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Maritime - Pêche - Fluvial. Londres dit non aux ferries d'Eurotunnel - MyFerryLink

Publié le 27 mai 2014 , mis à jour le 3 novembre 2020 Par ActuNautique.com
Londres dit non aux ferries d'Eurotunnel - MyFerryLink
L'aventure sous forme de Scop de l'ex-SeaFrance, épaulée par Eurotunnel, pourrait n'avoir été qu'un feu de paille.

 

Au nom de la concurrence, les autorités britanniques sont sur le point de faire disparaître une compagnie, MyFerryLink, qui emploie 600 collaborateurs et fait vivre 1500 familles. Une compagnie qui assure la desserte entre Calais et Douvres.

Le 20 mai dernier, l'Autorité de la concurrence britannique a en effet confirmé l'interdiction faite à la compagnie d'exploiter des ferries entre Calais et Douvres !

Cette décision deviendra définitive en juin, qui devrait donc voir MyFerryLink mettre la clé sous la porte.

Qui plus est, Eurotunnel, propriétaire des 3 ferries loués à MyFerryLink, n'aura pas le droit de les vendre : ils partiront donc en cale sèche, voire, à la casse, si personne ne souhaite les louer, loin de la Manche !

Peut-on fermer une société et réduire l'offre de traversées entre les deux pays, au nom de la concurrence ? 

Pour comprendre ce paradoxe apparent, il est utile de remonter aux conditions de la liquidation de SeaFrance, inénarable compagnie, filiale de la SNCF, et par maint égards bien semblable à la trop fameuse SNCM marseillaise.

=> autres articles sur MyFerryLink

A cette époque et poussée par des pressions politiques, Eurotunnel décide de participer au sauvetage de ce qui peut l'être de SeaFrance et met donc un pied dans le transport maritime en rachetant 3 ferries de la compagnie, à la barre du trbunal de commerce, pour un montant de 65 millions d'euros. Ce, afin de les louer à la Scop créée par d'anciens salariés de SeaFrance... 

Un montage bien français, teinté de politique, et qui ne lasse pas d'exaspérer outre-Manche, où quand une société est liquidée, la messe est dite en 90 jours !

Pour Eurotunnel, cette démarche vise à diversifier son risque d'exploitation, tout en plantant une banderille supplémentaire dans le dos des compagnies de ferries qui n'attendaient qu'une chose : la disparition pure et simple d'un concurrent !

Eviter aussi que le Danois DFDS ne s'empare des 3 ferries mis sur le marché, pour casser les prix !

Ce changement de situaton sur le marché du transport transmanche n'est pas du goût des autorités britanniques de la concurrence, Eurotunnel pouvant dès lors passer les 50% de parts de marché, avant de faire grimper les prix !

Conscient du danger, la direction d'Eurotunnel a, pendant un an, tout fait pour faire plier les britanniques, argant du fait qu'au vu de la croissance du marché, 12% depuis la liquidation de SeaFrance, il y avait de la place pour tous, MyFerryLink détenant 10% de parts de marché, derrière DFDS (24%) et P&O (30%).

Des arguments qui n'ont pas fait sciller Londres, inflexible, qui note que deux des trois opérateurs de ferries génèrent actuellement de lourdes pertes, et que si Eurotunnel poursuit l'exploitation de ses bateaux, l'un de ses deux compétiteurs devra fermer boutique.

Pour éviter d'en arriver à cette situation, l'autorité britannique de la concurrence a donc trouvé comme solution d'interdire aux navires d'Eurotunnel - MyFerryLink d'accoster en Grande Bretagne.

Pour Eurotunnel, cette interdiction n'est pas fondamentalement mauvaise, qui devrait permettre de supprimer un foyer de pertes, tout en réduisant la concurrence dans le Détroit, au moins pour un temps !

Pour les salariés ayant cru au projet de Scop, la désillusion est grande, qui ont cru aux boniments des politiques d'alors, trop heureux de ne pas avoir à affronter la réalité du marché !

Car qui pouvait alors sérieusement croire que ce projet était viable, au vu des difficultés rencontrées sur ces liaisons, par des opérateurs de première importance ?

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