3 Août 2025
Le Goéland argenté est facilement reconnaissable à la tache rouge, sutiée sous son bec - Photo : Adobe Stock pixaterra
Le goéland argenté (Larus argentatus) est un oiseau imposant, atteignant 60 cm de long pour une envergure de 140 à 155 cm. Adulte, il arbore un plumage blanc éclatant sur la tête, le cou et le ventre, contrastant avec un dos et des ailes gris clair, aux extrémités noires ponctuées de petites taches blanches appelées « miroirs ». Le bec est jaune vif, orné d’une tache rouge sur la mandibule inférieure, et les pattes sont rosées, ce qui permet de le distinguer du goéland leucophée, aux pattes jaunes.
En vol, il plane longuement, ailes larges et légèrement recourbées vers le haut. Son cri, rauque et sonore, est bien connu des promeneurs du littoral. C’est un oiseau grégaire mais souvent querelleur, qui défend farouchement son territoire de nidification.
Le goéland argenté est présent sur l’ensemble du littoral français, de la mer du Nord à la Méditerranée, même si ses densités varient selon les régions. Il est particulièrement abondant sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, notamment en Bretagne, en Normandie, dans les Hauts-de-France et jusqu’au Pays basque. En Méditerranée, sa présence est plus ponctuelle, souvent en concurrence avec le goéland leucophée, mieux adapté aux climats plus secs.
On le trouve aussi bien dans des sites naturels – falaises, dunes, îlots rocheux – que dans des environnements anthropisés : ports, toits d’immeubles, décharges ou marais salants. Il a su tirer parti des modifications humaines du littoral et s’est même implanté dans certaines agglomérations de l’intérieur, à quelques dizaines de kilomètres de la mer.
Espèce très adaptable, le goéland argenté niche sur les falaises côtières, les îlots, les toits plats ou encore dans les zones humides littorales. Son nid, fait d’algues, de tiges sèches et de matériaux divers, est souvent installé à l’abri du vent, en terrain dégagé. Il pond généralement trois œufs, couvés pendant environ un mois. Les poussins sont nourris au nid pendant plusieurs semaines avant de prendre leur envol.
En dehors de la reproduction, il fréquente tous types de milieux : plages, ports, estrans vaseux, champs côtiers, décharges, parkings, zones industrielles. Cette polyvalence explique sa large répartition et sa visibilité tout au long de l’année.
Le goéland argenté est omnivore et opportuniste. Il se nourrit de poissons, d’invertébrés marins, d’œufs, de petits oiseaux, de restes de nourriture humaine, de déchets et de proies vivantes capturées sur l’estran. Il suit parfois les bateaux de pêche pour récupérer les rejets et fréquente les décharges ou les zones de traitement des déchets.
Capable de voler, de nager et de marcher avec aisance, il exploite une grande diversité de ressources. Il peut ouvrir des coquillages en les lâchant sur des rochers, voler la nourriture d’autres oiseaux ou piller les nids d’espèces voisines. Cette plasticité alimentaire contribue à son succès, mais peut aussi le mettre en conflit avec d’autres espèces nicheuses plus vulnérables.
Adulte, le goéland argenté est peu vulnérable aux prédateurs naturels. Ses œufs et poussins peuvent cependant être attaqués par les corvidés, les fouines ou les goélands eux-mêmes. L’activité humaine constitue la principale source de perturbation, notamment par le biais de l’urbanisation, de la fréquentation touristique et de la régulation des populations.
Dans certaines villes littorales, sa présence est parfois perçue comme problématique : bruits, dégradations, vols de nourriture. Cela a conduit certaines collectivités à mettre en place des dispositifs de stérilisation des œufs, de contrôle des colonies urbaines ou de limitation de l’accès aux déchets.
Longtemps en expansion, le goéland argenté voit aujourd’hui sa population se stabiliser, voire décliner localement, notamment dans les sites naturels. La fermeture de nombreuses décharges ouvertes et la raréfaction des ressources halieutiques peuvent limiter ses sources de nourriture. Par ailleurs, la grippe aviaire a touché certaines colonies en Europe du Nord, provoquant une mortalité inhabituelle.
Malgré ces pressions, l’espèce reste l’un des oiseaux marins les plus répandus du littoral français, avec plusieurs dizaines de milliers de couples nicheurs. Elle fait l’objet d’un suivi régulier par les associations ornithologiques, notamment dans les zones Natura 2000 et les réserves côtières.
=> DOSSIER SPECIAL OISEAUX MARINStout savoir : les reconnaître, leurs habitudes, leurs prédateurs, leurs légendes... |