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Archipel des Sanguinaires : l’éradication du rat noir ouvre une nouvelle étape pour la biodiversité au large d’Ajaccio

Au large d’Ajaccio, l’archipel des Sanguinaires entre dans une nouvelle phase de restauration écologique. Après plusieurs mois d’opérations menées dans le cadre du programme européen Life espèces marines mobiles, les premiers résultats de l’éradication du rat noir apparaissent particulièrement encourageants. Objectif : restaurer durablement la biodiversité des îlots et favoriser, à terme, l’installation du puffin yelkouan, un oiseau marin protégé emblématique de Méditerranée.

Archipel des Sanguinaires : l’éradication du rat noir ouvre une nouvelle étape pour la biodiversité au large d’Ajaccio

Une mission scientifique en cours sur les îles Sanguinaires

Depuis plusieurs jours, une équipe réunissant l’ONG PIM, l’Office français de la biodiversité et le syndicat mixte de gestion des îles Sanguinaires mène une vaste mission de suivi écologique sur Mezzu Mare et les différents îlots de l’archipel.

Cette opération post-éradication vise à mesurer l’évolution de la biodiversité après la disparition du rat noir, espèce invasive particulièrement destructrice pour les écosystèmes insulaires méditerranéens.

Des enregistreurs acoustiques ont notamment été installés afin d’analyser la présence des oiseaux nicheurs et migrateurs. D’autres dispositifs permettent également d’observer l’évolution de la végétation, des insectes ainsi que des reptiles présents sur les îles, notamment les geckos et les lézards, considérés comme des espèces indicatrices de l’état écologique du site.

Le rat noir, une menace majeure pour les oiseaux marins

Longtemps présent sur l’archipel des Sanguinaires, le rat noir perturbait fortement les équilibres biologiques des îlots situés à l’entrée du golfe d’Ajaccio.

Contrairement au rat urbain, cette espèce invasive représente une menace directe pour les oiseaux marins nicheurs. Prédateur opportuniste, le rat noir s’attaque aux œufs, aux poussins et aux jeunes oiseaux, compromettant fortement les capacités de reproduction de plusieurs espèces méditerranéennes protégées.

Son impact ne se limitait pas à l’avifaune. Herbivore et insectivore, le rongeur affectait également les jeunes pousses de plantes endémiques, les populations d’insectes et l’ensemble de la chaîne écologique des îles.

Parmi les espèces concernées figurent notamment le cormoran huppé, certaines fauvettes méditerranéennes, les martinets ainsi que le goéland leucophée.

Une opération d’éradication jugée très positive

Lancée en 2024 dans le cadre du programme Life espèces marines mobiles coordonné par l’OFB, la campagne de dératisation s’est déroulée sur plusieurs semaines avec l’appui d’une entreprise spécialisée.

Selon les premiers constats réalisés sur le terrain, le rat noir aurait désormais totalement disparu des îlots concernés. Les opérations de suivi menées depuis la fin de l’année 2025 n’ont révélé aucune nouvelle présence du rongeur.

Des postes permanents de biosécurité ont toutefois été installés afin de prévenir toute réinfestation. Ces dispositifs font l’objet de contrôles réguliers, notamment pour détecter d’éventuels individus ayant échappé aux campagnes initiales.

Cette vigilance reste essentielle compte tenu de la forte capacité de reproduction du rat noir et de sa faculté d’adaptation particulièrement élevée.

Le puffin yelkouan au cœur du projet écologique

Derrière cette opération de restauration environnementale se trouve un objectif précis : favoriser l’installation du puffin yelkouan sur l’archipel des Sanguinaires.

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Cet oiseau marin protégé évolue déjà dans le golfe d’Ajaccio mais ne niche pas encore sur les îlots des Sanguinaires. La pression exercée jusqu’ici par le rat noir empêchait son implantation durable.

À terme, les gestionnaires du programme envisagent plusieurs dispositifs complémentaires afin d’accompagner l’arrivée du puffin yelkouan. Des cavités artificielles pourraient notamment être créées pour faciliter sa nidification, tandis que des systèmes d’attraction sonore pourraient également être utilisés.

Les premières actions de ce type pourraient être engagées à partir de 2027, une fois l’éradication du rat noir définitivement confirmée et les données scientifiques consolidées.

La fréquentation touristique sous surveillance

Très fréquenté durant la saison estivale, l’archipel des Sanguinaires reste ouvert au public. Cette fréquentation constitue toutefois l’un des principaux enjeux de préservation du site.

Le risque majeur réside dans une réintroduction accidentelle du rat noir par les bateaux de visiteurs ou les opérations logistiques menées sur les îlots. Excellent nageur, le rongeur pourrait également rejoindre certains secteurs depuis la pointe de la Parata.

Afin de limiter ces risques, les gestionnaires du programme ont mis en place un important travail de sensibilisation auprès des professionnels du nautisme et des visiteurs.

Les touristes sont notamment invités à ne laisser aucun déchet ou reste alimentaire sur place, à respecter les sentiers balisés et à éviter toute perturbation de la faune sauvage. Les professionnels maritimes doivent quant à eux veiller à l’absence de rongeurs à bord de leurs embarcations.

Une restauration écologique emblématique en Méditerranée

L’opération menée sur l’archipel des Sanguinaires illustre plus largement les nouveaux enjeux de restauration écologique des îles méditerranéennes confrontées aux espèces invasives.

Dans de nombreux territoires insulaires, la lutte contre le rat noir constitue aujourd’hui une priorité environnementale afin de protéger des écosystèmes particulièrement fragiles et souvent uniques.

Au large d’Ajaccio, les premiers résultats observés semblent confirmer l’efficacité du dispositif engagé. Reste désormais à inscrire cette réussite dans la durée afin de permettre à la biodiversité locale de se reconstituer pleinement dans les années à venir.

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