9 Mai 2026
Dans l’univers de la croisière en Polynésie française, les catamarans occupent aujourd’hui une place largement majoritaire. Spacieux, confortables au mouillage et adaptés aux programmes touristiques classiques, ils constituent l’essentiel de l’offre proposée aux voyageurs dans les archipels polynésiens. Pourtant, certains navigateurs privilégient une approche radicalement différente, fondée non plus sur la vie au mouillage mais sur le plaisir même de naviguer sous voiles.
C’est le choix effectué par David Dussau, installé depuis plusieurs années en Polynésie, où il exploite actuellement un Pogo 12.50 baptisé Fast Guy. Son activité de charter repose sur une philosophie simple : faire de la navigation une composante essentielle du voyage entre les îles.
Le navigateur prépare déjà l’arrivée d’un second voilier, un Pogo 44 actuellement en construction chez Pogo Structures, à Combrit, dans le Finistère. Cette nouvelle unité rejoindra la Polynésie fin 2026 après un convoyage depuis la Bretagne.
Le choix du monocoque performant répond directement aux spécificités nautiques de la Polynésie française. Si l’image des lagons turquoise et des mouillages abrités domine souvent les représentations du territoire, la réalité maritime locale impose des conditions beaucoup plus variées. Les longues traversées entre archipels, les passes d’accès parfois délicates, les accélérations de vent liées au relief volcanique ou encore les zones de faible profondeur nécessitent des bateaux polyvalents et capables d’évoluer dans des contextes très différents.
David Dussau nous explique avoir "recherché un voilier capable de conjuguer vitesse, faible tirant d’eau et efficacité sous voiles, aussi bien dans les lagons que lors des navigations hauturières entre les archipels".
Son Pogo 12.50 présente plusieurs caractéristiques techniques adaptées à ce programme. Sa coque légère, associée à un mât carbone et à une importante surface de voilure, lui permet d’exploiter efficacement les faibles régimes de vent fréquents dans certaines zones des archipels de la Société et des Tuamotu. Là où de nombreux bateaux de charter naviguent régulièrement au moteur, le monocoque conserve une propulsion essentiellement vélique.
Le faible tirant d’eau constitue également un avantage déterminant dans les lagons polynésiens. Grâce à sa quille relevable, le Pogo 12.50 peut évoluer avec seulement 1,20 mètre de tirant d’eau en position haute. Cette configuration facilite l’accès à des mouillages peu profonds souvent inaccessibles aux unités plus volumineuses.
À bord, la navigation se veut participative. Les passagers, qu’ils soient novices ou expérimentés, peuvent prendre part aux manœuvres, barrer le bateau ou participer aux réglages des voiles selon leurs envies. Cette approche privilégie une expérience plus active de la croisière, centrée sur les sensations de navigation et le déplacement sous voiles.
Les performances du bateau permettent également d’optimiser les itinéraires entre les îles et de réduire les temps de traversée. Dans des archipels où les distances peuvent être importantes, cette capacité offre davantage de flexibilité dans l’organisation des escales et des mouillages.
Le futur Pogo 44 prolongera cette orientation. Plus spacieux et plus confortable, il conservera les caractéristiques essentielles de la gamme : carène performante, faible tirant d’eau et simplicité de prise en main. Avec cette nouvelle unité, David Dussau poursuit le développement d’une offre de croisière atypique en Polynésie, fondée sur une pratique plus sportive et plus mobile de la voile au long cours.