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Yamaha. En Suède, la police mise aussi sur les Yamaha WaveRunner pour ses interventions nautiques

Publié le 21 août 2026 , mis à jour le 24 août 2026 Par ActuNautique Magazine

Rapides, maniables, transportables sur une simple remorque et dépourvues d’hélice extérieure, les motomarines présentent plusieurs qualités recherchées pour les interventions de police sur l’eau. En Suède, Polisen utilise notamment des Yamaha WaveRunner spécialement équipés. Ces machines complètent les vedettes de la police maritime et s’inscrivent dans une organisation plus large de surveillance des ports et de lutte contre les vols de bateaux et de moteurs hors-bord, notamment à travers le programme Båtsamverkan.

En Suède, la police mise aussi sur les Yamaha WaveRunner pour ses interventions nautiques
En Suède, la police mise aussi sur les Yamaha WaveRunner pour ses interventions nautiques

Une motomarine comme véritable véhicule de police

La motomarine n’est pas seulement un engin de loisirs en Suède. Elle peut également devenir un véritable véhicule d’intervention.

La police suédoise, Polisen, dispose de motomarines Yamaha WaveRunner adaptées à ses missions nautiques. Elles adoptent les codes des autres véhicules de police du pays : marquages POLIS, emblème officiel, surfaces réfléchissantes bleues et jaunes à haute visibilité et feux bleus d’intervention.

Le choix d’un WaveRunner de grand gabarit répond moins à une recherche de performances pures qu’à des impératifs opérationnels : stabilité, capacité d’emport, autonomie, facilité d’utilisation et possibilité d’accueillir les équipements nécessaires à une patrouille.

Ces machines ne remplacent pas les vedettes de la Sjöpolisen, la police maritime suédoise. Elles constituent un moyen complémentaire destiné aux missions pour lesquelles une embarcation légère, rapide et extrêmement mobile se révèle plus efficace.

Le Waverunner : un outil particulièrement adapté à la géographie suédoise

L’intérêt de la formule apparaît rapidement lorsque l’on observe la géographie du pays.

La Suède possède une façade maritime considérable sur la Baltique, le Kattegat et le Skagerrak, mais également des archipels comprenant des dizaines de milliers d’îles et d’îlots. À cela s’ajoutent les grands lacs et une multitude de plans d’eau intérieurs.

Pendant l’été, cette géographie accueille une activité de plaisance particulièrement importante.

Impossible, dans ces conditions, de disposer partout de vedettes de police basées à demeure.

La motomarine apporte une réponse beaucoup plus souple. Elle peut être transportée par la route sur une remorque, lancée depuis une cale puis redéployée rapidement vers un autre secteur.

Cette mobilité constitue probablement l’un de ses principaux avantages. Une unité de police peut disposer ponctuellement d’une capacité d’intervention nautique sans devoir entretenir un bateau dans chaque port ou sur chaque lac.

Rapide, maniable et à très faible tirant d’eau

Sur l’eau, le waverunner possède également plusieurs caractéristiques adaptées aux interventions de proximité.

Son encombrement limité facilite les déplacements à l’intérieur d’un port, entre des bateaux au mouillage ou dans des passages où une vedette devient moins maniable. Son très faible tirant d’eau lui permet d’approcher des plages et des zones côtières peu profondes.

L’accélération constitue un autre avantage. Pour intercepter un usager, rejoindre rapidement une zone d’accident ou assurer la sécurité d’une manifestation nautique, la motomarine permet une mise en mouvement presque immédiate.

Le pilote bénéficie en outre d’une excellente visibilité sur son environnement et peut communiquer directement avec les personnes contrôlées.

Une motomarine conserve évidemment des limites. Elle protège beaucoup moins son équipage des intempéries, offre une capacité d’emport réduite et ne peut remplacer une vedette pour les longues patrouilles, les interventions par mer difficile ou le transport de plusieurs personnes.

Les deux outils sont donc complémentaires.

Pas d’hélice extérieure : un avantage important en intervention

La propulsion constitue une autre particularité particulièrement intéressante pour les missions de police.

Un Yamaha WaveRunner ne possède pas d’hélice extérieure comme un bateau équipé d’un moteur hors-bord ou d’une ligne d’arbre traditionnelle.

Le moteur entraîne une pompe à jet intégrée dans la coque. L’eau est aspirée sous la machine, accélérée par une turbine puis expulsée à grande vitesse par une tuyère située à l’arrière. L’orientation du jet permet de diriger la motomarine.

Cette architecture élimine donc l’hélice exposée sous le bateau.

Pour une unité susceptible d’intervenir près de personnes tombées à l’eau, de baigneurs ou d’embarcations légères, l’avantage est réel : le risque de blessures provoquées par le contact avec une hélice extérieure en rotation disparaît.

C’est également l’une des raisons pour lesquelles les motomarines sont utilisées par de nombreux services de secours nautiques.

Cela ne rend évidemment pas un WaveRunner inoffensif. La masse de la machine, sa vitesse, la puissance du jet et les éléments internes de la pompe imposent des précautions. Mais lors d’une évolution à proximité immédiate d’une personne dans l’eau, l’absence d’hélice extérieure constitue une différence importante avec une embarcation motorisée conventionnelle.

Une police nautique présente dans les sept régions

La police maritime suédoise ne constitue pas une force séparée de Polisen.

La Sjöpolisen fait partie de l’organisation nationale et intervient dans plusieurs domaines : contrôles de navigation, prévention, recherche de personnes, constatation des infractions, lutte contre l’alcool au pilotage et surveillance générale.

Polisen indique que les sept régions policières suédoises disposent désormais d’une capacité d’intervention nautique, même si les moyens et leur permanence diffèrent selon les territoires.

Stockholm et la région Ouest concentrent logiquement une activité importante en raison de leurs vastes zones côtières et de leurs archipels.

La motomarine trouve dans cette organisation une place spécifique : intervention rapide, surveillance saisonnière, manifestations, plages, ports et contrôles de proximité.

Les motomarines sont elles-mêmes contrôlées

La situation ne manque pas d’ironie : les policiers peuvent utiliser des motomarines pour surveiller… les conducteurs de motomarines.

La Suède a renforcé sa réglementation face au développement de ces engins.

Depuis le 1er mai 2022, la conduite d’une motomarine nécessite en principe un förarbevis för vattenskoter, c’est-à-dire un certificat spécifique. L’âge minimum est fixé à 15 ans et la formation réglementaire comprend au moins quinze heures de théorie et de pratique.

Polisen et les garde-côtes, Kustbevakningen, peuvent arrêter une motomarine afin de procéder à un contrôle.

Une précision réglementaire mérite toutefois d’être apportée : les personnes conduisant une motomarine dans le cadre de l’activité d’une autorité publique ou d’un service de secours sont exemptées de l’obligation générale de posséder ce certificat. La règle concernant les plaisanciers ne s’applique donc pas de la même manière aux policiers en mission. (transportstyrelsen.se)

Båtsamverkan : la sécurité commence à terre

L’utilisation des motomarines de police s’inscrit aussi dans un environnement où la prévention des vols nautiques occupe une place importante.

La Suède a développé un programme baptisé Båtsamverkan, que l’on peut traduire par « coopération nautique ».

Son fonctionnement s’inspire directement de la surveillance de voisinage.

Le principe consiste à faire travailler ensemble propriétaires de bateaux, clubs nautiques, gestionnaires de ports, communes, police et Larmtjänst, organisme travaillant notamment avec le secteur suédois de l’assurance.

L’objectif n’est pas de transformer les plaisanciers en auxiliaires de police, mais de rendre les ports moins attractifs pour les délinquants et d’accélérer la remontée d’informations lorsqu’un comportement inhabituel est observé.

Polisen considère que Båtsamverkan produit des effets positifs sur la prévention et souligne que certains secteurs ont enregistré de fortes diminutions des vols après la mise en place du dispositif. (polisen.se)

Le moteur hors-bord, cible privilégiée

Cette politique répond à un problème particulièrement sensible dans les pays scandinaves : le vol de moteurs hors-bord.

Un moteur moderne concentre une valeur élevée dans un ensemble relativement compact. Les grosses puissances représentent plusieurs dizaines de milliers d’euros et peuvent être démontées puis transportées.

Les ports de plaisance deviennent donc des cibles intéressantes pour des équipes organisées.

Les vols ne concernent d’ailleurs plus uniquement les moteurs complets. Embases, équipements électroniques, écrans multifonctions et autres matériels nautiques coûteux peuvent également intéresser les trafiquants.

Face à cette criminalité, la rapidité de réaction est essentielle. Une surveillance organisée d’un port peut permettre de repérer des véhicules inhabituels, des personnes examinant plusieurs bateaux ou des mouvements intervenant à des horaires anormaux.

Båtsamverkan cherche précisément à structurer cette vigilance.

Marquer et documenter son bateau

La prévention passe également par l’identification du matériel.

La police recommande aux plaisanciers de conserver les références précises de leur bateau et de leur moteur : numéros de série, photographies, factures et caractéristiques permettant leur identification.

Le marquage peut être visible afin d’avoir un effet dissuasif, mais aussi dissimulé afin de permettre l’identification d’un moteur dont les références apparentes auraient été modifiées.

Les systèmes de localisation peuvent compléter ces mesures.

La sécurisation physique reste également essentielle : fixation du moteur, cadenas adaptés, éclairage du port, contrôle des accès et organisation de la surveillance.

Le système repose finalement sur l’accumulation de plusieurs obstacles plutôt que sur une solution unique.

Les vols de moteurs reculent fortement

Les statistiques récentes montrent une évolution spectaculaire.

Selon les données de Larmtjänst compilées à partir des statistiques du Brå, le Conseil national suédois de prévention de la criminalité, 57 vols de moteurs de bateaux ont été déclarés pendant le premier trimestre 2026.

Cela représente une baisse de 67 % par rapport au premier trimestre 2025.

La tendance est plus ancienne puisque la police indique que le nombre de vols de moteurs a fortement diminué depuis 2020. Elle met notamment en avant les effets de la prévention et de la coopération locale. (polisen.se)

Une diminution ne signifie cependant pas disparition du phénomène. Les ports deviennent notamment vulnérables lorsque la fréquentation diminue à la fin des vacances alors que les bateaux restent encore à l’eau.

Un complément léger aux vedettes de police

Le recours au Yamaha WaveRunner résume finalement assez bien la logique retenue par la police suédoise.

Une vedette demeure indispensable pour les patrouilles longues, les opérations nécessitant plusieurs policiers, le transport de personnes et les interventions dans des conditions difficiles.

La motomarine répond à un autre besoin.

Elle est légère, extrêmement mobile, rapide à mettre à l’eau, très maniable et capable d’évoluer dans peu d’eau. Sa propulsion par jet supprime l’hélice extérieure, un avantage appréciable pour certaines interventions au contact de personnes dans l’eau. Enfin, son transport sur remorque permet de déplacer rapidement le moyen nautique là où il devient nécessaire.

Dans un pays couvert de lacs, d’archipels et de petits ports, cette polyvalence est particulièrement pertinente.

Le Yamaha WaveRunner de la police suédoise n’est donc pas un gadget spectaculaire ajouté à la flotte de Polisen. Il répond à une véritable logique opérationnelle : disposer d’un moyen nautique rapide et facilement projetable, capable de compléter les vedettes traditionnelles tout en participant à une politique beaucoup plus large de sécurité sur l’eau et de protection des ports de plaisance.

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