consolidée grâce à une paroi végétalisée renforcée côté résidentiel, tandis que des opérations d’étanchéification ont été menées pour sécuriser durablement le bief. Ce chantier, achevé en mars 2026, illustre l’importance de l’entretien des infrastructures fluviales dans un contexte de transition écologique et de valorisation des mobilités douces.
La remise en eau s’effectuera de manière progressive afin de préserver les berges et les écosystèmes. Lors de la réouverture, le mouillage sera temporairement limité à 1,60 mètre avant de retrouver son niveau habituel de deux mètres une semaine plus tard. Ce calendrier permet d’assurer une reprise maîtrisée de la navigation, notamment à l’approche du week-end de Pâques, période clé pour le tourisme fluvial.
Pour Voies navigables de France, gestionnaire du canal, cette réouverture dépasse la simple remise en service d’un ouvrage. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du réseau fluvial un levier de développement territorial. L’établissement public souligne le rôle du canal dans l’attractivité économique, touristique et environnementale des régions traversées.
Au-delà de l’aspect technique, cet épisode rappelle la fragilité de certains ouvrages anciens face aux aléas climatiques et à l’usure du temps. Il met également en lumière les enjeux liés à la cohabitation entre infrastructures hydrauliques et zones urbanisées.
Avec la reprise de la navigation à Chagny, c’est l’ensemble du canal du Centre qui retrouve sa continuité. Un signal positif pour les acteurs locaux, entre professionnels du tourisme, collectivités et usagers, qui voient dans cette réouverture une opportunité de relance pour un territoire étroitement lié à son patrimoine fluvial.